Le Cinéma d' Exterminator
Les nouvelles aventures des Charlots les mènent en Espagne. Ils partent en voyage organisé mais leurs vacances vont
rapidement se transformer en cauchemar. En effet, le directeur de l'agence est parti avec la caisse sans avoir retenu de chambres pour le groupe. Les Charlots vont devoir trouver de l'argent pour
vivre sur place. (Résumé : Source : cinemotions.com)
Si dans "La grande Java", les Charlots n'étaient qu'invités à faire une apparition dans ce nanar de Philippe Clair grace à leur
popularité montante, on peut donc considérer "Les Charlots Font l'Espagne" comme leur troisième film en tant que vedettes. En effet, grace à l'énorme succès des "Bidasses en Folie", plus de 7
millions d'entrées en salles, la France avait choisi, en ce début des années 70, une nouvelle sorte de comiques, jamais vus en France jusqu'alors, à l'humour burlesque, très premier degré incarné
par une bande de potaches hors système qui se moquent des institutions et de l'autorité. Une insolence qui ne pouvait que plaire à une jeune société encore marquée par les évènements de 68 qui
retrouvait en eux, une irrévérance tout à fait jubilatoire.
Après donc s'être moqué de l'armée dans "Les Bidasses..." et de l'esprit de compétition dans "Les Fous du Stade", il s'octroient ici une pause estivale en allant mettre le foin en Espagne dans un
film uniquement dédié à mettre en valeur leur talent comique. Exit donc l'insolence face à un système encore un peu sclérosé, les Charlots sont ici en roue libre, profitant d'une forte popularité
qui leur permet d'assurer le minimum syndical au niveau scénario. Non pas que les précédents films soient des modèles d'écritures mais ils avaient l'avantage d'avoir un sous-message qui a
complètement disparu ici. Un changement qui coincide à une nouvelle collaboration avec un réalisateur de purs divertissements, Jean Girault, le metteur en scène quasi attitré de Louis de Funès,
remplaçant Claude Zidi qui avait réalisé les deux précédents films des joyeux lurons.
C'est donc l'Espagne qu'ont choisi nos comiques comme théatre de leur étalage de gags. D'un postulat de base, les Charlots débarquant en Espagne lors d'un voyage organisé, vont devoir de
débrouiller seuls après que le tout opérator soit parti avec la caisse, le scénario de Jacques Wilfrid (éternel collaborateur de Girault et De Funès) et la mise en scène de Girault laissent
totalement la place à une longue série de gags plus ou moins réussis mais qui ont le mérite de s'enchainer à une vitesse folle. En effet, si on peut reprocher la manque de liant entre les
situations comiques de ces adolescents attardés, donnant presque un sentiment d'improvisation et de facilité, on ne peut pas reprocher aux Charlots de chômer avec une série de gags hallucinants
meublant quasi à eux seuls, les 1H20 du long métrage.
Après, c'est sûr qu'il faut être fan de Charlots pour apprécier le spectacle car ils ne laissent aucune place à autre chose qu'à leur humour, le reste du casting n'étant que des faires valoir,
voire des "vistimes" du groupe. Assurément, si on n'est pas sensible aux potacheries de ces associaux, mieux vaut passer son chemin. Pour les autres, ils passeront un très bon moment devant l'une
des meilleures réussites des Charlots sur grand écran avec de nombreuses séquences comiques mémorables : les Charlots construisent une maison, les Charlots font du bateau, les Charlots
s'incrustent chez une bourgeoise.....avec un lot de gags assez impressionnant qui fonctionnent bien dans leur ensemble. Un effort qui sera une nouvelle fois récompensé au box office avec un
nombre d'entrès en salles plus qu'honorable pour cette parenthèse avant de retrouver Claude Zidi dans l'excellent "Grand Bazar" dénonçant l'arrivée des temples de la consommation de masse, plus
en accord avec l'esprit irrévérencieux des Charlots.