Le Cinéma d' Exterminator



Un geste spontané et le cercle infernal peur, indifférence, violence, est rompu par Daniel Chetman un bon banlieusard rentrant chez lui. Ce qu'il a rompu, c'est aussi le pouvoir d'une bande de loubards. Les Barbares et ceux ci ne lui pardonnent pas. Fuir ou se battre ?  (Résumé : Source : cinemotions.com)

Lors de sa sortie, on a jugé la prestation de Bernard Giraudeau dans ce "Rue Barbare" comme l'un, voire "le" rôle de sa carrière avec ce personnage fort et torturé. Il est vrai que jusqu'alors, il était souvent cantonné aux rôles de jeune séducteur sûr de lui mais personne n'avait pensé lui offrir un rôle solide fort et viril. Son personnage, c'est Daniel Chetman, un ancien loubard de l'époque qui, après avoir eu pas mal d'ennuis avec le caid du quartier, avait décidé de se ranger pour se protéger et protéger sa famille et de ne plus faire parler de lui. Jusqu'au jour où il aide une jeune asiatique brutalisée à rentrer chez elle. Cette simple main tendue déclanchera la colère du caid qui estime que le "Chet" a dépassé les bornes. La hache de guerre est désormée déterrée entre les 2 hommes jusqu'à l'affrontement final. Voila donc le scénario quasi complet de ce film, qualifié à l'époque de sa sortie comme une très belle réussite pour beaucoup. Il est vrai que ce film ne ressemble assurement à rien de ce que l'on avait déja vu....en France. Entre un mauvais post nuke italien et un film de loubards de seconde zone, Behat installe ses personnages dans une banlieue quelconque et paumée. Sans âme, elle est le théatre des agissements de la bande de Matt, le fameux caid. Là où les italiens assument complètement leur manque de moyens en filmant tout de même, de nombreuses scènes d'affrontement qui rythment un scénario de timbre poste, Béhat se concentre ici sur les 2 personnages qui pendant les 3/4 du film, vont se provoquer à distance. Pas d'affrontements donc, pas d'action, juste un ennui profond qui arrive vite. En effet, comment avoir la prétention de tenir en haleine des spectateurs avec un aussi faible scénario et un manque de prise de risques évident? On pourra argumenter sur le fait que Béhat a préféré explorer les errements de son personnage principal, perdu entre une volonté de s'effacer et une provocation de son ennemi, de plus en plus intense, plutôt que de succomber au simple divertissement. Et bien, on aurait finalement préféré...
Pour meubler ce face à face qui tarde à prendre forme, le scénario adapté d'un scénario de David Goodis entoure les principaux protagonistes d'une galerie de second rôles, plutôt déjantés et, le plus souvent, inutiles. Entre le père obsédé, le frère, rocker raté vivant avec une pute et une femme encore plus paumée que lui, Chetman alias Giraudeau n'est pas bien loti. Ces personnages sont donc l'occasion d'avoir de trop nombreuses scènes ennuyeuses, illustrant le mal être de "Chet" mais tellement longues qu'elles succitent un désintéret presque total même, s'il faut reconnaitre que dans ces seconds rôles, Kalfon, Auclair et Dacla font bien leur boulot. Sans oublier une superbe Christine Boisson dans le rôle de la soeur du caid, complice de "Chet" et un Bernard Pierre Donadieu assez peu crédible en caid de quartier.
Qu'est ce qu'il reste alors? Et bien pas grand chose. En fait, on attends rapidement qu'une chose : le fameux affrontement tant attendu entre les 2 hommes qui mettra presque 1H40 à venir. Alors oui, la baston est spectaculaire et ultra violente à défaut d'être bien filmée mais elle n'est pas inoubliable, loin de là.
Finalement, on retiendra, tout de même, une superbe prestation de Bernard Giraudeau, à la fois fort et blessé, barbare et humain, qui contraste avec le reste de l'entreprise qui aujourd'hui, a pris un méchant coup de vieux.
Mar 1 jui 2008 Aucun commentaire