L'inventeur Rand Peltzer veut offrir à son fils Billy une étrange petite créature, craquante comme une peluche, un
"mogwaï", déniché chez un vieil antiquaire chinois. Celui-ci ayant refusé de lui vendre la bestiole, c'est son petit-fils qui le cède à Rand en lui expliquant les consignes indispensables au bon
entretien d'un tel animal : ne jamais l'exposer l'eau ni à la lumière et ne pas le nourrir après minuit. (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Pendant la seconde guerre mondiale, les pilotes de la Royal Air Force britannique ont alimenté une légende pour expliquer les défaillances mécaniques qui touchaient leurs avions. En effet, ils
en accusaient de petites créatures imaginaires, similaires à des lutins qu'ils prénomèrent "Gremlins" de saboter leurs machines régulièrement sans pour autant s'en prendre à leur vie.
C'est sur cette légende que s'est basé le tout jeune scénariste Chris Columbus (devenu depuis le réalisateur à succès de notamment, deux épisodes de la saga "Harry Potter"..) pour écrire cette
histoire de créature toute mignonne qui peut se transformer en véritable monstre. A l'époque, Il l'envoie à tous les producteurs de Hollywood tel un CV jusqu'au jour où le script tombe dans
les mains de Steven Spielberg. Trop effrayant pour Spielby qui croit, néanmoins en sa qualité, il fait appel à Joe Dante, un réalisateur de talent qui avait fait ses preuves sur des films tels
que "Hurlements" et "Piranhas" pour le mettre en image. Sous l'impulsion de Spielberg, Columbus et Dante "adoussirent" l'histoire pour l'installer dans un environnement à la fois festif et
chaleureux (les fêtes de Noël) et angoissant, ce contraste permettant de fédérer un public plus large.
Le film s'ouvre donc tel un conte de fée où, à la veille de Noël, un père de famille un peu farfelu va offrir une créature toute aussi inconnue qu'adorable à son fils. Pour le garder, il
n'aura qu'à suivre les fameuses trois règles essentielles faisant appel à un réel sens de la responsabilité.
C'est donc à une première partie tout à fait classique et très "Spielbergienne" auquel nous avons droit entre emotions, traditions et bons sentiments comme toute bonne comédie de
Noël qui se respecte.
Mais alors que l'on s'installe confortablement dans un récit agréable mais inoffensif, Dante se détache de l'influence pesante de Spielberg en effectuant un virage à 180°.
Entre horreur et délire, Joe Dante se lache carrément en détruisant d'un coup d'un seul, l'univers qu'il avait au préalablement mis en place avec la tranformation en petits
monstres verts des adorables peluches. En lançant ce véritable baton de dynamite, Dante veut assurément se détacher du poids de son producteur tel un véritable adolescent se rebellant contre
son père.
D'une déferlante de bons sentiments, c'est à un festival d'humour noir que nous convie Dante à travers des scènes à la fois inquiétantes et absolument hilarantes et jubilatoires. Il suffit de
voir la scène de la vieille Deagle passant par la fênetre sur sa chaise electrique pour en témoigner.
Bref, jouant parfaitement sur tous nos mauvaises côtés, on ne peut qu'être conquis par cette déferlante cartoonesque et grinçante d'humour parfaitement maitrisée, ne tombant jamais dans le
mauvais gout et se permettant même de nous distiller un message sur la déresponsabilisation des hommes et de ses conséquences.
De premier abord, cela n'a pas été l'avis de Spielberg qui fut désagrablement surpris du résultat, faisant même le forcing pour couper la scène où Phoebe Cates raconte pourquoi elle ne fête pas
Noël. Mais après un véritable bras de fer avec son producteur, Dante pu finalement laisser cette scène dans son film et sortir le film tel qu'il l'avait imaginé et réalisé.
Bien lui en a pris car, outre le fait que le film garde véritablement son empreinte, il aurait certainement perdu de son intéret et grace à cela, "Gremlins" reste encore aujourd'hui un
excellent film.
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