Drame

Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 12:48

boomerang

 

1976, à Nice et près de la frontière italienne, Eddy, un adolescent sous l'influence de la drogue, tue un policier. Son père, Jacques, tente de plaider les circonstances atténuantes et parvient presque à gagner la confiance de la veuve du policier. Mais la presse révèle que Jacques est un ancien gangster qui autrefois a fait de la prison...(Source : Amazon.fr)

 

Coincé sur un projet qui ne verra jamais le jour au milieu des années 70, José Giovanni écrit une ébauche d'histoire autour de thêmes qui ont jallonés sa carrière d'écrivain et de cinéaste : les relations fils/père et la pègre.

Cette pègre qu'il a fréquenté jusqu'à l'après guerre et qui l'a emmené en prison pendant près de 10 ans.

Naturellement, il propose à son ami Alain Delon alors au sommet de sa gloire et avec qui, il vient de signer l'énorme succès du "Gitan", de s'associer à ce projet et d'en finir l'écriture ensemble.

Sous couvert d'un polar, c'est un véritable drame que nous proposent les deux hommes dans ce récit qui voit le passé d'un homme rangé (Delon) lui revenir en pleine face après le meurtre involontaire d'un policier par son propre fils.

Sur le papier, le projet tient de belles promesses mais qui ne se traduisent malheureusement pas toutes à l'écran. La faute à un scénario bancal envahi de certaines caricatures qui desserent un récit pourtant intéressant.

Dès le début, le film se cherche un peu et finalement, a du mal a trouver son rythme. Giovanni fleurte avec deux genres sans jamais réellement choisir son camp. Sa mise en scène s'en ressent et seuls de rares moments (les deux passages dans les bureaux de sa société de Delon) surnagent.

Ajouté à cela, un Delon écrasant totalement les autres personnages (avec pourtant la belle Carla Gravina et le grand Charles Vanel), la dramaturgie est réduite à une peau de chagrin.

Alors oui, on suit avec un minimum d'intéret cette histoire mais sans finalement s'y passioner vraiment. Même le final qui se veut pourtant halletant, ne suscite que peu d'émotions, presque trop vite expédié.

Le public à l'époque, ne s'y trompe pas. Le film ne rencontre pas le succès des précédentes collaborations du duo qui ne tournera plus jamais ensemble. Giovanni reconnaissant lui-même les maladresses de son film.

Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Les 3 M
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 11:49


Licencié de la banque que dirige le cynique Miremant, le fondé de pouvoir Henri Rainier veut comprendre pourquoi. Et il y parvient : il a juste servi de bouc émissaire pour épargner un scandale à un bon client de la banque, Chevalier d'Aven. Aidé de son épouse et d'une syndicaliste, il mettra la vérité au grand jour. (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Le monde de la finance est aussi risqué qu'impitoyable. Et l'actualité récente n'a fait qu'étayer la théorie que la corruption et la manipulation font partie intégrante d'un système qui, finalement, se mord la queue. Malgré cela, nous ne sommes certainement pas arrivés à la fin de ce système obscur qui perdure depuis déja bien longtemps. De nos jours, quasiment personne n'ose traiter un sujet qui risquerait d'irriter une certaine élite qui condamne aussi bien qu'elle cautionne et il faut presque remonter à 30 ans pour retrouver une véritable critique qui pointait déja les dysfonctionnement d'un rouage bien huilé en apparence.
En adaptant le roman de Nancy Markham basé sur la véritable histoire de cet homme pris au piège malgré lui, Christian de Chalonge allait en effet parfaitement mettre le doigt sur les travers les plus obscures du monde des finances et de l'entreprise.
Le défi n'était pas simple. Comment expliquer de manière simple et intéressante, les agissements d'un milieu austère et difficile d'accès ? Par une mise en scène particulièrement inspirée, l'auteur va prendre le parti de nous balader dans un univers à la frontière du fantastique. Tout d'abord, par une construction originale qui a le mérite de ne jamais perdre le spectateur qui, malgré les flash back et les divers récits, sait toujours où il se situe. Mais aussi par une multitude de décors à la limite du surréalisme, entre un cabinet de recrutement complètement déshumanisé où l'on ne communique que par la voix, et les diverses "salles" de la banque d'une froideur glassante. De Chalonge nous immerge donc dans un univers repoussant sans pour autant nous donner envie de fuir avec un grand talent.
Il est aussi aidé par un fantastique casting réunissant la crème du cinéma français de l'époque avec à sa tête un Jean Louis Trintignant inattendu dans la peau de cet enployé de banque lambda qui sera le bouc emissaire d'une direction désireuse de camoufler des agissements qui la mettrait en péril. Dans le rôle du président de la banque, Michel Serrault est un parfait pourri, décidement crédible quelque soit le costume qu'il endosse. Entre eux, il y a Claude Brasseur qui incarne à merveille un investisseur gourmand qui a réussi à duper tout son monde. Et puis ce sont les Deneuve, Perrot etc.. qui complètent parfaitement une galerie de personnages tous aussi intéressants et utiles les uns que les autres.
D'une admirable clareté, le script nous permet lui aussi de suivre cette intrigue sans un seul temps mort où d'une scène à l'autre, il est quasiment impossible d'anticiper la suite.
Pas etonnant donc que le film reçu à l'epoque une floppée de récompences et pas des moindres. En effet, outre le prix Louis Delluc, ce long métrage a obtenu le César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1979, ce que, pratiquement tout le monde a oublié.
Véritable pierre angulaire d'un cinéma français engagé qui a presque définitivement disparu aujourd'hui, "L'Argent des Autres" se doit d'être vu et revu, surtout en ces temps de crise...

Pour voir ce film en VOD sur www.filmotv.fr           Cliquez ici

Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Les Cinéphiles Associés
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 16:28


Enquêteur de police par passion, Lucien Marguet est muté à la 11è Division de la PJ, section "Stupéfiants". Planques, filatures et interpellations s'enchainent avec ses nouveaux collègues, toujours suivies de procédures judiciaires laborieuses et dérisoires. Il faudra beaucoup de courage à ces jeunes flics pour ne pas céder au renoncement. (Résumé : Source : cinefil.com).

Aussi bien cinéaste de divertissement (La Fille de D'Artagnan...) que cinéaste social (Ca Commence Aujourd'hui...), Bertrand Tavernier s'est toujours attaché à traiter des sujets sensibles à travers de véritables réquisitoires. Parmi les plus violents, il y a ce "L.627", véritable portrait acerbe de la police des stups à Paris au début des années 90. Concerné par le sujet  à travers son fils, Nils (acteur dans le film) qui fut toxicomane à un moment, c'est sa rencontre avec Michel Alexandre, co-scénariste et ancien flic, qui l'inscite à aborder la réalité d'une police à l'opposé de ce que les fictions nous montrent habituellement.
"L.627", c'est un article du code de la santé publique qui réprime toutes les infractions liées à la détention, au trafic, à la consommation de stupéfiants, c'est à dire tout ce qui couvre les activités de cette brigade. Dès l'écriture du scénario, Tavernier et Alexandre se sont attachés à peindre un portrait le plus réaliste possible, loin des clichés habituels des films policiers. Une volonté qui se ressentira jusqu'à la mise en scène, proche du documentaire avec de nombreuses utilisations de la steady-cam, donnant une réelle sensation d'immersion dans l'action.
Une réalité choc où l'on s'aperçoit très vite que ce service public est complètement délaissé par les institutions, victime d'un manque de moyens flagrant où végètent des fonctionnaires désabusés mais aussi des policiers motivés qui se battent quotidiennement pour de pas lacher, ne pas renoncer devant l'oubli de leurs responsables. Tavernier ne fait aucune concession et ne se prive pas pour nous rappeller à chaque instant, les difficultés de travail de cette brigade : Algeco, vieilles machines à écrire, véhicules obsolètes, insalubrité des locaux, aberrations des procédures administratives et j'en passe...
Chez Tavernier le métier de policier, c'est une véritable vocation où ce ne sont pas toujours les meilleurs qui réussissent. Il ne se gêne pas pour expliquer clairement qu'il ne suffit pas d'être le plus compétent pour être promu mais le plus ancien. Certains attendent clairement que le temps passe en remplissant de temps à autre les statistiques (le personnage de Jean Paul Comart dans le film), d'autres, en bas de l'échelle, essaient simplement de faire leur boulot, obligés de flirter en permanence avec l'illégalité. (Admirable personnage central incarné de Didier Bezace).
Tavernier "nourrit" son brulôt d'une formidable galerie de personnages décrivant chacun à leur façon, les frustrations, les malaises et les dysfonctionnements d'une institution en décrépitude. Entre le flic feignant un peu porté sur la bouteille (inattendu Jean Roger Milo), le jeune flic déja désabusé (Nils Tavernier) et ceux déja cités, une seule femme (formidable Charlotte Kadi) parvient à s'imposer dans ce monde d'hommes, amenant une lueur d'optimisme et de charme dans cet univers sombre et glauque.
C'est malgré tout le malaise qui surgit à chaque détour, tellement effarés par une réalité pas très belle à voir mais que l'on se doit de savoir. Tavernier reussit donc un docu-film admirable, balayant sans hésitation et sans concession, tous les clichés connus. Entre violence et réalité alarmante, ce film se doit d'être vu par tous.


Pour voir ce film en VOD sur www.filmotv.fr         Cliquez ici

Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Planète Cinéphile
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 20:35

 


Nicole, infirmière à Grenoble, est violée un soir par quatre hommes. Traumatisée, elle pense ne jamais pouvoir se remettre de ce choc. Sur les conseils d'une amie, elle finit tout de même par porter plainte afin que cette affaire puisse avoir une suite judiciaire.  (Résumé : Source : premiere.fr)

La carrière de Yannick Bellon s'est toujours démarquée de la majorité de la production par cette volonté permanente de s'attaquer à des sujets difficiles, voire inabordables et de prime abord, pas du tout cinématographiques. La cinéaste est, en effet, l'une des seule à avoir aborder le cancer du sein avant le "Haut les Coeurs" de Solveig Anspach, dans "L'Amour Nu" avec une excellente Marlène Jobert ou la libération de la femme dans "la Femme de Jean" en 1974
Auteur de seulement huit films, cette cinéaste a su marquer d'une belle empreinte sa carrière dans l'industrie, jalonnée de beaux succès, notamment cet "Amour Violé", film extremement difficile traitant du viol et de ses conséquences.
La trame en est simple : une jeune et belle infirmière, à la vie tout ce qu'il y a de normale, avec des amis et un amoureux, bref bien installée socialement, va voir sa vie basculer par une mauvaise rencontre, un soir, au bord d'une route où elle croise trois salopards qui vont l'enlever et la violer avant de la relacher, tel un tas d'ordure.
Au dela de la douleur, c'est la honte qui domine chez Nicole. Honte de ne plus être une femme à ses yeux et aux yeux des autres, de n'être plus qu'une "putain" qui l'a cherché. Comme souvent dans ce cas, c'est le sentiment de culpabilité qui domine. Honte aussi de voir ceux qui faisait son quotidien, se détourner d'elle, telle une pestiférée...une sorte de double peine.
Subissant la pression de certains de ses proches comme sa mère et son petit ami qui ne veulent pas être la parente ou le fiancé de la violée (que vont dire les gens...), elle va tout de même trouver la force de rechercher et dénoncer ses bourreaux.
Même si on peut lui reprocher un style académique, la réalisation de Yannick Bellon ne prend pas de détours pour nous faire partager le calvaire de cette jeune femme. La scène du viol étant en tout au point, à la limite du soutenable, ne nous épargnant aucun détail.
Heureusement, la suite du film est beaucoup plus sobre et d'une parfaite justesse concernant les conséquences d'un tel acte et le parcours de reconnaissance personnel et judiciaire de cette jeune femme, interprétée par la trop rare Nathalie Nell (superbe) dans un rôle qui la poursuivra pendant longtemps. On reconnaitra aussi un tout jeune Daniel Auteuil parmi l'un des violeurs.
Plus de trente ans après, on se rend compte que, malheureusement, les mentalités n'ont pas beaucoup changées devant un tel acte, ce qui fait que "L'Amour Violé" reste un film toujours aussi utile.

Par exterminator - Publié dans : Drame
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 14:43


À Jersey vit un couple. Vic est le plus vieux Français de l'lle. Il invente des parfums. C'est un homme patient et calme. Il aime à la folie Mélanie, sa jeune épouse, et garde un sourire figé lorsque celle-ci s'amuse trop ouvertement avec ses amants.

Mélanie est une femme enfant. Elle s'ennuie vite et les loisirs de son mari (les échecs, l'élevage des escargots ou la musique de Manuel De Falla) ne lui semblent pas du tout de son âge. Mélanie aime danser et se jette au cou des hommes qui lui plaisent. La présence de son mari ne la gêne pas.

Mais Vic a une arme secrète pour écarter les gêneurs trop empressés: il insinue être le meurtrier d'un des amants de Mélanie. (Résumé : Source : cinema-français.fr)

Longtemps assistant de Henri Decoin, ancien complice de Nina Companeez et, finalement, cinéaste à la filmographie plus que fournie, Michel Deville s'est toujours préoccupé aussi bien du fond que de la forme dans ses films. En témoignent des films comme "Le Dossier 51", tout en caméra subjective, "La petite Bande", film sans dialogues ou toute sa série de métrages sur les relations amoureuses, "Péril en la Demeure", "le Voyage en Douce" ou ces "Eaux profondes", adapté d'un roman de Patricia Highsmith où se developpaient les thêmes de l'identité et de la passion meurtrière. Des thêmes chers au cinéaste qui ne pouvait pas passer à côté de ce sujet. Et avec une pointe de perversité et de provocation, à l'image de se personnages, Michel Deville réussi le pari de rendre intriguante et passionnante cette analyse psychologique de la passion destructrice. Sous une forme privilégiant les regards, les non-dits, les situations ambigües, Deville installe une atmosphère pesante entre cette femme qui a sans cesse besoin de renouveler son quotidien et son mari qui, contre sa nature, cautionne les "envies" de sa femme par amour jusqu'à ne plus le supporter.
En choisissant l'ile de Jersey pour décor, Deville décuple l'impact de cet enfermement amoureux auquel est "victime" le personnage de Jean Louis Trintignant et sa plongée quasi irréversible, voyant peu à peu la situation lui echapper. Quelque part, certains vous diront que l'amour n'est pas un chemin balisé où on est à l'abri de tout mais Deville nous fait comprendre que c'est un sentiment pouvant provoquer une rare violence psychologique, un aspect, finalement assez rarement traité avec justesse au cinéma.
Au dela du scénario et de la mise en scène, le récit de ce couple ambigu et pervers qui se prend à un jeu de plus en plus dangereux est superbement interprété par une Isabelle Huppert aussi belle qu'inacessible, entre femme enfant et femme fatale et un Jean Louis Trintignant, absolument parfait, entre contrôle, colère et manipulation.
Entre drame et polar, Michel Deville signe une analyse du couple particulièrement originale et réussie.

Par exterminator - Publié dans : Drame
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 14:34


35 réalisateurs d'origines très variées (25 pays différents) ont tous mis en scène un
 court métrage de 3 minutes, sur le thème de la salle de cinéma. Le film en regroupe 33 puisque les frères Coen et les frères Dardenne travaillent ensemble. Celui de David Lynch ne faisait pas partie du film mais a été présenté en ouverture du festival. (Résumé : Source : Wikipédia)

Pour fêter les 60 ans du festival de Cannes, Gilles Jacob avait "commandé" à tous les réalisateurs les plus côtés (ou surcôtés, c'est selon les avis), en tous cas, aux les habitués de la Croisette, de livrer un court métrage de 3 minutes sur leur vision du cinéma sur le modèle du très moyen "Paris, je t'aime", sorti quelques mois plus tôt. Tous ces courts métrages sont donc réunis ici pour un ensemble, il fallait s'y attendre, plus qu'inégal.
En effet, il n'y a pas plus casse gueule comme exercice que le film à "sketch". Très peu nombreuses sont les exceptions qui permettent de croire en l'utilité de cet exercice. pour cela, il faut regarder de l'autre côté des Alpes avec quelques films mémorables tels que "Les Monstres"
Mais là où ces films se faisaient grace à des réalisateurs, tous habitués à oeuvrer dans le même genre (la comédie), c'est ici un eclectisme d'univers qui se rencontrent mais qui ont beaucoup de mal à cohabiter.
Au final, même si quelques uns se détachent (très peu), l'ensemble est ennuyeux, pompeux, frisant parfois le foutage de gueule (bravo Mr Chahine, vous avez la Palme). Beaucoup nous livrent des courts au diapason de leur image auteurisante frisant l'insupportable (Angelopoulos, les frères Dardenne, Kiarostami, Gitai, Hou Hsiao Hsien, Ruiz, Wong Kar Wai, de Oliveira). D'autres sont simplement ratés ou sans intéret : les Zhang Ymou, Jane Campion, Ming Liang, Cimino, Loach, Wenders, Depardon, Assayas, Egoyan
Heureusement, certains sont là pour sauver l'entreprise du désastre : Bille August (très sympa), Walter Salles (une vraie bouffée d'oxygène), Chen Kaige (très belle réalisation), Cronenberg (toujours aussi intrigant), Gus Van sant (simple mais beau), Lelouch (d'une appréciable sobriété), Inarritu (subjuguant), Moretti devant les sympatiques courts de Polanski, Kitano, Konchalovsky, Suleiman et Kaurimaki.
Et puis il y a le Lynch qui fait du......Lynch. Difficile d'avoir un avis...
Un seul se classe au dessus de tous les autres, c'est le court de Lars Von Trier. Juste Parfait !!
Bref, un catalogue de visions nombrilistes conjugué à de vrais courts mais beaux moments de cinéma mais trop rares pour ne pas sombrer souvent dans l'ennui.

Par exterminator - Publié dans : Drame
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 17:30


C'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière.
Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais... Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film.
Vous pouvez penser qu'ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour eux, ce sont les plus importants du monde.  (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Dès l'annonce du projet de Klapish, beaucoup se sont réjouis à l'idée, qu'enfin un cinéaste allant retranscrire de la manière la plus réaliste possible, la nature et l'âme de notre capitale. Jusqu'alors, nous n'étions pas bien gatés. Entre, d'un côté, des visions totalement ringardes qui relèvent de clichés des plus éhontés dont nous abreuvent régulièrement nos amis d'outre-Atlantique avec, pour généraliser et sans trop exégagérer, Paris et son accordéon, son français moyen, toujours habillé comme dans les années 50 et ses automobiles qui se résument souvent aux 2CV et de l'autre, une image parisiano-parisienne qui se limite à ses bobos déprimants entre Montmartre et le Marais, le tableau n'était pas très folichon et surtout par très représentatif d'une ville socialement éclectique et multi-culturelle.
Bref, à la lecture du pitch de Klapisch, il y avait de quoi se rassurer. L'idée de nous proposer un film choral était certainement la meilleure des façons pour retranscrire parfaitement les multiplicités qui font cette ville. Ajouté à cela, l'amour sans faille que porte le réalisateur à notre capitale, il n'y avait, à priori aucun souci à se faire.
Et bien, il faut bien avouer que le résultat est bien en dessous de nos espérances malgré une très bonne bande annonce.
Ce qui se voulait être un film rassemblant toutes les personnalités de la ville pour ne faire qu'un, n'est au final, qu'un fourre tout inégal pas de tout attachant. En effet, le problème numéro un de ce métrage, c'est ce qui devait faire sa force : ses personnages. Certes, Klapisch nous sert un panel assez complet, à défaut d'être incontestable des habitants de la capitale mais tout ces gens ne sont ni porteurs, ni attachants. Presques froids et surtout tristes, quasiment aucun d'entre eux ne donne envie de s'y intéresser. A commencer par un Romain Duris beaucoup trop présent dans une intrigue qui ne le nécessite pas. Sorte de fil rouge par défaut, son personnage n'apporte pas grand chose et ennuie plus qu'il n'interpelle jusqu'à la séquence finale qui frise le ridicule. Certains diront que "froids" et "tristes" sont deux adjectifs qui caractérisent bien les habitants de Paris. Même si dans le fond, ce n'est pas forcément faux, on aurait été en droit d'attendre quelque chose de plus pour s'intéresser un minimum à ses gens. Il en est de même pour ce pauvre Luchini, triste prof de fac qui fantasme sur l'une de ses élèves, ravissante idiote , interprétée par l'agassante Mélanie Laurent, qui s'en amusera au détriment de ce prof perdu dans une vie triste, elle aussi.
Certes la vie n'est pas rose, mais ici tout le monde frise le sinistre même si chacun, n'a pas le droit au même traitement que les autres. En effet, à cause d'une volonté de brasser large, Klapisch néglige un certain nombre de ses personnages. Qui se souviendra de l'apport des personnage de Cluzet, Dupontel, Lellouche, Viard....au propos? Pas grand monde, tellement sous exploités pour certains, et tellement pas à leur place (Dupontel, Viard) pour les autres.
Que dire des thêmes de l'immigration clandestine et de l'intégration qu'a tenté maladroitement d'aborder Klapisch sans des séquences qui s'intègrent très mal dans cette déprime ambiante ou des séquences bêtes et invraisemblables comme la longue séquence de Rungis.....
Et Juliette Binoche me direz vous ? Bien qu'elle ne dégage, elle non plus, une joie de vivre à vous remonter le moral, c'est tout même la seule satisfaction de ce film. La seule à réussir à dégager une réelle émotion tout en gardant un charme intact. Bref, la seule vers laquelle on aimerai aller tendre une main.
Pour le reste entre ennui et désintéret total, il nous est donc difficile de se plonger totalement dans ce portrait repoussant qui a, certes, le mérite de ne pas édulcorer les choses mais aurait mérité un traitement plus structuré, mieux écrit et surtout, un minimum attachant.
Dommage car Klapisch se plante là où il avait totalement réussi dans "L'Auberge Espagnole" en peignant avec beaucoup de fraicheur, un autre panel, autrement plus intéressant et attachant celui-là.

Par exterminator - Publié dans : Drame
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 13:36


Comme tous les étés, Chris, 16 ans, passe ses vacances à Saint-Tropez avec sa mère. Sensuelle et agressive, elle sort meurtrie de sa liaison avec Vic, un ami de ses parents à qui elle reproche sa lâcheté lorsqu'elle a dû avorter. Elle est amoureuse de Romain, un gigolo qu'elle a décidé de séduire mais qui lui préfère Claude, sa mère. Folle de rage, Chris entre dans un jeu pervers de séduction. Elle force un couple à se séparer, reconquiert Vic avant de le délaisser. Pourtant, Romain continue de lui résister.  (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Les années 80, les années fric, frime et sans complexes où la pseudo bourgeoisie parisienne allait déja d'étaler sur les plages de Saint-Trop' pour se dévergonder un peu, le temps d'un été, à la recherche de quelques sensations fortes.
Pour son troisième film, le scénariste Christopher Frank va, une nouvelle fois après "Josepha" et "Femmes de Personne", s'intéresser aux femmes, à leurs états d'âmes et à leur travers en adaptant l'un de ses romans, tout juste sorti à l'époque. Il met en scène ici la femme d'un riche homme d'affaire parisien, trop occupé pour prendre des vacances, venue avec sa fille et un couple d'amis sur les bords de la Méditerranée. Très vite, la caméra de Frank se dirige vers la belle et sulfureuse Chris, la jeune fille interprétée par Valérie Kapriski, qui, complètement décomplexée, drague à tout va, tel un prédateur qui compte ses proies en fin de journée. D'une détermination et d'une perversité assumée, cette jeune fille fascine tout ceux qui la croise, y compris le meilleur ami de la famille qui eu déja, quelques années plus tôt, une aventure avec la belle jeune fille. Une histoire sans lendemain permettant à Chris de se prouver, qu'elle était et qu'elle devait être libre de sa vie et que la séduction était sa seule arme pour sortir d'une vie trop rangée à son gout. Une arme dont elle ne cesse de se servir pour parvenir à ses fins, la rendant calculatrice et presque dénuée de sentiments, une vraie mante religieuse (ou méduse....) en quelques sorte....
Jusqu'au jour où elle croise le beau Romain. La trentaine dépassée, séducteur invétéré, le véritable pendant masculin de Chris qui jette sur ses proies aussi vite qu'il les a attrapé mais qui se refuse obstinément à la belle adolescente.
Le réalisateur, fasciné par son héroine va donc d'abord, composer son canevas en mettant en parallèle ces deux portraits réussis de personnages quasi identiques qui se croisent mais qui ne touchent pas, au grand désespoir de la jeune fille. Une frustration qui se transformera en profonde jalousie quand sa mère, après une certaine résistance, tombe dans les filets du séducteur. C'est à ce moment, que bizarrement et sans explication, apparait une voix off pour nous expliquer l'état d'esprit de la jeune fille qu'il était, jusqu'alors,assez facile de cerner, apportant une lourdeur malvenue, mais heureusement passagère, à une intrigue se dirigeant, peu à peu vers la tragédie. Le jeu se transformant en une compétition et un affrontement ayant pour arbiitre, la mère de Chris, et qui ne pourra être que fatal.
Débute alors, une partie plutôt intéressante où l'on voit la jeune fille perdre peu à peu pied, et qui, trop sure d'elle, ne comprend pas que cet homme se refuse à elle, allant même jusqu'à relancer son ancien amant ou détruire un couple de touristes, pour se rassurer de son pourvoir de séduction. Mais on comprend vite que Chris ne lachera pas son objectif comme cela, tel un mauvais joueur qui ferait tout pour l'emporter. Par une bonne mise en scène, Frank pousse un peu plus fort, la tension, frirtant presque avec le thriller dans une dernière partie pleine de manipulations diverses jusqu'au dénouement final qui ne donnera aucun vainqueur.
D'une histoire à priori légère, Frank parvient au fil du métrage, à nous faire basculer vers une intrigue tragique et fascinante qui se suit avec beaucoup d'intéret grace aussi à un très bon casting. Kapriski, Giraudeau, Cellier ou Jacques Perrin composant à merveille, les pions de ce jeu pervers et sans issue.

Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Les Cinéphiles Associés
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 10:15

psloveyou.jpg

 


Holly et Gerry sont un couple amoureux menant une vie parfaite. Suite à la mort soudaine de Gerry, Holly sombre dans une dépression. C'est alors qu'elle reçoit une lettre, la première d'une série de dix, rédigées par Gerry avant sa mort. Ces lettres, agencées tel un jeu de piste, lui donnent des instructions de choses à faire pour à terme tourner la page et enfin réapprendre à vivre. (Résumé : Source :cinemovies.fr)

Quand le scénariste de "Sur la Route de Madison" adapte un petit roman melo, ayant connu un succès non négligeable à travers de monde, on ne pouvait qu'être optimiste quant au résultat sur grand écran. D'autant plus que la comédie romantique new-yorkaise ne nous a que rarement déçue par le passé.
Au départ, ce film se démarque quand même de ses semblables par un postulat post-mortem de son histoire. En effet, avant d'être une comédie romantique, "PS I Love You" est avant tout une comédie dramatique sur les conséquences de la mort de son conjoint. Ici, une jeune femme dynamique qui n'a pratiquement connu qu'un seul homme dans sa vie, se retrouve seule après la dispartion de son mari à la suite d'une tumeur au cerveau. Un plot de départ, tout ce qu'il y a de dramatique et qui aurait pu tomber dans le pathos le plus total. Mais le parti pris du bouquin et du film est de voir dans cette mort, une note d'optimisme à travers les lettres que fait parvenir le mari décédé par un procédé original à sa jeune veuve, pensant l'aider à faciliter son deuil. Mais il s'avèrera que cela n'est pas si simple que cela.
Sur la papier, le scénario est plus que prometteur et on pouvait s'attendre à un beau moment de cinéma....et bien non, la sauce ne prend pas car il tombe justement dans les travers que le film nous promettait d'éviter. Tout d'abord faute à un script qui se cherche jusqu'au final. Même si la plupart des situations sont téléphonées, on a du mal à savoir sur quoi tout cela va aboutir. LaGravenese nous lance sur plusieurs pistes, les lachant en cours de métrage de façon brutale, pour les reprendre, tout aussi brutalement plus tard. De plus, l'idée des lettres qui, au départ aurait du être le fil rouge d'une vrai réflexion de l'après, ne servent qu'a nous abreuver de flash back interminables sur les moments forts que le couples a connu. D'un film qui voulait traiter de l'après, se retrouve être finalement un film qui traite de l'avant. Oui, leur couple était beau, Oui, leur couple était idéal mais ces nombreux flash back de bonheur perdu n'apportent finalement rien au récit, si ce n'est à multiplier les séquences tire-larmes d'une manière un peu trop systématique et répétitive pour bien nous faire comprendre que la veuve restera veuve définitivement. Le problème, c'est qu'on le comprend assez vite (trop vite) ce qui anéanti toute évolution du scénario.
On aurait alors pu se rabattre sur les moments de comédie fournis par les copines de la veuve mais LaGravenese néglige tellement ses seconds rôles que ces moments sont trop rares pour soulager un pathos latent assez lourd.
Au final, on ressort de là, certes touché par ce que vit cette femme, s'imagineant très bien être à sa place, mais le film ne nous propose aucune réflexion profonde sur le sujet, se contentant d'enchainer les séquences mélos, qui à la longue, deviennent lassantes.
Heureusement, on pourra se consoler du côté du casting avec une superbe Hilary Swank dans le rôle de la veuve, toute en finesse et en justesse. Gerard Butler, en mari décédé est tout aussi bon et qui dégage un énorme charisme. On regrettera cependant les trop rares apparitions de Lisa Kudrow en copine déjantée, proche de son personnage de "Friends". Il y a aussi Gina Gershon, tout aussi effacée, qui n'est pas très convainquante dans le rôle de l'autre copine. Que dire du personnage de Harry Connick Jr, sous employé dans le rôle peut être le plus interessant du film. Mention spéciale à la toujours parfaite Kathy Bates dans le rôle de la mère de Swank
Même si le film nous reserve quelques beaux moments d'émotions et nous déclanche quelques rires, il ne nous fait poser aucune question, tombant trop souvent dans le mélo de base. Dommage car le script était vraiment prometteur.

Par exterminator - Publié dans : Drame
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 16:12

etrange.jpg

 


Comme tous les employés du grand magasin où il travaille, le jeune publicitaire Louis Coline attend anxieusement la venue du nouveau patron. Les bruits les plus fous ont en effet circulé sur son compte, ne faisant qu'accentuer les craintes du personnel. Arrivé sans crier gare, Bertrand Malair fait pourtant bonne impression à Louis. C'est ce qu'il confie à sa femme Nina, avant de lui dire que tous les services vont être complètement réorganisés. De fait, sous la férule de Malair et de ses deux secrétaires particuliers, François Lingre et Paul Belais, tout change rapidement et radicalement. Louis devient bientôt chef de publicité et, sans qu'il s'en aperçoive, de plus en plus dépendant de Malair qui le dévore peu à peu.  (Résumé : Source : les fiches cinéma)

Séduit par la qualité du roman de Jean Marc Roberts, Christopher Frank, l'un des meilleurs scénaristes de l'époque, contacte le cinéaste Pierre Granier Deferre pour une adaptation qu'il juge faite pour lui. Séduit à son tour Granier Deferre va, dès lors, avoir toutes les peines du monde à monter ce film qui, à la lecture du script, n'interesse aucun producteur de la place de Paris. C'est grâce à un concours de circonstances, Alain Sarde devant un film à Granier Deferre à la suite du report du tournage de "L'Etoile du Nord", Simone Signoret étant malade, que Granier Deferre peut enfin mettre en chantier le projet de son film. Mais pourquoi donc, cette adaptation d'un roman qui a pourtant reçu le prix Renaudeau, ne séduit personne ? Tout d'abord, c'est un script sur le milieu du travail. Pas très glamour donc. C'est surtout l'histoire d'un patron manipulateur qui décide de prendre sous son aile un jeune cadre de son entreprise provoquant une fascination qui se transformera en soumission chez ce jeune homme à la vie banale.
Tout l'intéret de ce script réside là. Comment va évoluer cette fascination qui s'est instaurée entre un simple employé et son patron ? 
C'est grâce au talent de Granier Deferre qui nous livre un film juste et sensible que nous allons assister sans artifice aucun, à la descente de ce jeune cadre, à la vie pas très trépidente mais stable, à qui, il a toujours manqué quelque chose : une figure paternelle, son père ayant décidé de vivre de son côté.
L'arrivée d'un nouveau patron dans son entreprise sera l'occasion pour l'un de trouver un subtitut paternel mais pour l'autre, ce sera l'opportunité de manipuler un homme, d'abord fasciné par ce patron sans scrupules puis complètement soumis à la volonté de cet homme.
La force du film ne réside pas seulement dans la mise en scène impeccable de Granier Deferre mais aussi grâce à un casting de première classe avec à sa tête, un Michel PIccoli fascinant dans le rôle du grand patron. Et dire qu'aucun producteur ne voulait de lui pour ce rôle. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui, quelqu'un d'autre à sa place. Gérard Lanvin dans le rôle du jeune cadre soumis, n'est est pas moins bon, bien au contraire. Au milieu, il y a une superbe Nathalie Baye dans le rôle de la femme de Lanvin, spectatrice malgré elle de la "régression" de son mari qui, peu à peu perd pied avec ce qu'il y a autour de son travail et de son nouvel "ami". Sa femme d'abord donc qui voit s'éloigner son mari qui accepte l'inacceptable de peur de décevoir son nouveau "pére", comme de l'heberger quelques jours, de travailler nuit et jour pour lui, jusqu'à en oublier sa propre famille. On n'oubliera pas les deux sbirres de Piccoli, interprétés par Jean François Balmer et Jean PIerre Kalfon, parfaits, qui participeront eux aussi à la chute psychologique d'un homme qui, au final, perdra tout, même sa dignité.
Par une construction particulièrement réussie, Granier Deferre nous plonge avec un grand intéret dans ce qu'il peut y avoir de pire en chaque homme, sans ennui, même si la nature du script, pouvait laisser présager du contraire. Bref un grand moment sur la manipulation psychologique et les dérives que cela engendre
Juste récompense pour un film auquel personne ne croyait (le film a mis presque un an à sortir), il a obtenu le prix Louis Delluc et un César pour l'interprétation de Nathalie Baye, emplement mérités.

 

Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Les Cinéphiles Associés
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés