Index des Films
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Origine : USA
Durée : 180 Min
A Vienne, en novembre 1823. Au coeur de la nuit, un vieil homme égaré clame cette étonnante
confession : "Pardonne, Mozart, pardonne à ton assassin !" Ce fantôme, c'est Antonio Salieri, jadis musicien réputé et compositeur officiel de la Cour.
Dès l'enfance, il s'était voué tout entier au service de Dieu, s'engageant à le célébrer par sa musique, au prix d'un incessant labeur. Pour prix de ses sacrifices innombrables, il réclamait la
gloire éternelle. Son talent, reconnu par l'empereur mélomane Joseph II, valut durant quelques années à Salieri les plus hautes distinctions.
Mais, en 1781, un jeune homme arrive à Vienne, précédé d'une flatteuse réputation. Wolfgang Amadeus Mozart est devenu le plus grand compositeur du siècle. Réalisant la menace que représente pour
lui ce surdoué arrogant dont il admire le profond génie, Salieri tente de l'évincer. (Source : allociné).
Non, «Amadeus» n’est pas un biopic classique et traditionnel retraçant la vie et l’oeuvre de l’un des plus grands musiciens de tous les temps. «Amadeus», c’est en réalité, l’adaptation d’une pièce de théâtre de Peter Shaffer créée à Londres à la fin des années 70, basée sur une nouvelle de Pouchkine «Mozart et Salieri».
Une histoire qui revient très librement sur les rapports entre ces deux hommes, entre jalousie et admiration.
C’est après avoir assisté à l’une des représentations que Milos Forman parvient à convaincre le producteur Saul Zaentz d’en faire un film. Pendant près de quatre mois, Forman et Shaffer s’activent à ré-écrire la pièce afin de la rendre la plus cinématographique possible. Une collaboration qui ne se fera pas sans heurts, apaisée uniquement grâce à de longues séances d’écoute des chefs d’oeuvres de Mozart. Les deux hommes ont alors l’idée de placer la musique au centre de cette variation de deux personnages que tout oppose, de choisir de raconter cette musique et la fascination qu’elle exerce plutôt que de faire un simple et ennuyeux portrait.
«Amadeus» sera donc une exception. Ce sera surtout l’un des plus grands films réalisés autour de l’art et de sa création. Un drame d’une puissante extraordinaire, une réussite totale.
Le film couvre les dix dernières années de Mozart et raconte autour des confessions de Salieri, compositeur de la Cour de l'empereur Joseph II, ses triomphes et ses échecs.
Ces échecs dont Salieri sera en partie responsable, frustré et jaloux du génie du jeune musicien. Peu à peu, il va se transformer en un monstre rempli de haine dont le seul but sera de ruiner la carrière de son concurrent. Mais malgré cela, Salieri n’apparaît finalement pas comme un homme cruel et antipathique car il est le seul à comprendre et apprécier la musique de Mozart à sa juste valeur. Il est surtout quelque part, le reflet de ce que nous sommes pratiquement tous, des gens dont les talents sont en deçà de nos profondes ambitions.
Milos Forman nous offre un spectacle maitrisé comme jamais, à la fois fastueux et d’une incroyable sobriété, portés par deux formidables acteurs.
8 Oscars, un triomphe international... Oui, «Amadeus» est tout simplement un chef d’oeuvre.
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Origine : France
Durée : 95 Min
Ils se rencontrent, et c'est l'amour fou. Ils vivent ensemble une vie sans nuage. Lorsque Claire apprend qu'elle a au sein une petite boule inquiétante, elle entre dans l'univers angoissé des "malades". Simon, océanographe part en mission pour deux mois. Lorsqu'il revient, rien ne peut lui faire comprendre la rupture que lui impose sa compagne... (Source : première.fr)
S’il faut bien avouer que le cinéma de Yannick Bellon manque souvent d’inspiration purement formelle, il faut tout de même lui reconnaitre le mérite d’aborder dans ses films, des thèmes particulièrement difficiles. La séparation, l'alcoolisme, le viol...
Dans «L’Amour Nu», la cinéaste nous dresse cette fois, le portrait d’une femme dynamique et indépendante qui en redécouvrant l’amour, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein.
Une histoire inspirée du roman autobiographique de la comédienne Françoise Prévost «Ma Vie en Plus» qui raconte son propre combat contre la maladie dans le courant des années 70.
Pas simple de traiter un sujet aussi rude et anxiogène qui touche toujours des milliers de femmes, sans tomber dans quelques pièges. Et c’est ce que Yannick Bellon ne parviendra malheureusement pas à éviter ici.
Si elle s’abstient pourtant soigneusement du moindre effet mélodramatique (on n’est en effet, jamais ici dans le pathos), la cinéaste se perd dans une accumulation de clichés maladroits d’une naïveté confondante. Voir notamment la scène du bar avec Florent Pagny et sa «paire de loches» ou toutes ces longues séquences décrivant la relation naissante et pudique entre Marlène Jobert et Jean-Michel Folon qui sont monstrueusement caricaturales.
Reste heureusement une réflexion intéressante sur la vie et l’intégrité d’une femme qui ne baisse jamais les bras et se bat contre cette atteinte à sa féminité symbolisée par l’ablation de son sein.
Une réflexion soutenue par la magnifique interprétation de Marlène Jobert qui dégage un force et une émotion d’une extrême justesse. On appréciera aussi la sensibilité tout en pudeur et retenue de Jean-Michel Folon, grand artiste belge connu du grand public pour avoir créé l’inoubliable générique d’Antenne 2 dans les années 70 et comédien de talent à de très rares occasions.
«L’amour Nu» reste donc une relative déception, plombé par une mise en scène trop schématique et quelques énormes défauts. Un certain nombre de spectateurs resteront assurément sur la touche et c’est bien dommage.
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Origine : France
Durée : 95 Min
Jeanne Kern est professeur dans un cours privé mixte. Volontiers provocante, elle n'ignore pas l'effet qu'elle produit sur les hommes. Lycéens, collègues et même le directeur, Bruno Ketti, sont sous le charme. Ce dernier allant jusqu'à éprouver pour la jeune femme une passion déraisonnée. Un jour, une lettre anonyme, dénonçant les mœurs dépravées de Jeanne, parvient sur le bureau de Ketti. Les missives se succèdent, bientôt suivies de photos compromettantes adressées au directeur, aux enseignants et aux parents d'élèves. Sur les clichés, le visage de l'une des jeunes femmes nues a été découpé, et tout laisse penser que l'inconnue n'est autre que Jeanne, qui doit affronter le scandale...(Source : Wikipedia).
«Cours Privé» est le troisième film que Pierre Granier-Deferre réalise à partir d’un roman de Jean-Marc Roberts après «Une Etrange Affaire» et «L’Ami de Vincent».
Une adaptation libre de son récit «Portrait Craché» qui n’était pourtant pas planifiée à l’origine.
Complices, les deux hommes décident initialement de développer un scénario original mais ni l’un, ni l’autre ne sont convaincus du résultat. Roberts prend alors l’initiative de le reprendre entièrement et d’en faire un roman. Séduit par cette nouvelle mouture, Granier-Deferre en écrit l’adaptation en prenant tout de même beaucoup de liberté et de distance avec le roman.
De reports en reports, le projet est dans un premier temps, abandonné. Le cinéaste tourne à la place «L’Homme aux Yeux d’Argent» avec Alain Souchon.
Mais quelques mois plus tard, le producteur Alain Sarde décide finalement de ressortir le scénario du placard et donne son feu vert à Granier-Deferre.
Une histoire trouble et abstraite sur fond de rapports passionnels narrant le quotidien d’une jeune et très belle enseignante, victime d’un chantage qui la fera peu à peu basculer dans la folie. Dès les premières images, la caméra de Granier-Deferre se focalise sur cette femme mystérieuse et terriblement sexy qui, bien qu’elle soit totalement à l’aise avec son corps, refuse les contacts, garde ses distances. Le cinéaste cherche tout de suite à créer le trouble chez le spectateur, vite envouté par cette femme fêlée, fascinante et inaccessible. La superbe interprétation d’Elizabeth Bourgine lui apporte un mystère, une sensibilité et une sensualité sans pareils.
Puis un jour, des photos compromettantes commence à circuler. Entre chantage et délations, la vie de cette jeune prof va peu à peu basculer. Qui peut bien lui en vouloir ? Le proviseur (génial Michel Aumont), sorte de figure paternelle aux attentions douteuses ? Son collègue qu’elle ne laisse visiblement pas indifférent ? Ou, la femme de celui-ci, jalouse de voir son mari tenter de s’occuper d’un peu trop près de l’enseignante ?
Granier-Deferre nous embarque dans un jeu de faux semblants prenant et passionnant qui ne vous lâche pas jusqu’à son dénouement. Il évite soigneusement ici les traditionnelles envolées de mise en scène pour nous livrer un long métrage froid et distancié particulièrement dérageant.
Peut être le dernier grand film de Granier-Deferre.
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Origine : Hongrie
Durée : 105 Min
Bucsu est un contrôleur du métro de Budapest qui passe ses jours et ses nuits à errer dans les couloirs. Refusant de remonter à la surface, il se heurte au mépris et à la violence des usagers et de ses collègues. (Source : allociné.fr).
Né de parents hongrois, Nimrod Antal grandit à Los Angeles. En 1991, suivant les conseils de son père, Antal débarque en terre magyar pour étudier à l'académie du cinéma locale. Le diplôme en poche, il fait ses premières armes à la télévision avant d’écrire et réaliser son premier film en 2003.
L’inspiration lui vient à force d’observer les contrôleurs du métro de Budapest, considérant leur métier comme particulièrement difficile (tout le monde les déteste) et travaillant au coeur d’un univers à la fois effrayant et fascinant.
Un univers qu’il veut rendre encore plus repoussant et sale qu’il ne l’est réellement pour créer une atmosphère folle et surréaliste.
Pour cela, il doit convaincre les responsables du métro de la capitale hongroise de l’autoriser à filmer son histoire noire, intégralement dans ce décor «naturel». Après moult négociations et non sans difficultés, Antal parvient enfin à obtenir le feu vert à condition qu’un message d’avertissement soit lu en préambule du film pour rassurer les usagers sur le côté ultra-fictionnel de l’histoire.
Mais à trop vouloir donner une atmosphère particulière à cet environnement hypnotisant, sorte d’allégorie de la décadence de notre société, Antal oublie de donner un sens réel à une intrigue qui part dans tous les sens, à l’image d’un plan de métro.
D’un côté, on a le portrait d’un groupe de contrôleurs sinistres et méprisants dont le quotidien routinier et dépressif est traité sur le ton de la farce.
Ensuite, il y a cette menace d’un serial-killer qui pousse sans raison, les voyageurs sous les rames du métro.
Nous avons enfin, l’errance de l’un des contrôleurs qui ira chercher son salut dans les bras d’une jeune femme affublée d’un costume d’ours.
Une comédie ? Un Slasher ? Une romance ? «Kontroll» n’est rien de tout cela. C’est surtout un film hybride qui ne traite aucune de ces pistes en profondeur.
On se demande jusqu’au bout ce que Antal a voulu nous raconter dans ce qui reste finalement qu’un simple exercice stylistique.
Ce style qui reste en définitive, la seule réelle satisfaction de ce film raté.
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Origine : France/Allemagne
Durée : 125 Min
Dans un futur proche où la science a réussi à vaincre les plus grandes maladies, Katherine Mortenhoe, une écrivain à succès, apprend qu'elle est atteinte d'une maladie incurable et qu'il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Elle est contactée par une chaîne de télévision qui souhaite la filmer pour son émission La Mort en direct. Refusant l'offre, elle sera filmée à son insu par Roddy, un cameraman, grâce à une caméra implantée dans son cerveau. (Source : wikipedia).
Science fiction ou réalité ? Si à l’époque la question pouvait encore se poser (les premiers signes d’une certaine dérive manipulatrice avaient déjà fait leur apparition), la réponse parait aujourd’hui évidente.
Le voyeurisme toujours plus pervers des médias à travers l'émergence d’une télé réalité falsifiée a atteint un tel niveau que le film de Tavernier reste plus que jamais d’actualité quand on voit les atrocités qui envahissent quotidiennement notre petit écran.
Visionnaire déjà conscient du triste spectacle qui nous attend, le cinéaste décide d’adapter le roman prémonitoire de David G.Compton aux influences Orwelliennes, véritable manifeste contre une société déshumanisée à travers un magnifique jeu de miroirs.
Réunissant un casting international, Tavernier pensait n’avoir aucun mal à monter son film. Mais à l’époque, peu de producteurs semblent s'intéresser à cette histoire qu’ils jugent invraisemblable. Pire, le cast choisit par le réalisateur constitue un handicap supplémentaire. Harvey Keitel est alors blacklisté, Romy Schneider pas assez bankable et Harry Dean Stanton encore inconnu. On lui suggère plutôt Richard Gere et Jane Fonda.
Tavernier va tenir bon mais devra se battre près de quatre ans pour pouvoir enfin avoir l’argent nécessaire aux premiers tours de manivelle.
Il choisit Glasgow pour cadre de son histoire afin de bien encrer dans une certitude, son histoire alors encore considérée comme surréaliste.
On l’aura compris, Tavernier ne cherche définitivement pas à réaliser un film de genre mais plutôt à filmer en toute simplicité, une histoire humaniste et émotionnelle.
Humaniste par une dénonciation des manipulations de cette société du spectacle qui nous prive de toute liberté de penser. Emotionnelle par ce cri de révolte comme notre incapacité grandissante à communiquer.
Si l’intention est fort louable, il faut bien avouer que le résultat laisse perplexe. A force de vouloir intellectualiser l’ensemble, Tavernier nous entraine dans une errance quasi interminable, finalement plus passionné par l’évolution des rapports entre ses personnages que par une réelle critique de notre société. L’interprétation a beau être admirable et les décors magnifiques, on finit par s’ennuyer ferme devant ce film d’auteur trop réfractaire justement, à la moindre notion de spectacle.
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Origine : France
Durée : 95 Min
A Grenoble, Cora, une prostituée, décide, après l'assassinat d'une de ses amies de tout raconter à Le Perec, le juge chargé d'une instruction contre des proxénètes. Le milieu tente de réagir mais sans succès. Après avoir recueilli suffisamment de témoignages auprès des prostituées, le juge réussit à amener les coupables en correctionnelle. (Source : première.fr).
Adaptation du roman du célèbre chroniqueur judiciaire Paul Lefèvre, ce film revient sur l’une des périodes noires de l’histoire de la ville de Grenoble. Une époque où régnait sur la cité, une mafia scindée en 2 clans qui se disputaient le marché du jeu et de la prostitution.
Grenoble deviendra alors le théâtre d’une guerre de camps particulièrement meurtrière qui ne cessera qu’au milieu des années 90.
Inspiré par une affaire qui défraya la chronique, Lefèvre va ici dresser le portrait d’un groupe de prostituées qui tentent avec l’aide d’un implacable juge d’instruction, d’échapper à ce milieu qui les exploite.
Si ce récit prend quelques libertés par rapport à la réalité, il n’est reste pas moins un témoignage essentiel sur le traitement de ses femmes meurtries et perdues.
Le livre bien documenté grâce au témoignage de l’une d’entre-elle, ayant pour but de faire le procès non pas de la prostitution mais du proxénétisme.
Malheureusement, le passage sur grand écran de cette histoire va s’avérer extrêmement laborieux.
Visiblement peu tenté de poursuivre la démarche de Lefèvre, Joel Le Moign’ nous offre un film à la fois superficiel et racoleur, plus enclin à montrer les violences que subissent ces femmes que de réellement traiter le dossier du proxénétisme.
L’enquête, de son contexte (la guerre des clans, les menaces) à son développement étant finalement survolés (quelques scènes n’ayant même aucun sens), on en ressort avec un sentiment à la fois de désintérêt et de frustration.
Dans le rôle du juge, André Dussollier fait ce qu’il peut pour donner un minimum de consistance à l’ensemble mais c’est peine perdue.
Ceux qui s’attendent à quelques vues de la ville de Grenoble seront également déçus. Par peur de représailles, la production ayant préféré déplacer le tournage sur la ville de Besançon.
Sommaire, mou et moche (la photographie est affreuse), ce film est au final, un ratage complet.
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Origine : France
Durée : 103 Min
Claire Després, qui a eu une liaison avec un homme ambitieux devenu Président de la République, se fait voler son sac à main. Dans celui-ci se trouve une lettre qui laisse entendre que de cette liaison pourrait être né un enfant. Claire Després informe le Président de l'incident. Celui-ci, par l'intermédiaire du Ministre de l’Intérieur, va tout mettre en œuvre pour retrouver la lettre et empêcher que l'existence de cet enfant illégitime ne soit révélée. Pierre, le voleur, travaille également comme traducteur pour un journaliste et éditeur d'une lettre d'information confidentielle. Celui-ci, intrigué par son contenu, fait des recherches et identifie l'écriture du président.(source : wikipedia).
En 1982, se répand dans le tout Paris, la rumeur persistante que le président Mitterrand aurait un enfant caché issu d’une relation extra conjugale. Alors au début de son premier septennat, la révélation de ce bruit aurait été un choc pour l’opinion. Malgré quelques tentatives avortées, rien ne sortira dans les médias pendant de longues années.
Ce n’est qu’en 1994 que cette rumeur deviendra vérité lorsque la filiation sera rendue publique par la publication de photos dans l’hebdomadaire «Paris Match» montrant le Président et sa fille à la sortie d’un restaurant.
Retour en 1982, alors que la presse évite soigneusement d’ébruiter la rumeur, Françoise Giroud, journaliste militante ayant alors exercé par deux fois la fonction de secrétaire d‘Etat, sort un roman narrant étrangement l’histoire d’un président en fonction, menacé par la révélation d’un enfant adultérin. Une drôle de coïncidence qu’elle s’est toujours défendue d’être volontaire malgré une publication aux éditions «Mazarine», prénom de la véritable fille de Mitterrand.
Dépeignant avec une certaine justesse, les coutumes et actions souvent douteuses imposées par l’exercice de l’Etat, le livre connaitra un très beau succès sans que le public ne puisse se douter que la fiction était finalement très proche de la réalité.
L’année suivante, Francis Girod en fera une adaptation cinématographique assez fidèle en collaboration avec l’auteur, toute aussi auréolée de succès.
Près de 30 ans plus tard, le film garde un certain impact. On ne peut évidement pas faire abstraction du parallèle entre ce président fictif interprété par Jean Louis Trintignant et le Président Mitterrand tant cette histoire fait véritablement écho avec celle de l’ancien chef de l’Etat.
On suit donc avec une certaine curiosité, ce récit nous permettant de pénétrer sans artifice, au coeur du système de la présidence. Girod peint une galerie de personnages subtile et intéressante aux rapports ambigus, entre fidélité, méfiance et paranoïa.
Dommage que le film s’embourbe peu à peu dans une histoire où le suspense s'essouffle au final, assez vite. Toutes les promesses ne sont pas tenues et on s’ennuie vite devant ce film statique. Le cinéaste évite également soigneusement de prendre partie, sentant à l’évidence qu’il s’attaque à un sujet délicat.
Si on reste en définitive, assez peu concernés par ce qui se passe, on retiendra tout de même, les excellentes interprétations de Jean Louis Trintignant, Catherine Deneuve et Michel Serrault dont le rôle n’est pas sans rappeler celui de Michel Blanc dans ... «L’Exercice de l’Etat».
Malgré quelques portraits captivants, Girod rate son coup en s’abstenant de toute prise de risques. Frustrant.
Nomi, surgie de nulle part, arrive à Vegas pour réaliser son rêve : devenir danseuse. Modestement, elle débute dans une boite de strip-tease. Elle est dotée d'un réel talent et ne souffre d'aucune pudeur. Elle se retrouve rapidement plongée au coeur des grands shows. Parviendra-t-elle à garder son âme ? (Source : allociné)
Fort du triomphe international de «Basic Instinct» en 1992, le duo Paul Verhoeven / Joe Eszterhas a désormais une carte blanche et un crédit illimité pour son projet suivant. Le tout Hollywood se courbe en effet, devant le cinéaste néerlandais qui vient d’enchainer son 3ème succès d’affilée après «Robocop» et «Total Recall».
Ils mettront tout de même trois ans avant de se lancer dans une nouvelle aventure. C’est dans sa maison de Hawaii que vient à Eszterhas, l’idée d’écrire un scénario sur les dessous du show biz autour du parcours d’une jeune danseuse pleine d’illusions qui vendra son âme au diable.
Verhoeven y voit une nouvelle fois l’occasion, de faire une peinture acerbe de la société américaine, de son esprit de compétition, de son hypocrisie, de sa course à l’argent et à la célébrité.
Le feu vert des producteurs ne se faisant pas attendre, le réalisateur se lance dans la recherche de son héroïne sur laquelle repose toute l’histoire. Si son choix s’est porté un premier temps sur Drew Barrymore (après avoir auditionné Charlize Theron et Pamela Anderson), il devra y renoncer. La sympathique actrice ne sachant pas danser.
C’est finalement Elizabeth Berkley, vue dans une célèbre série ados, qui décrochera le rôle grâce à ses aptitudes et sa plastique.
Verhoeven ayant déjà suscité la polémique à cause des quelques scènes hot de «Basic Instinct», il va ici pousser plus loin la provocation en réalisant un film encore plus sulfureux au travers de sa vision toute perverse, de l’argent et du sexe.
Si l'incontrôlable cinéaste va une nouvelle fois, se faire un malin plaisir à repousser les limites du cadre du cinéma commercial américain, il sera cette fois, pris au piège d’un scénario particulièrement catastrophique.
Entre des personnages invraisemblables, des dialogues débiles, des clichés éculés et une trame risible digne des plus mauvais téléfilms, le script de Eszterhas va anéantir la critique de Verhoeven la faisant basculer dans le mauvais gout le plus indigeste. Les scènes de sexe (souvent vulgaires et gratuites) accentuant cette impression déjà ultra négative.
Que dire de la prestation de Elizabeth Berkley, surjouée et insupportable, au diapason du spectacle proposé.
A force de chercher la provoc, la critique de Verhoeven se retourne finalement contre lui, suscitant chez le spectateur, une sorte de mépris voire de dégout. Le film ne se résumant en définitive qu’à un mauvais film érotique de luxe, juste bon à exciter quelques ados pré-pubère.
A l’image de Las Vegas, kitch, superficiel et vulgaire.
Dans un contexte politique particulièrement explosif, le journal conservateur milanais "Il Giornale" affiche envers et contre tout son soutien à la classe patronale. Se préparant à des élections qui s'annoncent houleuses, la rédaction, menée par le peu scrupuleux Bizanti, met d'ailleurs tout en œuvre pour orienter l'opinion publique, profitant d'une sombre affaire de crime sexuel pour l'émouvoir. Le sinistre fait divers est ainsi monté en épingle et Mario Boni, jeune militant communiste soupçonné du meurtre, est très vite désigné comme coupable en première page afin de mieux discréditer les divers courants gauchistes. Intrigué par de criantes anomalies dans la façon dont est menée l'enquête, le jeune reporter Roveda, d'abord docile, finit par démonter la vaste machination médiatique dans laquelle se sont engagés ses employeurs et découvre le véritable coupable...(Source : wikipedia.)
Mai 1972. L’Italie s'apprête à voter pour les élections législatives dans un contexte économique et politique difficile. Plusieurs gouvernements se sont succédés amenant quelques progrès dans la situation générale du pays mais la tension entre une droite accusée de fasciste et l’extrême gauche offensive provoque une série de violentes manifestations. Dans ces circonstances particulières, chaque parti use de chaque instrument de propagande pour se faire élire à la tête du pays.
Parmi ces instruments, la presse écrite garde bien évidemment, une place prépondérante et une puissance incommensurable à une époque où internet n’existe pas et où la télévision reste encore marginale.
C’est donc autour du pouvoir d’influence de cette presse que le scénariste Sergio Donatti va construire son récit dénonçant la récupération d’un fait divers par un journaliste de droite à des fins de propagande politique.
On l’aura compris, le film se situe clairement du côté des opposants d’extrême gauche, victime du pouvoir des riches influents de cette droite désireuse de conserver son pouvoir vacillant.
Donatti devait à l’origine, mettre lui-même en image son scénario mais à cause de nombreux problèmes de santé, c’est le réalisateur Marco Bellocchio qui héritera du projet.
Connu pour ses idées de gauche, le cinéaste ne va donc pas se priver à forcer les traits de ce journaliste fourbe et cynique, serviteur d’un pouvoir manipulateur. Il faut bien reconnaître qu’il parvient parfaitement à nous faire détester ce personnage odieux incarné par l’excellent Gian Maria Volonte.
Sous une forme quasi documentaire, nous suivons donc la construction d’un mensonge d’état avec un intérêt certain. Si les choses ont quelque peu changé, certaines méthodes exposées ici nous rappellent qu’elles ont malheureusement encore cours à l’approche des grandes échéances électorales, et pas uniquement en Italie.
Bellochio décortique à merveille cette construction qui va peu à peu influencer l’opinion publique jusqu’à ce qu’un rouage du système se grippe. Un «parasite» venu de l’intérieur qui va démonter seul cette injustice.
A la fois révoltant et fascinant, dénonciateur d’une presse sous influence manipulatrice, ce film s’inscrit dans la lignée contestataire d’un cinéma transalpin malheureusement disparu aujourd’hui.
Interprète à l'UNESCO, Judith Mesnil accepte un travail sur un écrivain décédé accidentellement, Marcel Jaucourt. Comme Irène, la femme de celui-ci vient de mourir, Judith rencontre les héritiers et obtient divers papiers également convoités par le mystérieux Frank Barila, lequel se met à la filer. Rentrée chez elle, celle-ci trie les documents, découvre le journal d'Irène et apprend que Jaucourt cherchait à identifier un certain Mann, fournisseur de passeports pour les nazis désirant fuir en Amérique du Sud à la fin de la guerre. Au cours de la lecture, l'imagination de Judith s'enflamme. Mais à la mort de son mari, Irène a cessé d'écrire. Qui est Androsz cité par Irène? Qui est Mme Derhode? Prise au jeu, Judith contacte Frank. Il accepte de l'aider si elle lui fournit des renseignements sur les activités de Mann entre 1958 et 1962. Judith apprend alors qu'Androsz n'est autre que Mann, réapparu dans les années 50 pour vendre des faux-papiers aux nazis désireux de se réinstaller en Europe. Ceci avec l'aide de Mme Derhode que Frank a séduite pour l'obliger à se trahir. Car ce dernier recherche l'homme qui a escroqué ses parents, membres de l'O.A.S., pour favoriser la fuite dans laquelle ils sont morts: Jaeder, alias Mann, encore une fois... (Source : ciné ressources).
Ce drame politique sur fond de thriller revient sur l’une des plus tristes pages de l’histoire contemporaine. Les conséquences de la fuite puis du retour d’anciens nazis vers l’Europe facilitée par de sinistres collaborateurs qui leur distribuèrent un nombre conséquent de faux passeports.
Pour mettre en scène cette histoire, le réalisateur argentin Eduardo de Gregorio va choisir une approche labyrinthique assez compliquée, loin des chemins balisés commerciaux habituels. On est en effet, loin de ce que le spectateur est habitué de voir, loin des codes traditionnels du polar, loin des schémas de narration classiques...bref, le film de De Gregorio est définitivement un film d’auteur où l’intrigue n’est qu’un «support» pour dénoncer l’impunité de ces collaborateurs et le laxisme de nos gouvernements qui préfèrent fermer les yeux devant ce «trafic».
On l’aura compris, ce film n’est pas des plus faciles d’accès. Le cinéaste brouillant constamment les pistes, notamment en faisant interpréter par le même acteur (l'excellent Philippe Léotard) le traqueur et les différentes identités du traqué.
A tel point que l’on décroche (trop) souvent, lassés par l’exercice de style qui tourne bien en rond.
On est finalement, aussi perdu que la jeune enquêtrice, interprétée par la belle Nathalie Baye qui ne sait pas à qui elle a à faire.
Ce dont on est sûr, c’est que nous, nous avons bien à faire à un film à la fois pompeux et ennuyeux qui, à force de compliquer son canevas et de rejeter toute logique narrative, en arrive à provoquer le rejet du spectateur.
Si le film réserve quelques moments et échanges intéressants, on lutte souvent pour garder le fil et ne pas décrocher définitivement.
Une curiosité à la fois intrigante et repoussante qui aura au moins eu le mérite d’aborder un point toujours tabou de notre histoire.