Policier / Thriller

Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 14:28


Sully, vidangeur de fosses septiques et futur père, est prêt à tout pour assurer l'avenir de son fils. Jasper, modeste épicier, a une qualité primordiale aux yeux de la mafia pour qui il travaille : il est sourd-muet. Parmie Tarzo, chef de la mafia locale, se verrait bien éliminer la concurrence. Tous trois vivent à Staten Island, sous l'ombre écrasante de Manhattan. Leurs chemins vont se croiser, a priori pour le pire... (Résumé : Source : premiere.fr)

Mais qui est James deMonaco ? Avant de réaliser ici son premier film, ce jeune cinéaste a été l’heureux scénariste de quelques bons polars comme « Négociateur » ou le remake de « Assaut » mis en scène par le frenchie, Jean François Richet. Fort d’une expérience supplémentaire en télévision, Demonaco décide donc de passer derrière la caméra en mettant en image un nouveau polar aux influences multiples.

Au delà de l’histoire de ce mafieux qui veut prendre le pouvoir unique sur l’île de Staten Island à New-York, fief de nombreux malfrats, c’est surtout à une intéressante galerie de portraits auquel nous convie le cinéaste. En effet, son intrigue devient rapidement le prétexte à nous présenter trois personnages différents en apparence mais, finalement pas si éloignés que cela.

Suivant un schéma particulier, Demonaco va donc axer ses trois personnages autour d’une histoire finalement assez simple que l’on suivra de trois points de vue différents. Un mode de construction scénaristique déjà vu chez Tarantino dans l’excellent « Jackie Brown ».

On commence donc avec Parmie Rizzo, un petit mafieux en mal de reconnaissance, qui, pour passer de l’ombre à la lumière, va vouloir étendre son territoire. Rapidement trahi par le siens, il n’aura d’autre choix que de rallier une cause écologique de manière personnelle pour passer sous les feux de la rampe.

Parallèlement, dans un second temps, le spectateur va faire connaissance avec Sully. Un jeune éboueur pauvre qui n’aura d’autre choix que de braquer Rizzo pour financer une opération permettant à sa femme d’avoir un enfant génétiquement supérieur. Là encore, c’est à un personnage en mal de reconnaissance auquel nous faisons face, espérant à travers son enfant à venir, devenir quelqu’un de reconnu.

Troisième personnage, celui de Jasper. Un Charcutier sourd, muet et solitaire qui cherche depuis des années à remporter le jackpot aux courses et qui va se retrouver sans qu’il le cherche, au centre de l’histoire. Sorte d’antithèse des deux autres, il préfère lui, rester discret, coute que coute.

Difficile donc d’imbriquer trois histoire en une sans qu’il y ait confusion ou maladresse. Mais Demonaco réussi parfaitement son pari grâce un montage limpide qui rend l’entreprise passionnante malgré l’absence quasi-totale d’action.

Sur un rythme résolument lent, le cinéaste parvient peu à peu à faire monter la tension jusqu’au climax fort et inattendu.

Côté casting, on a droit à une brochette de choix. Tout d’abord, un excellent Vincent d’Onofrio, incarnant à la perfection, ce mafieux pateaux et malheureux, toujours dans les jupes de sa mère.

C’est Ethan Hawke qui se met de la meilleure des façons, dans la peau de cet éboueur écorché vif, toujours sur la corde raide.

Mais c’est Seymour Cassel qui remporte l’adhésion la plus totale dans son rôle à la fois fort et attachant de ce charcutier particulier. Par son simple regard, il partage avec nous des sentiments passant de la soumission à la vengeance.

Ne trouvant aucun financement aux USA, c’est grâce aux français de Why Not et Europa Corp que Demonaco put faire son film en totale liberté. Une chance quand on voit le résultat de ce film noir, intriguant et passionnant.

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Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /2009 13:09


Une fin d'après-midi à Orly. Un ressortissant soviétique demande asile aux U.S.A. Il est intercepté par les services secrets français, qui espèrent en obtenir des renseignements. Après un essai de chantage raté, les Français doivent s'incliner, et le remettre à l'ambassadeur des U.S.A. Le colonel Vlassov pénètre donc au coeur de l'imposante machine qu'est la C.I.A. (Résumé : source : cinema.encyclopédie).

Transfuge : personne qui change de parti, qui trahit une cause. C'est sur cette simple définition que Henri Verneuil va construire l'un des films majeurs de sa filmographie en adaptant librement, avec la complicité de Gilles Perrault, le roman de Pierre Nord : Le Treizième Suicidé.
A l'issue du succès du "Casse" avec Jean Paul Belmondo, Verneuil décide d'aborder un genre plus sérieux, plus austère en s'attaquant au film d'espionnage dans la plus pure tradition américaine, exposant avec moults détails, le fonctionnement des services secrets internationaux. Un sujet ambitieux qui pourrait s'avérer lourd et difficile d'approche. Mais Verneuil et Perrault ne se démontent pas et parviennent à écrire une intrigue simplifiée tout en étant riche en évènements et bouleversements.
C'est donc l'histoire d'un tranfuge sovietique, décidé à passer à l'Ouest car déçu par l'ignorance de ses compétences par le régime. En échange de l'asile politique aux USA, il se propose donc de démonter tout un réseau de renseignements souterrain, impliquants de hauts fonctionnaires allemands, anglais et français. Verneuil permet donc au spectateur de le plonger dans les mécanismes d'interrogation et d'investigation de la CIA à la manière proche du documentaire. Il y décortique à merveille une organisation forte d'une technologie à la pointe pour l'époque avec, à sa tête, un chef aiguisé.
Dépourvu d'action, l'ensemble peut paraitre rébarbatif mais grace au talent narratif de Verneuil, on se laisse rapidement emporter par cette intrigue fictionnelle qui se regarde comme un long reportage qu'on aurait pu intituler : Inside the CIA. Sans pour autant opter pour la caméra à l'épaule, le réalisateur parvient parfaitement à donner au spectateur, une impression de prise de vue en temps réel. On a vraiment l'impression d'assister aux côtés des protagonistes aux évènements d'une intrigue passionnante, accompagnés par une voix off remarquablement intégrée.
Pour un tel projet à l'allure toute américaine, Verneuil se devait de faire appel à des acteurs d'envergure pour rendre un maximum crédible son entreprise. Fort d'une double collaboration avec de grands comédiens américains, Charles Bronson et Anthony Quinn sur "La Bataille de San sebastian", le cinéaste convainc les immenses Henry Fonda, Yul Brynner et Dirk Bogarde de participer au film, lui donnant une caution non négligeable. Accompagnés des français, Philippe Noiret et Michel Bouquet, ils nous offrent de grand numéros d'acteurs, à la hauteur de leurs carrières respectives.
Au final, Verneuil réussi un film à la fois sobre et tendu parfaitement maitrisé, rappelant les heures sombres de la situation géopolitique mondiale de la seconde moitié du vingtième siècle.

Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 17:09


Toni Veronese est bien décidé à asseoir son autorité au sein de la pègre. Il lui faut pour cela se débarrasser des frères Perez, dont l'influence grandissante fait de l'ombre à ses affaires. Il leur livre une guerre sans merci, qui commence par l'attaque de leurs boîtes de nuit et de leurs hôtels de passe. Après quelques morts violentes, les deux clans sont disposés à dialoguer autrement que par les armes. Au moment où la paix est sur le point d'être signée, deux policiers sont tués à la suite d'un fâcheux concours de circonstances. Cet incident ravive les tensions et les règlements de comptes reprennent avec plus de violence...(Résumé : Source : programme-tv.com)

Une belle galerie de "Gueules" (Duval, Pellegrin, Périer, Guiomar, Willson et un tout jeune Christophe Lambert tout jeune et encore méconnu), une intrigue classique mais efficace et une réalisation carrée, voici les ingrédients de cet excellent polar du début des années 80 clairement inspiré du travail du grand Jean Pierre Melville. En effet, le script de Claude Néron prend une couleur résolument noire avec cette histoire de guerre des gangs qui va tourner au massacre.
Le film débute avec deux intrigues parallèles : l'une qui voit un caid (Duval) défier le milieu parisien sur son propre terrain et devenant rapidement encombrant, l'autre nous présentant un groupe de jeunes loubards de banlieue commentant sans scrupules, une longue série de hold up.
Deux intrigues qui, au départ, n'ont absolument rien à voir, se déroulant distinctement sans encombre jusqu'au moment où, bien évidemment, elles se rejoindront pour les besoins de l'intrigue : les jeunes fous furieux étant engagés par le milieu pour éliminer le caid au fameux bar du téléphone.
Avant d'être un thriller de très haute tenue grace à une réalisation efficace, une interprétatioon au couteau et un rythme plus que soutenu, ce film est avant tout, un excellent portrait d'un milieu vieillissant qui voit émerger une nouvelle génération de malfaiteurs encore plus implacable et dangereuse. Là où les anciens avaient tout de même certaines valeurs, une certaine classe même, les petits nouveaux ne s'encombrent pas, eux, de quelconques stratégies et foncent dans le tas comme s'ils n'avaient plus rien à perdre. Reflet d'une jeune génération désabusée, ce groupe, avec à leur tête un dangereux personnage (joué à merveille par Christophe Lambert) fait de la violence son sacerdoce. C'est donc à un intéressant contraste auquel nous assistons à l'écran avec d'un côté, des anciens qui préfèrent discuter avant d'agir et de l'autre, des jeunes qui s'en prennent directement à l'humain, non sans excès comme en atteste la violente fusillade du bar du téléphone.
Une approche originale qui place immédiatement ce film parmi les meilleurs du genre dans la droite lignée des classiques noirs des années 50, 60.
Daniel Duval en caid solitaire dégage un charisme impressionnant avec, face à lui les toujours bons, Raymond Pellegrin, Julien Guiomar, George Wilson et François Périer dans le rôle du commissaire au centre de cette guerre. Côté "jeunes", outre l'excellente interprétation d'un Christophe Lambert complètement habité, on retrouve un Richard Anconina convainquant en obsédé de la gachette.
Bref, "Le Bar du Téléphone" reste, encore aujourd'hui, un polar indispensable de très haute tenue que les fans su genre se doivent d'avoir vu.

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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /2009 13:22

A la suite de l'évasion d'un dangereux gangster, le FBI envoie un tandem de flics de Seattle chargés de mettre l'appartement de Maria McGuire, l'ex-petit amie de celui-ci sous surveillance. Mais l'affaire se complique lorsque l'un des deux inspecteurs tombe amoureux de la belle. Leurs ennuis ne font que commencer... (Résumé : Source : cinemotions.com)

 Parmi les cinéastes véritables touche à tout du cinéma de divertissement américain des années 80, on ne peut évidemment pas faire l'impasse sur John Badham. Un réalisateur qui, tout au long de sa carrière, a cherché à explorer un maximum de genres comme en atteste sa riche filmographie. On n'oubliera pas qu'après avoir révélé John Travolta au monde entier dans "La Fièvre du Samedi Soir", il s'essaiera à adapter le fameux héros de Bram Stoker, dans un "Dracula" assez surprenant. Malgré cela, c'est le Buddy Movie qui deviendra sa véritable spécialité. Un genre qui voit deux personnes totalement différentes, obligées de faire équipe, bon gré, mal gré, le plus souvent sous le signe de la comédie policière. Très à la mode dans les années 80, Badham allait l'aborder de la meilleure des manières avec cet excellent "Etroite Surveillance" mettant en scène un duo de flics en planque, devant la maison de la petite amie d'un criminel en cavale.

C'est Richard Dreyfuss et Emilio Estevez qui forment ce couple loufoque et hillarant, l'un, plus occupé à draguer la "surveillée", l'autre à trouver la prochaine blague à faire à ses collègues.

On l'aura compris, ce film est avant tout une véritable comédie, loin d'être lourdingue. Au contraire, on se laisse complètement aller à rire devant les agissements et la complicité de nos deux héros qui enchainent les bons mots de manière effrénée. Conscient de tenir là une mécanique parfaitement huilée, Badham laisse donc l'action un peu de côté au profit de nos deux compères sans pour autant que cela ne se ressente plus que cela. Les quelques scènes de poursuites suffisent parfaitement à ne pas laisser le rythme retomber tout au long de ces presque deux heures, menées tambour battant.
Bref, on ne s'ennuie pas une seconde devant ce spectacle alliant parfaitement, action, humour et suspense sans se prendre trop au sérieux. On a rarement vu Richard Dreyfuss en aussi grande forme, prenant visiblement beaucoup de plaisir à interpréter ce personnage un peu looser mais terriblement efficace. Un plaisir qui semble partagé par Emilio Estevez, l'un des membres de la famille Sheen (Frère de Charlie et Fils de Martin) qui repond parfaitement à l'interprétation de son illustre collègue. Ils s'amusent autant qu'ils nous amusent, faisant assurément de ce Buddy Movie, l'un des meilleurs du genre.
Une réussite récompensée par un énorme succès au box office US qui engendra, quelques années plus tard, une suite où les deux acolytes se verront adjoindre un troisième larron féminin interprété par Rosie O'Donnell mais qui peinera à retrouver l'énergie et l'efficacité de celui-ci.
Pour se remonter le moral ou simplement, passer un très bon moment devant son écran, "Etroite Surveillance" est le film idéal.

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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 11:32


Foxy Brown, une très belle jeune femme de couleur, ne se console pas de la disparition de son petit ami Michael, un agent du gouvernement. Elle est bien décidée à tout faire pour retrouver ceux qui l'ont assassiné et venger sa mort. Mais elle ne peut le faire seule. Elle rend visite à son frère. Comme celui-ci trempe dans un trafic de drogue, Foxy lui demande de se renseigner dans le milieu. Peu de temps après, son frère revient avec des informations de premier choix. Katherine Wall et son proxénète, Steve Elias, auraient commandité l'assassinat. Foxy Brown décide de les retrouver. Pour cela, elle se fait passer pour une prostituée... (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Des nombreux films qui ont inspirés l'hommage à la blaxploitation de Quentin Tarentino (même s'il est, tout d'abord l'adaptation d'un roman de Elmore Leonard) dans "Jackie Brown", il y a bien sûr au premier rang de ceux-ci, ce "Foxy Brown" de Jack Hill, véritable film phare d'un genre prolifique dans les années 70.
Au départ pourtant, ce film était destiné à devenir la suite du premier grand succès de la paire Jack Hill/Pam Grier, "Coffy, la Panthère Noire de Harlem", tourné un an auparavant et qui fut un hit sans précédent pour le genre. Mais les producteurs changèrent d'avis à la veille du tournage et décidèrent de faire vivre une nouvelle héroine de caractère. Les scénaristes n'ayant pas eu le temps de remanier le script, obligèrent donc l'équipe à faire l'impasse sur de nombreuses scènes, ce qui explique certainement, la durée particulièrement courte du métrage qui ne dépasse pas les 1h20.
Et il faut bien avouer que ce revirement de dernière minute se ressent particulièrement à l'écran. Tout d'abord à cause d'une intrigue qui, au dela de sa banalité typique au cinéma d'exploitation pur, est, au final, assez bancale. En effet, on a rapidement l'impression que l'histoire avance à l'aveuglette, tellement les situations s'enchainent assez mal. On est plus d'une fois, destabilisés par des ellipses étranges qui nous font perdre, au fur et à mesure, le fil d'une intrigue, pourtant pas très compliquée. D'où une impression omniprésente d'un montage de situations particulièrement étrange, entre une baston dans un bar lesbien qui n'a rien à voir avec l'histoire et un exil forcé dans un ranch que l'on peut qualifier d'inutile.
Heureusement, la présence charismatique de la plantureuse Pam Grier efface sans mal ces défauts structurels grace à une incontestable présence, entre charme et détermination. Elle nous fait presque oublier le reste du casting où l'on croise pourtant Antonio Fargas, le fameux "Huggie" de la série "Starsky et Hutch" en petite frappe, frère de Foxy.
On notera aussi le score génialement funky de Willie Hutch, l'auteur de l'un des plus grands hits du genre : "Brother's Gonna Work It Out".
Plus que Coffy, le personnage de Foxy Brown fait toujours partie aujourd'hui des symboles de l'emancipation de la femme black dans les années 70, souvent citée depuis, dans de nombreuses oeuvres comme exemple. Aussi classique et bancal qu'il soit, ce film aura au moins servi à faire bouger les mentalités.

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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 00:24

Dix ans ont passé depuis que le Dr. Hannibal Lecter s'est évadé de la clinique psychiatrique. Libre, après avoir changé d'identité, il a trouvé refuge à Florence, la ville qui sied le mieux à ses goûts cruels et raffinés. Il s'adonne à ses recherches et paraît avoir effacé ses abominables forfaits. Mais Clarice, n'a rien oublié, la voix glacée de Lecter hante ses rêves ! Mason, la sixième victime, en a gardé un souvenir bien plus cuisant. Et pour attirer Hannibal il connaît un appât irrésistible : Clarice ! (Résumé : Source : cinemotions.com)

Après le succès international du livre "Le Silence des Agneaux" et de son adaptation sur grand écran, l'écrivain Thomas Harris se devait d'écrire une seconde suite aux aventures gustatives du célèbre Hannibal Lecter dit le cannibale, ce tueur en série intelligent et ultra cultivé qui aida un jeune agent du FBI a résoudre une affaire de kidnapping du fin fond de sa cellule avant de prendre la poudre d'escampette.
Prévoyant donc immédiatement une adaptation cinématographique de cette nouvelle suite, Harris l'écrit en songeant déja au casting du long métrage. Persuadé que le grand Anthony Hopkins ne reprendrait pas son rôle, il fit subir à son personnage une opération de chirurgie esthétique, le rendant méconnaissable. A contrario, il pensait que Jodie Foster reprendrait sans hésitation son rôle de l'agent Clarice Starling.
Bien évidemment, ce fut le contraire qui se produisit, Hopkins réendossant son costume de sérial killer et Julianne Moore devenant l'agent du FBI à la place de Foster, obligeant David Mamet et Steven Zaillian en charge de l'adaption, de revoir entièrement l'écriture des personnages.
Force est de constater que cela n'entache en rien à la réussite du film, mené de main de maitre par un Ridley Scott en grande forme qui met en scène cette véritable histoire d'amour improbable entre deux personnages irrémédiablement attirés l'un vers l'autre, avec une grace certaine.
Après une réalisation très américaine de Jonathan Demme pour "Le Silence des Agneaux", le britannique Ridley Scott choisit, quand à lui, de donner une couleur toute européenne à son film, épaulé par la superbe photographie de son compatriote John Mathieson. En s'inspirant clairement du cinéma de genre du vieux continent (on est proche du Giallo par moments), Scott installe rapidement une atmosphère intriguante et brumeuse claire obscure, oscillant contammment entre beauté et laideur profonde, entre bien et mal. Visiblement intrigué voire admiratif par le caractère de son personnage, le réalisateur préfére se consacrer entièrement à la "légende" du mythique sérial killer, plus qu'à l'intrigue en elle-même. En effet, même quand il n'apparait pas à l'écran, Lecter reste omniprésent, tel un fantôme hantant tous les esprits et centralisant les intérets de tous : ceux du flic italien qui cherche à toucher à la récompense pour sa capture, ceux du FBI soudoyé par un riche homme d'affaire, ancienne victime du cannibale qui veut sa mort et enfin, ceux de l'agent Starling qui voue, malgré elle, une véritable admiration pour le tueur. A travers des références culturelles et religieuses évidentes, Scott en fait donc une sorte d'icone, presque pour mieux expliquer l'attirance réciproque grandissante entre une Clarice Starling perdue, lachée par sa hierarchie et le tueur humanisé qui la protègera jusqu'au bout, quitte à sacrifier une "partie" de soi.
On l'aura compris, Ridley Scott signe ici une oeuvre romantico horrifique magnifique incarnée à merveille par un grand Anthony Hopkins, une Julianne Moore qui reprend à merveille le personnage de l'agent Starling, sans oublier un Gary Oldman surprenant et méconnaissable dans la peau de la victime avide de vengeance.
Plus qu'une suite, ce film reste une oeuvre majeure dans la carrière déja riche de l'excellent Ridley Scott.
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 10:48


Après le meurtre impuni de sa femme, l'inspecteur Daniel Pratt s'est exilé en Afrique pendant dix ans. Sa fille, qui poursuit ses études en France, est assassinée à son tour et Pratt entreprend de la venger. Il découvre au cours de son enquête que les meurtres sont commis par une milice parallèle de 'justiciers'.  (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Après plusieurs incursions dans un cinéma plus intimiste ("Un Amour de Swann" et "Notre Histoire" de Bertrand Blier) qui s'avèreront autant d'echecs publics, Alain Delon décide de revenir au polar pur et dur qui a fait son succès entre les années 70 et 80, faisant, dans le même registre, presque jeu égal avec les énormes cartons de Jean Paul Belmondo. Comme il l'expliquait à l'époque, il voulait casser net cette image auteurisante qui pointait et refaire tout de suite un film d'action et d'aventures, permettant aux spectateurs de revoir le Delon qu'ils avaient réellement envie de voir. Il endosse donc à cette occasion le costume de producteur-acteur en nous livrant, avec la complicité de José Pinheiro, un film uniquement centré sur sa personne. Aucun plan n'échappe à Delon, filmé sous toutes les coutures pour mieux le mettre en valeur que cela en devient rapidement ridicule. Le voir enchainer les séances de musculation pour mieux constater sa forme physique prête en effet, plus à rire qu'à l'admiration.
Mais tout cela n'est rien devant l'un des scénario les plus stupides de sa carrière, avec un postulat de départ honteusement pompé sur la seconde aventure de l'inspecteur Callahan "Magnum Force" avec cette milice sous l'ordre d'un flic qui fait régner une justice expéditive. Malheureusement celle-ci va se mettre à travers le chemin d'un Delon caricatural en assassinant par mégarde sa fille.Et forcément, tel une machine, il va tout écraser sur son passage...
Bref, ceux qui étaient venus chercher une once d'originalité passeront leur chemin, pire ils auront l'occasion de s'offrir un bon moment de fous rires malgré eux, tellement le film recèle de moments hallucinants qui l'envoient irrémédiablement dans la grande famille du nanar.
A force de vouloir mettre en valeur le "grand" Delon, Pinheiro en fait des tonnes en cadrages et lumières appuyés qui décrédibilisent rapidement l'entreprise. Et cela commence dès les premières minutes avec ces séquences africaines sans intéret qui nous permettent "d'admirer" un Delon en train de se battre, pêcher, faire du charme...bref, on commence déja à rire devant un tel parti pris. Le retour en France ne va pas changer la donne, l'omniprésence de Delon ne s'affaiblissant pas, on n'echappera pas à l'indigestion. Ajouté à cela, des dialogues ridicules, des scènes d'actions faiblardes, une partition ringarde, un casting aux ordres de la star et une intrigue plate et sans surprise, il n'y a pratiquement rien à sauver devant ce festival assez affligeant qui propulsent les précédents polars de la star, "Pour le Peau d'un Flic" ou "Le Battant" au rang de chefs d'oeuvre. C'est dire...
Parfait pour une soirée thématique entre amis, ce film n'est donc, ni plus ni moins, qu'un énorme nanar qui, à force de vouloir promouvoir la star Delon, la ridiculise sur tous les points. Au final, on en a presque de la peine.

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Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 13:45

Nico Giraldi est un flic de la "Brigade Antivol", dans une grande ville d'Italie, et emploie des méthodes un peu spéciales qui inquiètent ses employeurs. Il croit qu'en réduisant à zéro les activités des receleurs, une baisse accrue des vols se fera ressentir. Il décide donc de frapper fort. En même temps, dans la ville, la mallette d'un dignitaire est volée par deux voyous en motocyclette. Le dignitaire décide de ne pas porter plainte, mais peu après les voyous seront éliminés l'un après l'autre, lentement mais sûrement... (Résumé : Source : clubdesmonstres.com)

Dèja auréolé de nombreux succès au milieux des années 70, le poliziesco italien n'avait pas encore de héros à proprement parlé. Un personnage réunissant les caractéristiques des flics qui luttent contre l'insécurité omniprésente dans les grandes villes italiennes à cette époque. Ce flic un peu en décalage qui est obligé de passer outre les ordres et les conventions d'institutions sclérosées par une politique laxiste pour pleinement pouvoir faire regner l'ordre...c'est Tomas Milian qui va l'incarner pour la première fois ici, dans une longue série de films dans la peau du fameux maréchal Nico Giraldi. Un policier anticonventionnel, aux méthodes parfois extrêmes et à la garde robe improbable, qui, à la tête de la brigade anti-vol, va faire la chasse aux petits malfrats qui sévissent à chaque coin de rue. Décontracté, blagueur, dragueur, Nico est avant tout un flic déterminé qui n'hésite pas à se mettre en marge, quitte à être assimilé aux bandits qu'il traque comme en témoigne cette scène où des civils l'agressent le prenant pour un voleur. A la fois flic et voyou, ce personnage connaitra un tel succès que Tomas Milian l'incarna pas plus de 11 fois à l'écran avec un succès toujours aussi conséquent.
Ce "Flic en Jeans" (Squadra Antiscippo, titre original) inaugure donc la série avec une intrigue des plus classique destinée à faire valoir, dans un premier temps, le charisme et l'humour de notre flic de héros avec une succession de scènes de bagarres et d'arrestations, parsemée de bons mots tout à fait plaisants, présentant au mieux le personnage de Nico dans son élément. La réelle intrigue démarre après plus de 30 minutes avec le vol malencontreux à un diplomate américain corrompu (incarné par un Jack Palance venu ici en touriste) d'une valise contenant 5 millions de dollars par une bande de petites frappes. Giraldi va donc se retrouver au coeur d'un règlement de compte où les hommes du propriétaire de la valise vont éliminer un par un les petits voleurs.
Une intrigue tout sauf originale donc qui va plutôt faire la part belle aux scènes d'actions. Entre coups de poings, poursuites et fusillades, les amateurs du poliziesco ne seront pas déçus. Corbucci, certainement conscient de la pauvreté de son scénario, consacre toute son énergie à soigner sa mise en scène lors de ces scènes, particulièrement haletantes et réussie, négligeant même au passage, le début d'une romance parfaitement inutile entre Nico et une jeune femme qui n'apporte finalement rien au récit.
Bruno Corbucci, frère de l'illustre réalisateur de westerns et comédies transalpines, Sergio, signe donc un western urbain agréable à regarder, tourné résolument vers l'action, où l'humour reste malgré tout secondaire (ce qui ne sera plus le cas pour les aventures suivantes du célèbre commissaire) et qui malgré un scénario des plus banal, reste à la fois rythmé et amusant donnant clairement envie de voir la suite des aventures de Nico Giraldi.

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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 23:39


JF partagerait appartement. Une petite annonce bien innocente mais qui va transformer la vie d'Allison en cauchemar... Après sa rupture avec Sam, Allison rencontre enfin une co-locataire idéale : la timide et réservée Hedra. Entre elles naît une solide amitié jusqu'au jour où le petit ami refait surface... (Résumé : Source : cinemovies.fr)

C'est en 1987 que Barbet Schroeder, réalisateur français d'origine iranienne, fait ses débuts à Hollywood avec l'énigmatique "Barfly" après une carrière déja bien remplie dans nos contrées. Il suffit de voir sa riche filmographie pour s'en convaincre : "Tricheurs", "Maitresse" ou le mythique "More"... Après l'envoutante rencontre entre Mickey Rourke et Faye Dunaway, il enchaina avec l'excellent "Mystère Von Bulow" qui assoira sa très bonne réputation caractérisée par un parfait compromis entre un cinéma d'auteur européen et le cinéma de divertissement US.
Et c'est encore sous le signe de cette double identité qu'il signe par la suite, ce thriller de facture classique. Mais là où ce fameux double style s'était avéré auparavant, un avantage certain, il devient ici un handicap. C'est donc pourquoi, on peut aisément séparer le film en deux parties distinctes et inégales à l'image du personnage de Jennifer Jason Leigh, la colocataire à double identité.
La première partie, plus proche du style du cinéaste est indéniablement la plus réussie. De la rencontre aux développements de la relation entre les deux jeunes femmes, Schroeder fait mouche en s'attardant sur chacune d'entre elles, décortiquant à l'extrême leur profil psychologique avec, d'un côté, une jeune et séduisante jeune femme pas si bien dans ses bottes qu'elle veut bien nous le faire croire et d'un autre, la jeune paumée pas si innocente et timide que cela.
Certes, le rythme de cette première partie est excessivement lent, Schroeder prenant aussi son temps pour poser son intrigue et faire monter doucement mais surement une tension que l'on sent de plus en plus présente au fil des scènes. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas, impatients de voir comment vont évoluer les caractères et leur relation.
Mais c'est alors que le film bascule malheureusement vers une seconde partie proche de la série B US de base, et d'un film intelligent, on passe à une vulgaire série de rebondissements invraissemblables qui démolissent tout le travail accompli dans un premier temps. Schroeder laisse littéralement tomber l'évolution de ses personnages pour les balancer dans des scènes toutes droites sorties d'un mauvais téléfilm du samedi soir qui précipitent le film vers une conclusion grandguignolesque finalement classique et décevante.
On ressort donc frustrés par cette promesse non tenue et un résultat finalement assez banal. Et d'un film qui aurait pû largement se situer au dessus de la moyenne après une première heure maitrisée et parfaitement écrite, on se retrouve finalement devant un thriller dégageant une désagréable impression de déja-vu.
On se consolera quant même grace à l'excellente interprétation des deux "colocs", Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh, toutes deux simplement parfaites et la superbe photographie de Luciano Tovoli.
Mais même si le film se laisse regarder jusqu'au bout, il reste tout de même une deception certaine.

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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /2009 10:52

Marilyn et Richard vivent à cent à l'heure. Hold-up et vols divers les amusent beaucoup. Un jour le jeu tourne au drame et ils se retrouvent auteurs d'un meurtre. Deux policiers particulierement acharnés sont bien décidés à les retrouver... (Résumé : Source : cinemotions.com)

A la lecture du résumé, la première chose évidente que l'on se dit est : "C'est tout ?". Et bien oui, c'est tout. C'est à dire presque rien. Premier et dernier film de Marc Angelo qui a poursuivit à sa carrière à la télévision avec une certaine réussite, "Tir à Vue" n'est en effet, qu'un banal polar poussif et dénué d'intéret, tellement visible est la difficulté pour l'auteur de meubler les 1h25 d'une intrigue complètement vide.
Tout commence par l'errance d'un jeune paumé qui, ayant perdu son frère tué par la police, alimente une haine grandissante qui va le pousser à commettre le bracage d'un magasin d'armes. 1er acte d'une série de méfaits qui lui redonneront une certaine confiance. Bien évidemment la police va se mettre rapidement à ses trousses sans pour autant avoir la moindre idée de celui qu'ils traquent. Dans cette première partie, Angelo laisse véritablement de côté le pur aspect policier, l'enquête étant releguée à quelques scènes sans queue ni tête tournées sans aucune conviction, pour se consacrer au portrait de cet ecorché vif. Par de longs gros plans sur la visage et les yeux de ce jeune homme perdu, Angelo tente de nous faire partager ses blessures. Malheureusement pour lui, on reste complètement hermétique à cette tentative, à cause d'un manque de consistance flagrante et d'une mise en scène des plus simpliste. 
Puis, au détour de ces errances, Richard rencontre Marilyn. Une jeune fille tout aussi paumée que lui, qui va immédiatement partager son parcours de braqueur. Grande gueule mais profondemment desespérée elle aussi, elle le poussera à commettre des actes de plus en plus risqués qui les pousseront jusqu'au meurtre. Et la police dans tout ça, et bien, pas grand chose. Toujours sur la trace de ces "Bonnie and Clyde" du pauvre, on l'entrevoit explorer quelques pistes limites hors sujet, tellement Angelo a du mal à faire vivre un semblant de traque...et on s'ennuie ferme.
Entre une accumulation de scènes de cul vites lassantes, une absence quasi total de péripéties et un scénario qui tourne rapidement en rond, on se demande vers quoi on se dirige.
En outre, pourtant focalisé par son couple de choc, Angelo oublie de s'intéresser à  leur évolution à leurs doutes, leurs espoirs. Au lieu de cela, l'auteur nous expédie tout cela en 5 minutes dans un final très faible marqué par un certain manque de conviction.
Bref, on l'aura compris, il n'y a pas grand chose à sauver de ce film raté et mal écrit qui s'oublie immédiatement après avoir été vu. On regrettera aussi la cruelle maladresse de la direction d'acteurs avec d'un côté, l'eternel espoir aujourd'hui oublié, Laurent Malet qui en fait des caisses dans le mal être et une Sandrine Bonnaire vulgaire, obligée de débiter des dialogues d'une bétise hallucinante De l'autre, un Jean Carmet interpréte un commissaire ennuyé et ennuyeux qui se demande visiblement ce qu'il fait là, assisté par un Michel Jonasz pas du tout à l'aise. Sans parler de l'abandon flagrant des second rôles qui servent de bouche trous...
Les années 80 nous ont donné une floppée de polars tout à fait corrects dont malheureusement, celui-ci ne fait pas parti. On oublie...
Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller
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