Samedi 4 juillet 2009

La cinquantaine fringante, Romain, patron d'une florissante agence de publicité, est un homme comblé. Après trois mariages malheureux, il semble avoir enfin trouvé la femme idéale en la personne de Véra, son élégante maîtresse, et affiche sur le plan matériel une réussite insolente, comme en attestent sa Jaguar dernier modèle, son vaste appartement parisien et son valet stylé. Un soir pourtant, au cours d'une réception mondaine, il perd son éternelle assurance devant la belle Eva, qui manifeste à son égard une indifférence à laquelle il n'est guère habitué. Contrariété à laquelle s'ajoutent bientôt les perfides intrigues de Dany, un jeune et brillant publicitaire engagé voilà peu par Romain...( Résumé : Source : wikipedia.fr)

Avant de passer derrière la caméra, Gérard Lauzier, qui nous a quitté en 2008, était avant tout, un auteur de bandes dessinées assez reconnu entre les années 70 et 80. A travers ses ouvrages, il s'amusait à dénoncer les travers d'une certaine société grâce, surtout, à des dialogues parfaitement écrits, taintés d'un humour acerbe assez prononcé.
Egalement auteur de théatre, il adapte pour son premier film, l'une de ses pièces, la sympathique "T'empèche Tout le Monde de Dormir" avant d'enchainer avec deux films dont cette "Tête dans le Sac".
Ce film, adaptation de sa BD publiée en 1980 devait être, à la base, la suite des aventures de Jérome Ozendron, incarné par Christian Clavier dans l'excellent "Je Vais Craquer", personnage à la vie sentimentale, plus que houleuse qui, à l'approche de la cinquantaine, allait une nouvelle fois retomber dans ses travers amoureux. Pour son passage sur la toile, Lauzier change de personnage (et d'acteur) mais pas d'histoire, avec cette fois-ci, un excellent Guy Marchand, riche publicitaire bien dans ses bottes qui va voir sa vie chamboulée après sa rencontre avec une jeune mannequin manipulatrice.
On l'aura compris Lauzier s'attaque à la fameuse crise du quinca qui a besoin de tester sa virilité en séduisant de jeunes femmes d'apparence peu farouche ou en mattant d'éventuels jeunes prétendants. Mais là, il va tomber sur un os ou plutôt, plusieurs. Et d'un ton plutôt bon enfant dans "Je Vais Craquer", Lauzier passe ici à l'offensive avec un durcissement de son discours. Comme l'illustre parfaitement l'affiche du film, l'auteur dépeint son histoire comme un rituel animal avec ce personnage attaqué de toutes parts qui va vouloir défendre son territoire. Et d'un pathétisme initial assez marqué, cet homme va dégager au fur et à mesure une sympathie de plus en plus grande, poussé malgré lui à se remettre en cause.
Par une mise en scène appliquée et sérieuse, Gérard Lauzier nous plonge aisément dans la vie de ce séducteur bousculé, reprenant aussi la fameuse voix off du personnage principal comme dans..."Je Vais Craquer". Ce qui nous donne d'excellents moments de réflexion, à la fois acides et hillarants. Mais c'est surtout grâce à un casting de très haute tenue, que le film prend toute son empleur. Comment ne pas souligner la partition quasi parfaite de Guy Marchand, à tel point qu'on croirait le rôle écrit pour lui. Mias il n'est pas le seul entre un jeune Patrick Bruel, parfaitement arrogant, une Fanny Bastien plus que mystérieuse et une Marisa Bérenson superbe, on est plus que servis. Que dire de l'exceptionel Jacques François (encore une fois) en amoureux transis d'un jeune garçon qui provoque l'hillarité à chacune de ses apparitions.
Bref, Gérard Lauzier fait mouche en restituant parfaitement son univers sur grand écran et en nous faisant passer un agréable moment de cinéma.

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Samedi 27 juin 2009

Étienne (Jean Rochefort), la quarantaine, marié, fidèle, heureux père de famille (marié à Marthe), tombe amoureux fou de Charlotte (Anny Duperey), une jeune femme, juste entraperçue, vêtue de rouge. Il partage la passion du tennis avec ses trois meilleurs amis, Simon, Daniel et Bouly. Simon (Guy Bedos) est médecin et étouffé par les perpétuelles intrusions de sa mère (Marthe Villalonga), caricature de mère pied-noire abusive, dans sa vie. Daniel (Claude Brasseur), garagiste, ne parvient plus longtemps à cacher à ses amis qu'il est homosexuel. Bouly (Victor Lanoux), séducteur impénitent, tombe de haut quand il découvre que sa femme a quitté le domicile conjugal avec meubles et enfants. Étienne, bien que méprisant les coureurs, succombe finalement aux charmes de sa belle inconnue mais celle-ci lui fait vite comprendre que ce sera une aventure sans lendemain.

Si il y a un genre que le cinéma français maitrise plutôt pas mal, c'est bien le film de "potes". Ces films où chaque homme, en pleine crise de la quarantaine (ou moins), peut aisément s'amuser à se reconnaitre dans ses diverses galeries de personnages confrontées à toutes sortes de questionnements et de remises en cause. On se souvient recemment des aventures des Lavoine, Darmon, Daroussin et Campan dans l'excellent dyptique de Marc Esposito, "Le Coeur des Hommes" tiraillés entre leur peur de vieillir, de ne plus plaire, de s'enfermer dans un train train qui peut d'avérer définitif...Deux films symboles d'une génération qui succèdent au film de Jean Marie Poiré, réalisé 15 ans plus tôt, "Mes Meilleurs Copains", autre chronique de copains à l'aube de leur passage à l'age mûr, où cette fois-là c'était les Bacri, Clavier, Lanvin et (encore) Daroussin qui subissaient de plein fouet la crise du quadra.
Mais avant eux, c'est Yves Robert grace à un très bon scénario de Jean Loup Dabadie qui, en 1976 allait lancer cette "mode" du film de "potes" avec ce portrait de quatre amis, tous très différents mais extremement soudés. D'abord focalisé sur les envies d'adultère d'un Jean Rochefort qui, entre un boulot qui l'ennuie et une femme trop occupée à reprendre ses études, rêve d'une jeune femme mystérieuse entrecroisée dans un parking souterrain, le film va donc s'ouvrir rapidement vers les autres membres de sa "bande". Tout d'abord, il y a Bouly, joué par Victor Lanoux, coureur de jupons qui va découvrir un matin que sa femme s'en est allée avec les enfants et les meubles. Puis, c'est Claude Brasseur qui cache son homosexualité en draguant à tout va des jeunes femmes devant ses potes. Et enfin,  il y a le personnage de Guy Bedos, celui d'un médecin hypocondriaque sous influence castratrice d'une mère possessive admirablement jouée par l'excellente Marthe Villalonga.
Le piège le plus dangereux que Robert et Dabadie ont admirablement évité, c'est celui de la caricature. En effet, on aurait pu facilement tomber dans la comédie de boulevard la plus vulgaire avec notamment, l'histoire d'adultère de Rochefort mais les deux auteurs, par une série de situations cocasses et des dialogues savoureux, parviennent à traiter le sujet grace à une finesse tout à fait appréciable. Il en est de même avec les histoires de Lanoux et Bedos qui sont abordées avec la même justesse et la même tendresse.
On regrettera cependant la manière trop superficielle avec laquelle est amenée puis traitée l'homosexualité du personnage de Claude Brasseur. Visiblement mal à l'aise avec le sujet, Robert et Dabadie, qui ont tout de même le mérite de l'introduire dans une société qui le rejette encore en bloc, peinent à faire exister ce membre parmi les autres.
Rien de bien grave tant cette chronique fonctionne avec une dynamique à toute épreuve, se détachant aisément d'une grande partie de la production de l'époque. Après moults visionnages, on ne s'en lasse toujours pas.

Par exterminator - Publié dans : Comédies - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 30 mai 2009


Le personnage de l'humoriste Reiser, un homme gros, sale, rustre et vulgaire, aborde des passants et leur assène quelques vérités salaces.  (Résumé : Source : premiere.fr)

Avant de devenir un "film", "Gros Dégueulasse" est avant tout l'une des BD les plus célèbre du caricaturiste disparu en 1983, Jean Marc Reiser. Co-Fondateur du journal "Hara-Kiri", Reiser n'a jamais brillé par sa finesse mais plutôt par un humour très acerbe et critique envers le quotidien de ses semblables. Souvent considéré comme lourd et vulgaire, il aura eu le mérite de toujours proposer une véritable reflexion sans aucune fioriture et un certain sacarsme à travers des personnages certes peu recommandables mais véhiculants une certaine réalité.
L'adaptation d'une bande dessinée sur grand écran s'est toujours avéré un exercice ultra périlleux. Il suffit de voir le peu de réussites pour s'en rendre compte.
Ce "Gros Dégueulasse" ne déroge pas à la règle, pire, il représente à coup sûr, le degré zéro du cinéma. Personnage sale, laid et méchant, le film l'est tout autant, sale et laid par une image immonde et d'une pauvreté confondante, et méchant d'escroquer le spectateur devant ce "divertissement" confondant de bétise et d'ennui à la technique plus que douteuse qui trahit définitivement l'esprit du dessinateur.
Même si, à la lecture de la bande dessinée, on pouvait prévoir l'enjeu de taillle d'adapter un recueil à priori inadaptable, on reste affligé dès les premières minutes devant cette succession inepte de saynètes sans aucun liant qui tombent affreusement à plat.
Quid de l'humour acerbe, de la reflexion et de la représentation du mal-être voulue par Reiser, rien ne transparait à l'écran, si ce n'est les déambulations d'un personnage repoussant et antipathique qui, même s'il nous assène, face caméra, les répliques écrites par Reiser, elles finissent ici littéralement dans le vide.
Si l'inadaptabilité de la BD est certainement en cause avec un univers qui visiblement ne pouvait définitivement pas passer sur grand écran, l'absence totale de mise en scène, la photographie vomitive et les quelques effets ringards n'arrangent rien. Et ce n'est pas le défilé de belles filles qui eveillera quelconque intéret.
Entouré d'un casting conséquent (Mairesse, Lamotte, Maman Sardou, Laspalès...) mais qui à l'air visiblement de se demander ce qu'il fait là, Maurice Risch qui incarne le "Gros Dégueulasse" surnage quand à lui dans ce marasme. En effet, dans la peau d'un personnage plus que difficile, l'acteur s'en sort vraiment bien même si ses efforts sont vains devant une telle catastrophe.
Plus qu'un navet, cette "chose" vulgaire et ennuyeuse est définitivement à éviter.

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Jeudi 21 mai 2009


Cinq acteurs vont se rendre sur le lieu d'un tournage dans la jungle pour un film de guerre. Pour cela, ils doivent suivre une formation de deux semaines d'entraînement intensif à la vie de camp. L'expérience va se révéler utile, car, arrivés sur le lieu de tournage, ils se trouvent immergés dans un réelle situation de guerre. (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Méfiez vous des apparences !! Après avoir donné une bonne claque au monde de la mode dans le cultissime "Zoolander", Ben Stiller revient 7 ans après derrière la caméra en remettre une couche sur le cinéma hollywoodien cette fois-ci. En effet, ce "Tonnerre sous les Tropiques", sous couvert d'une comédie, est avant tout une critique acerbe de l'industrie cinématographique américaine et de ses acteurs dans le sens le plus commercial qui soit.
Ben Stiller cracherait-il dans la soupe ? C'est quand même ce même Ben Stiller que l'on voit dans d'innombrables produits calabrés made in Hollywood : "1 Duplex Pour 3", "Mon Beau-Père et moi" et j'en passe....
Et bien non...Comme dans "Zoolander", c'est sans méchanceté gratuite (uniquement ciblée) que Stiller tire à boulet rouge, par extention, sur une société de dupes, dominée par les apparences, avec une grosse dose d'humour noir. Et là encore, c'est terriblement jouissif.
Le film commence très fort avec une succession de 4 bandes annonces et pub fictives (heureusement), hillarantes et pas si exagérées que cela, qui plantent immédiatement le décor. Elles nous permettent aussi de faire connaissance avec les futurs protagonistes de cette aventure improbable qui verra 5 acteurs lachés dans la jungle vietnamienne pour sauver le tournage d'un blockbuster. 5 personnages complètement déconnectés de la réalité, il suffit de voir le personnage déja culte de Robert Downey Jr qui n'hésite pas de changer de couleur de peau pour endosser le personnage black, tellement habitués à être assistés qu'ils se retrouvent complètement perdus lorsque ces pseudos gros bras sont livrés à eux-même.
Le décor planté, c'est parti pour une vraie comédie d'aventure au rythme soutenu mais surtout, aux personnages excellement écrits. Outre Robert Downey Jr, Ben Stiller et Nick Nolte en vétéran du dimanche, on retrouve un Jack Black toujours aussi déjanté, accro à la dope qui va complètement partir en sucette. La suite est du même calibre avec l'apparition surprise et, oh combien, géniale d'un Tom Cruise complètement inattendu en producteur antipathique, inhumain amateur de bling bling et de R'NB, pret à laisser mourir un de ses acteurs sur le déclin pour toucher son assurance vie. Bref, les acteurs nous réservent tous de grands moments de comédie ponctués par quelques scènes d'actions particulièrement réussies. On ne s'ennuie pas une seconde devant ce festival qui peut parfois, il faut l'admettre, tirer vers le mauvais gout mais rien de grave tellement on est emporté à repérer les nombreuses références aux films de guerres. "Apocalypse Now", "Platoon" et même "Rambo 2", bref, tous y passent.
De la pure déconne communicative, à voir et revoir pour se faire du bien à la tête.

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Jeudi 21 mai 2009

 


A Londres, le cerveau, génial organisateur du fameux hold-up du train postal Glasgow-Londres, met au point un nouveau coup : l'attaque du train spécial transportant les fonds secrets de quatorze nations. Or, Arthur, un petit truand évadé de prison, a la même idée et se prépare à cambrioler le train...(Résumé : Source : cinemovies.fr)

Aujourd'hui encore, Gérard Oury fait des envieux. Non seulement car il a été et reste toujours le cinéaste populaire français de réference avec des comédies d'une qualité quasi inégalée pour certains mais aussi pour des records d'entrées que seuls Dany Boon avec ses "Ch'tis" et le "Titanic" ont réussi à dépasser jusqu'à aujourd'hui.
En 1964, c'est 11 millions d'entrées pour "Le Corniaud". Deux ans plus tard, c'est 17 Millions pour "La Grande Vadrouille". Deux films qui consacrèrent définitivement Bourvil et Louis de Funès au rang de star. C'est donc tout naturellement que Oury décide à l'époque de passer à la vitesse supérieure avec une volonté, cette fois-ci, de s'ouvrir à l'international.
Outre son désormais complice Bourvil, il rappelle Jean Paul Belmondo avec qui il avait déja tourné dans "Un Drôle de Dimanche" et qu'il va entourer de deux stars internationales, Eli Wallach et David Niven pour l'adaptation cinématographique d'un fait divers réel, l'attaque du train postal Glasgow-Londres.
Un casting international qui engeandra quelques contraintes, comme un équilibrage des dialogues entre les quatres protagonistes et Oury dût, aussi, tourner chaque scène, deux fois, en français et en anglais pour faciliter la vente du film à l'étranger.
Bénéficiant d'un budget conséquent, produit par Alain Poiré et distribué dans le monde par Paramount, "Le Cerveau" avait de quoi marquer l'entrée du cinéma populaire français dans la cour internationale des grands.
Mais comme souvent, un film qui génère autant d'attente produit une relative deception, et, malheureusement, ce film ne déroge pas à la règle. Tout d'abord parce qu'il n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs. Oury se perd ici dans une intrigue bancale, bourrée de clichés sensés faire rire les spectateurs étrangers et peine à choisir entre le film d'aventures et la comédie pure. Visiblement dépassé par l'ambitieuse entreprise, Oury a du mal à nous convaincre provoquant plus l'ennui que l'amusement. il n'est pas le seul, tant le célèbre casting a l'air lui aussi de s'ennuyer malgré les déclarations de Oury sur le tournage qui confiait s'amuser comme un petit fou.
D'une durée de 2 heures, le film avance péniblement dans des situations souvent ratées et surtout, pas drôles. Tout y est tellement hénaurme dans le sens le plus exagéré du terme que plus le film avance, plus on a du mal à cacher son agassement devant les tentatives desespérément vaines de nous divertir.
A l'époque, malgré le dépaysement, le film ayant été tourné entre Paris, Londres, New York et La Havre, Oury ne parvient pas à réitérer ses précedents "exploits".
Sorti dans une version tronquée aux USA, le film est un énorme echec et dépasse seulement les 5,5 millions d'entrées en France. C'est déja pas mal me direz vous mais cela reste une déception par rapport au "Corniaud" et "La Grande Vadrouille" mais aussi aux films suivants.
En effet, Oury va vite se rattraper en retrouvant Louis de Funès et en nous donnant ces deux "classiques" que sont : "La Folie des Grandeurs" et "Rabbi Jacob".
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Dimanche 17 mai 2009

Maurice, un gars de Ménilmontant, revoit les évènements marquants de sa vie, des années 30 à 55 : son enfance, les conflits politiques de ses parents, les habitants de son quartier, sa rencontre avec Alain Bombard et son goût pour l'aventure qui en résulta, ses débuts dans la vie active, son mariage... Un constat optimiste. (Résumé: Source : cinemotions.com)

Jusqu'alors réalisateur de documentaires mais aussi écrivain, Gérard Mordillat passe à la réalisation de long métrages de fiction avec cette adaptation de l'un de ses livres eponyme. Pourquoi avoir choisi celui-ci ? Simplement parce qu'il raconte la vie de son auteur. Quoi de mieux pour entrer dans la grande famille du cinéma que de signer un CV en forme de film...Un luxe qui peut s'avérer risqué. Raconter sa vie, par un certain manque de recul, peut facilement ennuyer les autres. Sauf que la vie de Mordillat est loin de l'être. Fils de communistes invétérés, il pose tout de suite la question de l'influence parentale dans notre éducation sociale. Une reflexion interressante sur ce qui s'avère être finalement un enfermement qu'il est difficile d'occulter. Au dela de cela, "Vive la Sociale" est avant tout une sympathique comédie au ton résolument léger où Mordillat, loin d'être tourné sur lui-même, se plait visiblement à nous faire partager les moments essentiels de sa vie. Il suffit de quelques secondes pour s'en apercevoir en découvrant "son" personnage incarné par un excellent François Cluzet, directement s'adresser au spectateur.
De sa jeune enfance, où il tente déja de s'échapper à la vie qui l'attend...en bateau pneumatique,  à la rencontre de l'amour de sa vie, le réalisateur avance tranquillement sur le fil de sa vie avec un certain humour et un ton résolument joyeux comme en témoignent les quelques "numéros" musicaux qui jalonnent le film. Et tous ces moments qui peuvent, de premier abord, paraitre communs, Mordillat nous les narre de manière à ce que chacun s'y reconnaisse quelque part, et toujours d'un point de vue optimiste. Un choix qui détonne dans un cinéma français trop souvent tourné vers l'errance et qui fait énormément de bien.
Certes, le tout ne réserve pas fondamentalement de surprises, mais cette image résolument souriante, nous fait traverser le film avec un plaisir certain et un attachement profond à des personnages ultra sympathiques. A commencer par Cluzet lui-même mais aussi la sublime Elizabeth Bourgine et son meilleur pote incarné par Robin Renucci. Suit une belle galerie emmené par un Yves Robert hillarant, tellement habité par son rôle de communiste plus que convaincu et sa "femme" Judith Magre.
Que les choses soient dures ou pas, Mordillat a pris définitivement le choix de le prendre avec le sourire en nous faisant comprendre que, finalement, la vie est une fête.
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Mardi 21 avril 2009

 

Cambrioleur à la petite semelle, Tony pinto parvient à voler 30.000 $. Pourtant, la presse n'en fait pas état. il découvre allors que le système de sécurité de la Brink's est faillible et décide de l'exploiter pour un coup encore plus gros avec l'aide de divers malfrats et amis. (résumé : Source : moviecovers.com)

Pour beaucoup de cinéphiles, les années 70, ce sont les années Friedkin. En nous offrant des chefs d'oeuvre comme "L'Exorciste" ou "French Connection", difficile de les contredire. Mais hormis ces 2 "monstres", le réalisateur nous a livré, peu de temps après, un excellent remake du "Salaire de la Peur", "The Sorcerer", que beaucoup n'ont pas vu ou ont oublié, le film ayant été un gouffre financier et un echec cuisant en salles. Très affecté par ce revers, Friedkin qui considère, encore aujourd'hui,  ce film comme son meilleur, décida alors d'aborder un sujet et un genre plus légers en signant une comédie inspirée par la célèbre hold up de la Brink's à Boston dans les années 50. Un "fait divers" que les plus anciens n'ont pas oublié aux USA.
Le choix de l'angle comique s'imposa rapidement en se penchant simplement sur cette histoire de petits malfrats, loin d'être des as, réussissant à déjouer des enquêteurs, encore plus incompétents qu'eux. Rappelons que l'enquête qui suivit le hold up dirigée par le futur président Edgar Hoover, sera une fiasco couteux et quasi total.
Pour rendre le plus réaliste possible le fameux hold up, Friedkin s'adjoint les services d'un as de la cambriole, un certain Eddie Colombani qui, pour l'anecdote, lors de la post production, déroba le négatif du film en réclamant une rançon à la production. Ce dont il ne s'était pas aperçu, c'est qu'il avait entre les mains une copie du master original, qui lui était en sécurité.
Entre un réalisateur plus que talentueux à l'époque, une histoire typiquement cinématographique, tout laissait présager d'une nouvelle réussite de Friedkin. Et bien, il faut bien reconnaitre que le réalisateur n'est finalement pas aussi inspiré quand il aborde la comédie qu'en d'autres temps. En effet, Friedkin nous livre ici un film assez léger et sympathique même si on est très très loin des grandes oeuvres du réalisateur. Le film se regarde sans ennui, malgré sa durée de plus de 2 heures, mais reste assez quelconque à cause d'une absence totale de tension et de suspens, Friedkin privilégiant beaucoup trop l'aspect comique. Le film est assez linéaire, enchainant les situations sans grandes surprises et de manière basique : la préparation, le hold up, l'enquête, l'epilogue
On retiendra malgré cela, le casting, complètement au diapason au ton du film. Au premier abord, retrouver les fidèles de Cassavetes, Peter Falk et Gena Rowlands pouvait surprendre ou inquiéter mais il n'en est rien, parfaitement entourés par les excellents Paul Sorvino et Peter Boyle.
Pas assez donc, pour placer ce film au dessus du lot. Dans le genre "Bracage", on lui préfèrera largement "Le Solitaire" de Mann en version dark ou "Les Experts" avec Redford en version plus légère ou même "Bracage à l'Italienne" qui sont, finalement, largement au dessus de ce "petit" Friedkin.

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Vendredi 24 octobre 2008


Justin, fils du boulanger de Valorgue, courtise Françoise, la fille de l'épicier. Tout ceci ne plaît pas au boulanger qui assiste ravi au départ de son fils pour son service militaire en Afrique du Nord. Françoise, par dépit, quitte aussi le village et revient, dix mois plus tard, avec un bébé sur les bras. On accuse Justin d'être le père, ce qui provoque bientôt une véritable révolution à Valorgue séparé en deux clans: "les boulangiéristes" et les "épiciéristes". L'affaire s'envenime, Françoise s'enfuit avec l'enfant et le préfet fait réquisitionner la boulangerie. Le boulanger se met à la recherche de son petit-fils et, séduit par le bambin, revient au village pour obliger son fils, que personne n'avait songé à prévenir de la situation, à épouser l'heureuse maman. (Résumé : Source : Wikipédia)

Pour beaucoup, Henri Verneuil, c'est "Mélodie en sous-sol", "Le Clan des Siciliens" ou "Peur sur la Ville", soit quelques unes des plus belles pages du polar français mettant en scène les inoubliables, Jean Gabin, Alain Delon ou Jean Paul Belmondo. Mais Verneuil, c'est aussi "La Vache et le Prisonnier" , la célèbre comédie avec Fernandel, cloturant une collaboration trop souvent oubliée de sept films entre les deux hommes. Une complicité née d'une rencontre sur un court métrage entre un tout jeune débutant et cette figure du cinéma comique français. Et c'est donc grâce à Fernandel qui devient à l'époque, son acteur fétiche, que Verneuil va lancer sa fructueuse carrière au début des années 50.
Fernandel, alors au sommet de sa carrière va tomber amoureux de cette petite histoire de querelle de village, écrite par son propre facteur, en la résumant lui- même comme un Roméo et Juliette provençal. Jacques Bar accepte de le produire et Fernandel impose donc le tout jeune Verneuil à la mise en scène, pensant qu'il était l'homme de la situation. Verneuil, arménien d'origine avait vécu tout sa jeunesse à Marseille et était donc à même à retranscrire parfaitement l'esprit provençal à l'écran.
C'est donc sur un fond pagnolesque que Verneuil va mettre en scène cette histoire de clans divisés au sein d'une petit village qui n'est donc pas sans rappeler le classique de Shakespeare.
Dès le départ, Verneuil n'oublie pas que s'il est derrière la caméra, c'est grâce à Fernandel en calquant totalement sa mise en scène sur le jeu de l'acteur qui, durant les 100 minutes du métrages, est omniprésent à l'écran, écrasant sans vergogne le reste du casting réduit à soutenir le numéro de la star. Ce qui donne finalement, un sentiment mitigé sur ce personnage têtu, sûr de lui et même, de mauvaise foi. Autant, Fernandel force l'admiration par la qualité et l'energie de son interprétation, autant il arrive presque à nous agacer par moments en ne laissant aucune place à la présence et à la position de ses vis à vis, nous imposant presque une sorte de festival d'obstination souvent injustifié qui nous détache à un moment du métrage.
Après, il faut se remettre dans le contexte de l'époque. Si aujourd'hui, cette histoire d'enfant né hors mariage qui divise l'opinion d'un village tout entier, peut paraitre complètement désuette, ce qui rend le déroulement totalement exagéré pour les générations suivantes, il était, à l'époque, difficile, voire impossible, de faire admettre à la société, surtout rurale, la conception hors union.
Assimilé cela, on suit avec un certain plaisir ces querelles de clochers, qui dans le fond, n'ont rien de méchant, provoquant beaucoup de sourires et de rires gràce à une suite de situations sympatiques, montées à un rythme assez soutenu, nous faisant passer facilement la durée de ce film simple, le déroulement ne reservant aucune surprise et, finalement, chaleureux à l'image de notre belle provence.
A noter que dans le cadre de cette co-production franco-italienne, très fréquentes à l'époque, la production a fait appel au très grand Nino Rota, compositeur attitré de Fellini pour assurer la partition musicale
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Vendredi 1 août 2008


A la veille du Nouvel an, Louis, un dessinateur renommé, reçoit des nouvelles de son jeune fils : celui-ci lui révèle que sa mère vit désormais avec un certain Bob, qui n'est pas tendre avec le petit garçon. Louis décide aussitôt d'aller demander des comptes à son ex-compagne, dont il n'a pas l'adresse exacte. Sa recherche débouchera sur une nuit de Saint Sylvestre délirante à souhait. (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Depuis ses débuts, le cinéma français sort rarement ses intrigues de la capitale, réutilisant jusqu'à plus soif, les quartiers les plus connus de Paris. De Montmartre à Pigalle en passant par les Champs-Elysées, on ne compte plus les films ayant pour décor, ces endroits mythiques de la capitale. Heureusement, il y a quand même beaucoup d'exceptions qui se déroulent en Province ou dans des quartiers souvent oubliés de Paris. Ce film se déroulant dans les tours du 13ème arrondissement de la capitale, un endroit pas très cinégénique, fait  de grands ensembles en béton pas très attirants, c'est le moins que l'on puisse dire, nous permet quand même de sortir d'une habitude qui peut d'avérer lassante à la longue.
Ce choix n'est pas annodin car ces tours font partie intégrante d'une intrigue initiale assez originale qui voit un enfant de divorcés, organiser, le soir de la Saint-Sylvestre, un stratagème déguisé en jeu de piste, pour faire venir son père, parti vivre en Suisse, le retrouver, lui et sa mère au moment qu'il aura décidé. Un postulat qui pourrait faire penser à une comédie basique pour enfants mais il n'en est rien ici. En effet, ce qui, sur le papier, pourrait donner une comédie, très 1er degré avec son lot de gags habituels, prend rapidement un axe tout autre. En effet, même si l'on reste dans le domaine de la comédie, Granier-Deferre va d'attarder à dépeindre une galerie de personnages tous aussi paumés les uns que les autres, perdus au milieu de ces tours. En effet, si le fils réussi à faire venir son père dans la cité, il ne lui dit pas où il se trouve exactement, utilisant son père comme un pion d'un jeu dont il veut imposer le dénouement. Ce père interprété par Jean Rochefort, occupé à chercher cet appartement parmi les nombreuses tours du quartier, va rencontrer des acolytes (Bedos et Soral), eux mêmes à la recherche du même appartement où se déroule une fête. Cette rencontre de personnages perdus au sens propre comme au sens figuré, s'avère plutôt plaisante, les comédiens ayant des rôles qui leur vont comme des gants, laissant augurer une suite prometteuse.
Mais malheureusement, l'ensemble s'essouffle vite avec un script à l'image de ses personnages : perdus et ne sachant pas ou aller. Rapidement, nous suivons avec peine ces trois énergumènes qui deviendront quatre, avec la rencontre de Michel Galabru, caricatural à souhait, qui se perdent définitivement dans les antres d'une cité, trop grande pour eux. L'ennui ne tarde pas à faire son apparition car si l'idée de base est bonne, elle n'est jamais exploitée au dela de sa promesse, oubliant au passage qu'à la base, on est dans une comédie. Les personnages s'enfonçants dans les sous sol de ces tours, on s'enfonce avec eux en espérant que ce calvaire naissant ne se prolonge pas trop longtemps.
Il n'en est rien, on végète jusqu'au final complètement faiblard et invraisemblable qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans un décor qui a miraculeusement changé. Pour ceux qui connaissent, la majorité du film se déroule donc au milieu des tours du 13ème à Paris avant que tout ce beau monde ne se retrouve au milieu d'une cité de Noisy le Grand. Même si cela n'a aucune insidence sur l'histoire, c'est tout de même, assez troublant et incompréhensible.
Bref, on est content de sortir de cette comédie ratée pourtant prometteuse qui, après un très bon départ, tombe complètement à plat. Frustrant.

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Mercredi 30 juillet 2008


Les nouvelles aventures des Charlots les mènent en Espagne. Ils partent en voyage organisé mais leurs vacances vont rapidement se transformer en cauchemar. En effet, le directeur de l'agence est parti avec la caisse sans avoir retenu de chambres pour le groupe. Les Charlots vont devoir trouver de l'argent pour vivre sur place. (Résumé : Source : cinemotions.com)

Si dans "La grande Java", les Charlots n'étaient qu'invités à faire une apparition dans ce nanar de Philippe Clair grace à leur popularité montante, on peut donc considérer "Les Charlots Font l'Espagne" comme leur troisième film en tant que vedettes. En effet, grace à l'énorme succès des "Bidasses en Folie", plus de 7 millions d'entrées en salles, la France avait choisi, en ce début des années 70, une nouvelle sorte de comiques, jamais vus en France jusqu'alors, à l'humour burlesque, très premier degré incarné par une bande de potaches hors système qui se moquent des institutions et de l'autorité. Une insolence qui ne pouvait que plaire à une jeune société encore marquée par les évènements de 68 qui retrouvait en eux, une irrévérance tout à fait jubilatoire.
Après donc s'être moqué de l'armée dans "Les Bidasses..." et de l'esprit de compétition dans "Les Fous du Stade", il s'octroient ici une pause estivale en allant mettre le foin en Espagne dans un film uniquement dédié à mettre en valeur leur talent comique. Exit donc l'insolence face à un système encore un peu sclérosé, les Charlots sont ici en roue libre, profitant d'une forte popularité qui leur permet d'assurer le minimum syndical au niveau scénario. Non pas que les précédents films soient des modèles d'écritures mais ils avaient l'avantage d'avoir un sous-message qui a complètement disparu ici. Un changement qui coincide à une nouvelle collaboration avec un réalisateur de purs divertissements, Jean Girault, le metteur en scène quasi attitré de Louis de Funès, remplaçant Claude Zidi qui avait réalisé les deux précédents films des joyeux lurons.
C'est donc l'Espagne qu'ont choisi nos comiques comme théatre de leur étalage de gags. D'un postulat de base, les Charlots débarquant en Espagne lors d'un voyage organisé, vont devoir de débrouiller seuls après que le tout opérator soit parti avec la caisse, le scénario de Jacques Wilfrid (éternel collaborateur de Girault et De Funès) et la mise en scène de Girault laissent totalement la place à une longue série de gags plus ou moins réussis mais qui ont le mérite de s'enchainer à une vitesse folle. En effet, si on peut reprocher la manque de liant entre les situations comiques de ces adolescents attardés, donnant presque un sentiment d'improvisation et de facilité, on ne peut pas reprocher aux Charlots de chômer avec une série de gags hallucinants meublant quasi à eux seuls, les 1H20 du long métrage.
Après, c'est sûr qu'il faut être fan de Charlots pour apprécier le spectacle car ils ne laissent aucune place à autre chose qu'à leur humour, le reste du casting n'étant que des faires valoir, voire des "vistimes" du groupe. Assurément, si on n'est pas sensible aux potacheries de ces associaux, mieux vaut passer son chemin. Pour les autres, ils passeront un très bon moment devant l'une des meilleures réussites des Charlots sur grand écran avec de nombreuses séquences comiques mémorables : les Charlots construisent une maison, les Charlots font du bateau, les Charlots s'incrustent chez une bourgeoise.....avec un lot de gags assez impressionnant qui fonctionnent bien dans leur ensemble. Un effort qui sera une nouvelle fois récompensé au box office avec un nombre d'entrès en salles plus qu'honorable pour cette parenthèse avant de retrouver Claude Zidi dans l'excellent "Grand Bazar" dénonçant l'arrivée des temples de la consommation de masse, plus en accord avec l'esprit irrévérencieux des Charlots.

Par exterminator - Publié dans : Comédies - Communauté : Club de cinéphilie élitiste
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