Partager l'article ! N'oublie pas ton Père au Vestiaire de Richard Balducci 1982: Se référant constamment à l'éducat ...
Se référant constamment à l'éducation qu'il a reçue, Antoine Chevrier, flûtiste, disquaire, ne pense que dégradation des moeurs, perte du sens du devoir chez les jeunes de maintenant et disparition de la culture française. Le dialogue avec son fils Philippe, lycéen de dix-huit ans, est donc des plus limités. Et malgré son caractère accommodant, malgré les interventions de sa mère, il supporte de moins en moins ce père intransigeant. C'est ainsi qu'après une réaction plus vive qu'à l'ordinaire parce qu'il a été collé au bac, il quitte le cocon familial. Alors, sans argent, sans logement, il s'en tire grâce à l'amitié. Il s'installe chez Julien, l'un de ses copains, séducteur impénitent qui lui fait partager ses conquêtes, puis trouve, par l'intermédiaire d'une amie, une place de disc-jockey dans une boîte de nuit. Là, il rencontre un de ses professeurs, Philomène, dont il est amoureux. Et, à partir de ce jour, il prend chez elle, tous les matins, des cours de rattrapage un peu particuliers. A la grande joie de son père qui a eu vent de l'affaire et se félicite de voir son fils se mettre enfin au travail! Un peu plus tard, Philippe rencontre Marlène, une étudiante en architecture passionnée de moto. Avec elle il découvre un autre monde et... l'amour!!! (Source : ciné ressources)
A la base, difficile de faire plus répulsif : prenez l’une des plus grandes stars des comédies nanardes des années 80, le réalisateur de « Prends ta Rolls et va pointer » ou le scénariste des « Bidasses en vadrouille », une affiche immonde et rajoutez y un titre complètement débile et vous êtes à peu prêt sûrs d’obtenir l’une des fine fleurs du pire de la production cinématographique française de l’époque.
Mais ce qui, sur le papier, apparait comme une évidence, l’est finalement, beaucoup moins sur l’écran. Loin d’atteindre des qualités insoupçonnées, le film de Balducci n’est tout de même pas la purge attendue.
Par une véritable volonté de se détacher des débilités éculées qui fleurissent à l’époque, Richard Balducci a décidé de nous proposer un sympathique portrait de la jeunesse de ce début des années 80 et son traditionnel décalage avec l’ancienne génération.
Un effort louable qui se traduit par un film inoffensif, tout à fait regardable qui, sans être d’une finesse folle, se suit sans ennui.
Bon, ne cherchez pas non plus une analyse profonde et subtile du conflit des générations, les clichés ont tout de même la part belle ici, ni une qualité de jeu et de mise en scène au dessus de la moyenne, mais l’initiative permet néanmoins, une certaine indulgence quant au résultat.
C’est l’un des fils Gélin, Manuel, qui incarne le jeune héros au centre de cette histoire d’émancipation adolescente ultra light. Même si il est assez loin du talent de son père, celui qui animera une célèbre émission jeunesse dans les années 90 sur France 2, s’est sort pas trop mal.
Face à lui, c’est l’éternel Jean Lefebvre qui endosse le rôle du père borné qui va vouloir petit à petit retrouver l’affection de son fils. Ici, Lefebvre a enfin (un peu) mis de côté son cabotinage de boulevard habituel pour nous offrir un jeu plus soft qui, sans être exceptionnel, loin de là, n’est pas désagréable.
Autour d’eux, on remarquera les sympathiques présences de Jacques Legras, Denise Grey (toujours géniale), Sabine Paturel, l’éternelle interprète des « Bétises » et même Brigitte Lahaie.
On pourra reprocher une approche assez superficielle et maladroite du sujet (aujourd’hui bien datée) ou une qualité technique plus que moyenne, ce petit film, plutôt méconnu, est loin de la catastrophe à laquelle on pouvait s’attendre.