Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 14:28


Sully, vidangeur de fosses septiques et futur père, est prêt à tout pour assurer l'avenir de son fils. Jasper, modeste épicier, a une qualité primordiale aux yeux de la mafia pour qui il travaille : il est sourd-muet. Parmie Tarzo, chef de la mafia locale, se verrait bien éliminer la concurrence. Tous trois vivent à Staten Island, sous l'ombre écrasante de Manhattan. Leurs chemins vont se croiser, a priori pour le pire... (Résumé : Source : premiere.fr)

Mais qui est James deMonaco ? Avant de réaliser ici son premier film, ce jeune cinéaste a été l’heureux scénariste de quelques bons polars comme « Négociateur » ou le remake de « Assaut » mis en scène par le frenchie, Jean François Richet. Fort d’une expérience supplémentaire en télévision, Demonaco décide donc de passer derrière la caméra en mettant en image un nouveau polar aux influences multiples.

Au delà de l’histoire de ce mafieux qui veut prendre le pouvoir unique sur l’île de Staten Island à New-York, fief de nombreux malfrats, c’est surtout à une intéressante galerie de portraits auquel nous convie le cinéaste. En effet, son intrigue devient rapidement le prétexte à nous présenter trois personnages différents en apparence mais, finalement pas si éloignés que cela.

Suivant un schéma particulier, Demonaco va donc axer ses trois personnages autour d’une histoire finalement assez simple que l’on suivra de trois points de vue différents. Un mode de construction scénaristique déjà vu chez Tarantino dans l’excellent « Jackie Brown ».

On commence donc avec Parmie Rizzo, un petit mafieux en mal de reconnaissance, qui, pour passer de l’ombre à la lumière, va vouloir étendre son territoire. Rapidement trahi par le siens, il n’aura d’autre choix que de rallier une cause écologique de manière personnelle pour passer sous les feux de la rampe.

Parallèlement, dans un second temps, le spectateur va faire connaissance avec Sully. Un jeune éboueur pauvre qui n’aura d’autre choix que de braquer Rizzo pour financer une opération permettant à sa femme d’avoir un enfant génétiquement supérieur. Là encore, c’est à un personnage en mal de reconnaissance auquel nous faisons face, espérant à travers son enfant à venir, devenir quelqu’un de reconnu.

Troisième personnage, celui de Jasper. Un Charcutier sourd, muet et solitaire qui cherche depuis des années à remporter le jackpot aux courses et qui va se retrouver sans qu’il le cherche, au centre de l’histoire. Sorte d’antithèse des deux autres, il préfère lui, rester discret, coute que coute.

Difficile donc d’imbriquer trois histoire en une sans qu’il y ait confusion ou maladresse. Mais Demonaco réussi parfaitement son pari grâce un montage limpide qui rend l’entreprise passionnante malgré l’absence quasi-totale d’action.

Sur un rythme résolument lent, le cinéaste parvient peu à peu à faire monter la tension jusqu’au climax fort et inattendu.

Côté casting, on a droit à une brochette de choix. Tout d’abord, un excellent Vincent d’Onofrio, incarnant à la perfection, ce mafieux pateaux et malheureux, toujours dans les jupes de sa mère.

C’est Ethan Hawke qui se met de la meilleure des façons, dans la peau de cet éboueur écorché vif, toujours sur la corde raide.

Mais c’est Seymour Cassel qui remporte l’adhésion la plus totale dans son rôle à la fois fort et attachant de ce charcutier particulier. Par son simple regard, il partage avec nous des sentiments passant de la soumission à la vengeance.

Ne trouvant aucun financement aux USA, c’est grâce aux français de Why Not et Europa Corp que Demonaco put faire son film en totale liberté. Une chance quand on voit le résultat de ce film noir, intriguant et passionnant.

Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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