Au 18e siècle, le comte Dracula a enlevé une jeune femme dont il a eu un enfant. Dracula Junior a grandi, privé de
l'affection de sa mère, surprise par le soleil alors qu'elle effectuait ses débuts de vampire. Les siècles passant, les temps sont devenus de plus en plus durs pour cette race maudite. Devant le
communisme qui a gagné leur chère Transylvanie, les Dracula émigrent. Croyant son père noyé, Ferdinand Dracula débarque à Paris où il connaît le sort difficile des étrangers. Travaillant comme
veilleur de nuit (et pour cause), dormant le jour dans un cercueil de fortune, Ferdinand a bien du mal à trouver du sang frais à se mettre sous la dent. Cette vie misérable dure jusqu'au jour où
Ferdinand apprend que son père, loin d'avoir péri, est devenu une vedette du cinéma d'épouvante à Londres et qu'il s'apprête à tourner un film à Paris. (Résume : Source : les fiches cinéma)
Christopher Lee et Bernard Menez ou l'improbable rencontre entre le prince des ténèbres et l'un des papes du nanar franchouillard. C'est la surprenante idée qu'a eu le confirmé Edouard Molinaro
en adaptant librement le roman de Claude Klotz, "Paris Vampire" pour cette parodie des films de vampires. Mais là où Roman Polanski avait réussi son pari avec son "Bal des Vampires" grace à un
humour tainté de respect envers les classiques du genre, Molinaro se casse, quant à lui les dents avec ce film bizarroide et raté.
On pourrait penser que l'étrange association des deux (très) différents acteurs soit la cause de cet échec. Et bien non, c'est même ce qui marche le mieux dans ce néant comique.
Christopher Lee s'amusant visiblement à s'auto parodier dans un français plus que parfait, accompagné par un Bernard Menez en grande forme, totalement convainquant dans l'éternel
rôle de looser séducteur qu'il a souvent interprété chez Pascal Thomas et qui lui va comme un gant.
C'est donc au niveau du scénario et de la mise en scène que le bas blesse. On a effectivement connu Edouard Molinaro beaucoup plus inspiré auparavant qui, ici, peine à faire avancer son
histoire.
Très avare de gags, l'intrigue qui se veut au départ, parodique, se dirige rapidement vers la critique sociale bancale. En effet, après des années de tranquillité en Transylvanie, la petite
famille doit émigrer de force à l'arrivée des communistes. Le fils débarquant en France, va devoir faire face au racisme et au rejet des habitants du pays des Droits de l'Homme, l'obligeant à se
réfugier auprès des immigrés maghrébins qui connaissent le même sort que lui. Difficile donc de faire rire avec un sujet comme celui-ci et on sent bien que Molinaro n'arrive pas à choisir
définitivement sa direction. D'autant plus que cette critique, dès les retrouvailles entre le père et le fils survenues, s'efface au profit d'un étrange défi oedipien entre les deux
hommes qui veulent séduire la même femme.
Bref, le film part donc dans tous les sens, soutenant une morale dans laquelle, pour s'intégrer et vivre normalement, il vaut mieux avoir la volonté d'être comme tout le monde, pas
très convainquante.
Ceux qui s'attendait à une véritable comédie seront certainement déçus malgré les multiples tentatives d'un Bernard Menez qui y met pourtant, du sien. Pire, on s'ennuie vite et profondemment, pas
aidés par une photographie sombre et laide.
Molinaro qui nous avait habitué à bien mieux ("Oscar" ou "La Cage aux Folles") reconnait aujourd'hui que ce film n'est pas sa meilleure réussite. On ne peut qu'être d'accord avec
lui.