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Toni Veronese est bien décidé à asseoir son autorité au sein de la pègre. Il lui faut pour cela se débarrasser des frères Perez, dont l'influence grandissante fait de l'ombre à ses affaires. Il
leur livre une guerre sans merci, qui commence par l'attaque de leurs boîtes de nuit et de leurs hôtels de passe. Après quelques morts violentes, les deux clans sont disposés à dialoguer
autrement que par les armes. Au moment où la paix est sur le point d'être signée, deux policiers sont tués à la suite d'un fâcheux concours de circonstances. Cet incident ravive les tensions et
les règlements de comptes reprennent avec plus de violence...(Résumé : Source : programme-tv.com)
Une belle galerie de "Gueules" (Duval, Pellegrin, Périer, Guiomar, Willson et un tout jeune Christophe Lambert tout jeune et encore méconnu), une intrigue classique mais efficace et une
réalisation carrée, voici les ingrédients de cet excellent polar du début des années 80 clairement inspiré du travail du grand Jean Pierre Melville. En effet, le script de Claude Néron prend une
couleur résolument noire avec cette histoire de guerre des gangs qui va tourner au massacre.
Le film débute avec deux intrigues parallèles : l'une qui voit un caid (Duval) défier le milieu parisien sur son propre terrain et devenant rapidement encombrant, l'autre nous présentant un
groupe de jeunes loubards de banlieue commentant sans scrupules, une longue série de hold up.
Deux intrigues qui, au départ, n'ont absolument rien à voir, se déroulant distinctement sans encombre jusqu'au moment où, bien évidemment, elles se rejoindront pour les besoins de
l'intrigue : les jeunes fous furieux étant engagés par le milieu pour éliminer le caid au fameux bar du téléphone.
Avant d'être un thriller de très haute tenue grace à une réalisation efficace, une interprétatioon au couteau et un rythme plus que soutenu, ce film est avant tout, un excellent
portrait d'un milieu vieillissant qui voit émerger une nouvelle génération de malfaiteurs encore plus implacable et dangereuse. Là où les anciens avaient tout de même certaines valeurs, une
certaine classe même, les petits nouveaux ne s'encombrent pas, eux, de quelconques stratégies et foncent dans le tas comme s'ils n'avaient plus rien à perdre. Reflet d'une jeune génération
désabusée, ce groupe, avec à leur tête un dangereux personnage (joué à merveille par Christophe Lambert) fait de la violence son sacerdoce. C'est donc à un intéressant contraste auquel nous
assistons à l'écran avec d'un côté, des anciens qui préfèrent discuter avant d'agir et de l'autre, des jeunes qui s'en prennent directement à l'humain, non sans excès comme en atteste la violente
fusillade du bar du téléphone.
Une approche originale qui place immédiatement ce film parmi les meilleurs du genre dans la droite lignée des classiques noirs des années 50, 60.
Daniel Duval en caid solitaire dégage un charisme impressionnant avec, face à lui les toujours bons, Raymond Pellegrin, Julien Guiomar, George Wilson et François Périer dans le rôle du
commissaire au centre de cette guerre. Côté "jeunes", outre l'excellente interprétation d'un Christophe Lambert complètement habité, on retrouve un Richard Anconina convainquant en obsédé de la
gachette.
Bref, "Le Bar du Téléphone" reste, encore aujourd'hui, un polar indispensable de très haute tenue que les fans su genre se doivent d'avoir vu.