Lundi 20 juillet 2009
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Dix ans ont passé depuis que le Dr. Hannibal Lecter s'est évadé de la
clinique psychiatrique. Libre, après avoir changé d'identité, il a trouvé refuge à Florence, la ville qui sied le mieux à ses goûts cruels et raffinés. Il s'adonne à ses recherches et paraît
avoir effacé ses abominables forfaits. Mais Clarice, n'a rien oublié, la voix glacée de Lecter hante ses rêves ! Mason, la sixième victime, en a gardé un souvenir bien plus cuisant. Et pour
attirer Hannibal il connaît un appât irrésistible : Clarice ! (Résumé : Source : cinemotions.com)
Après le succès international du livre "Le Silence des Agneaux" et de son adaptation sur grand écran,
l'écrivain Thomas Harris se devait d'écrire une seconde suite aux aventures gustatives du célèbre Hannibal Lecter dit le cannibale, ce tueur en série intelligent et ultra cultivé qui aida un
jeune agent du FBI a résoudre une affaire de kidnapping du fin fond de sa cellule avant de prendre la poudre d'escampette.
Prévoyant donc immédiatement une adaptation cinématographique de cette nouvelle suite, Harris l'écrit en songeant déja au casting du long métrage. Persuadé que le grand Anthony Hopkins
ne reprendrait pas son rôle, il fit subir à son personnage une opération de chirurgie esthétique, le rendant méconnaissable. A contrario, il pensait que Jodie Foster reprendrait sans hésitation
son rôle de l'agent Clarice Starling.
Bien évidemment, ce fut le contraire qui se produisit, Hopkins réendossant son costume de sérial killer et Julianne Moore devenant l'agent du FBI à la place de Foster, obligeant
David Mamet et Steven Zaillian en charge de l'adaption, de revoir entièrement l'écriture des personnages.
Force est de constater que cela n'entache en rien à la réussite du film, mené de main de maitre par un Ridley Scott en grande forme qui met en scène cette véritable histoire d'amour improbable
entre deux personnages irrémédiablement attirés l'un vers l'autre, avec une grace certaine.
Après une réalisation très américaine de Jonathan Demme pour "Le Silence des Agneaux", le britannique Ridley Scott choisit, quand à lui, de donner une couleur toute européenne à son film,
épaulé par la superbe photographie de son compatriote John Mathieson. En s'inspirant clairement du cinéma de genre du vieux continent (on est proche du Giallo par moments), Scott
installe rapidement une atmosphère intriguante et brumeuse claire obscure, oscillant contammment entre beauté et laideur profonde, entre bien et mal. Visiblement intrigué voire
admiratif par le caractère de son personnage, le réalisateur préfére se consacrer entièrement à la "légende" du mythique sérial killer, plus qu'à l'intrigue en elle-même. En effet,
même quand il n'apparait pas à l'écran, Lecter reste omniprésent, tel un fantôme hantant tous les esprits et centralisant les intérets de tous : ceux du flic italien qui cherche à
toucher à la récompense pour sa capture, ceux du FBI soudoyé par un riche homme d'affaire, ancienne victime du cannibale qui veut sa mort et enfin, ceux de l'agent Starling qui voue, malgré elle,
une véritable admiration pour le tueur. A travers des références culturelles et religieuses évidentes, Scott en fait donc une sorte d'icone, presque pour mieux expliquer l'attirance
réciproque grandissante entre une Clarice Starling perdue, lachée par sa hierarchie et le tueur humanisé qui la protègera jusqu'au bout, quitte à sacrifier une "partie" de soi.
On l'aura compris, Ridley Scott signe ici une oeuvre romantico horrifique magnifique incarnée à merveille par un grand Anthony Hopkins, une Julianne Moore qui reprend à merveille le
personnage de l'agent Starling, sans oublier un Gary Oldman surprenant et méconnaissable dans la peau de la victime avide de vengeance.
Plus qu'une suite, ce film reste une oeuvre majeure dans la carrière déja riche de l'excellent Ridley Scott.
Je l'ai regardé juste hier et c'est vrai que l'ambiance est vraiment plus européenne.Je trouve "Hannibal" un poil en dessous du "Silence des agneaux" et au même niveau que "dragon rouge"même si ce dernier s'est fait cassé par certains critiques.