Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 12:49

Chargé de la maintenance des systèmes électroniques d'un grand magasin, "G" est renvoyé, car sa distraction est la cause de grandes perturbations... Un accident de voiture le met en "contact" avec Dumoulin, le grand éditeur, qui lui procure un emploi afin qu'il puisse rembourser les dégâts causés à sa voiture. "G" devient un peu l'homme à tout faire de l'entreprise...(Résumé : Source : allocine.fr)

Adapter une BD s'avère être l'un des exercices les plus casses gueules du cinéma. Il suffit de voir la longue liste des ratages pour s'en persuader. Seuls quelques exemples américains ont réussi jusqu'ici à sauver l'ensemble du naufrage intégral grace à des héros justiciers charismatiques comme Batman ou Superman.
En France, cela s'est toujours avéré beaucoup plus compliqué. Avant les énormes succès des aventures "live" de Astérix, les producteurs, conscient des risques, n'avaient jamais mis beaucoup d'ambitions dans les divers projets d'adaptations. Le résultat des passages sur la grande toile des aventures de Tintin ou de Lucky Luke sont là pour s'en convaincre.
Agé d'à peine 22 ans à l'époque, le jeune Paul Boujenah (frère de l'illustre Michel) qui signe ici son premier film, ne se démonte pas devant la difficulté et, grace à la collaboration du comédien Francis Lax, décide de son côté d'adapter les aventures du plus grand gaffeur de la bande dessiné, le mythique Gaston Lagaffe.
Au-dela de la difficulté, il se trouve confronté à un premier handicap de taille avec la non approbation de l'auteur, Franquin, qui, peu convaincu lui-même de la qualité du projet, refuse de collaborer à la mise en image. Au final, il acceptera à contre coeur, l'adaptation unique de certains éléments et gags mais pas des personnages qui devront obligatoirement changer de nom. Gaston devient donc....G, Mademoiselle Jeanne s'appellera Pénélope, etc...
Boujenah illustrera ce refus sous la forme d'un clin d'oeil dans le prologue de son film où on le voit face à une silhouette refusant de cautionner l'adaptation.
Au final, après les 1h20 de visionnage, on ne peut que donner raison à Franquin devant ce résultat affligeant, tellement éloigné de la qualité des albums de l'auteur. Commençons par le casting avec un Roger Mirmont absolument pas convainquant dans la peau de l'illustre gaffeur. Visiblement peu à l'aise avec son personnage, il traverse le long métrage avec une certaine envie d'aller voir ailleurs. Daniel Prevost dans le rôle du son supérieur (Mr Prunelle dans la BD originale) en fait des tonnes, à l'image des innombrables nanars qu'il a tourné. Seule Marie Anne Chazel dans le rôle de Pénélone s'en sort à peu près bien au milieu de personnages secondaires anecdotiques et clairement négligés.
Mais tout ceci n'est rien devant le marasme provoqué par la ratage complet de la mise en image des gags. Oubliant totalement l'univers BD, la réalisation de Boujenah provoque irrémédiablement la chute à plat de tous les moments comiques. On ne peut donc qu'être affligés devant ce résultat qui frise la catastrophe, peinés de voir ridiculisé l'un des personnages les plus illustres de la bande dessinée francophone.
Heureusement presque oublié de nos jours, ce véritable nanar ne mérite pas de sortir de l'anonymat dans lequel il se trouve.

Par exterminator - Publié dans : Comédies - Communauté : ciné-blogs
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