Partager l'article ! Parole de Flic de José Pinheiro 1985: Après le meurtre impuni de sa femme, l'inspecteur Daniel Pratt s'est exilé en Afrique pendant di ...
Après le meurtre impuni de sa femme, l'inspecteur Daniel Pratt s'est exilé en Afrique pendant dix ans. Sa fille, qui
poursuit ses études en France, est assassinée à son tour et Pratt entreprend de la venger. Il découvre au cours de son enquête que les meurtres sont commis par une milice parallèle de
'justiciers'. (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Après plusieurs incursions dans un cinéma plus intimiste ("Un Amour de Swann" et "Notre Histoire" de Bertrand Blier) qui s'avèreront autant d'echecs publics, Alain Delon décide de revenir au
polar pur et dur qui a fait son succès entre les années 70 et 80, faisant, dans le même registre, presque jeu égal avec les énormes cartons de Jean Paul Belmondo. Comme il l'expliquait à
l'époque, il voulait casser net cette image auteurisante qui pointait et refaire tout de suite un film d'action et d'aventures, permettant aux spectateurs de revoir le Delon qu'ils avaient
réellement envie de voir. Il endosse donc à cette occasion le costume de producteur-acteur en nous livrant, avec la complicité de José Pinheiro, un film uniquement centré sur sa personne.
Aucun plan n'échappe à Delon, filmé sous toutes les coutures pour mieux le mettre en valeur que cela en devient rapidement ridicule. Le voir enchainer les séances de musculation pour mieux
constater sa forme physique prête en effet, plus à rire qu'à l'admiration.
Mais tout cela n'est rien devant l'un des scénario les plus stupides de sa carrière, avec un postulat de départ honteusement pompé sur la seconde aventure de l'inspecteur Callahan "Magnum Force"
avec cette milice sous l'ordre d'un flic qui fait régner une justice expéditive. Malheureusement celle-ci va se mettre à travers le chemin d'un Delon caricatural en assassinant par
mégarde sa fille.Et forcément, tel une machine, il va tout écraser sur son passage...
Bref, ceux qui étaient venus chercher une once d'originalité passeront leur chemin, pire ils auront l'occasion de s'offrir un bon moment de fous rires malgré eux, tellement le film recèle de
moments hallucinants qui l'envoient irrémédiablement dans la grande famille du nanar.
A force de vouloir mettre en valeur le "grand" Delon, Pinheiro en fait des tonnes en cadrages et lumières appuyés qui décrédibilisent rapidement l'entreprise. Et cela commence dès les premières
minutes avec ces séquences africaines sans intéret qui nous permettent "d'admirer" un Delon en train de se battre, pêcher, faire du charme...bref, on commence déja à rire devant un tel parti
pris. Le retour en France ne va pas changer la donne, l'omniprésence de Delon ne s'affaiblissant pas, on n'echappera pas à l'indigestion. Ajouté à cela, des dialogues ridicules, des scènes
d'actions faiblardes, une partition ringarde, un casting aux ordres de la star et une intrigue plate et sans surprise, il n'y a pratiquement rien à sauver devant ce festival assez affligeant qui
propulsent les précédents polars de la star, "Pour le Peau d'un Flic" ou "Le Battant" au rang de chefs d'oeuvre. C'est dire...
Parfait pour une soirée thématique entre amis, ce film n'est donc, ni plus ni moins, qu'un énorme nanar qui, à force de vouloir promouvoir la star Delon, la ridiculise sur tous les points. Au
final, on en a presque de la peine.
Je le recommande vivement.
Sabine.