Karen White, une présentatrice TV, fait une pause dans sa carrière à la suite d'un incident traumatisant avec un tueur en
série. La police a pu la sauver en tuant le dangereux individu. Mais Karen est-elle réellement en sécurité ? Sur les conseils du Dr George Waggner, elle rejoindra 'La Colonie', un centre de repos
où vivent toutes sortes d'énergumènes. Ses cauchemars lui rappellent sa rencontre avec le tueur... jusqu'à ce que celui-ci réapparaisse à la pleine lune... (Résumé : Source : cinemovies.fr)
La lycanthropie (ou le mythe du loup-garou) fait partie de ces thêmes fondateurs du cinéma d'épouvante qui, au même titre que le film de vampires, ont alimenté de tous temps, les salles
spécialisées. On se souviendra aisément de films comme "La Nuit de Loup Garou" de Terence Fisher, "Le Loup-Garou" de George Waggner(...) avec Lou Chaney ou plus recemment "Le Loup Garou de
Londres" de John Landis avec la transformation qui reste, encore aujourd'hui, la plus impressionnante jamais filmée. Parmi les classiques du genre, on retrouvera sans conteste également, ce
"Hurlements" du mythique réalisateur des "Gremlins", Joe Dante.
Après un fauché mais néanmoins réussi petit film d'épouvante, "Piranhas", Dante s'attaque donc à cette métaphore de la bestialité de l'être humain et du danger venant de l'extérieur avec un
applomb et une originalité qui feront toute sa singularité.
Le film commence fort avec cette scène immersive dans les bas fonds d'une ville crasseuse où la présentatrice vedette du JT a rendez-vous avec le sérial killer qui l'avait contacté. Dante
installe déja une ambiance malsaine et angoissante montrant un monde "humain" particulièrement peu fréquentable en totale opposition (apparente) avec la "colonie", située en pleine campagne,
sorte de micro société dirigée par un psychiatre où vivent harmonieusement chacun de ses membres.
La comparaison avec une secte lambda serait des plus faciles mais c'est plus à une meute à laquelle nous somme confrontés ici qui, sous l'influence du chef, va accepter, non sans craintes,
l'arrivée de deux nouveaux membres extérieurs et différents de leur monde. Une cohabitation qui va vite d'avérer difficile, où les nouveaux n'auront d'autres choix que d'être "convertis" ou
éliminés. Et il faut bien avouer que Dante a vite choisi son camp, tout du moins avant la dernière partie. Ne présentant jamais le lycanthorpie comme quelque chose de mal, il nous fait aisément
comprendre que cette communauté ne demande qu'à vivre en harmonie et qu'elle ne fait que se défendre face à l'agression extérieure. A contre courant donc de la légende qui assimile le loup garou
au vampire comme un prédateur d'être humains. Ici, en temps normal, ils ne chassent que le gibier pour se nourrir et non pas l'homme.
Malgré un rythme assez lent, Dante parvient rapidement à nous emporter dans une intrigue bien ficelée, ponctuée par un lot de scènes assez marquantes comme celle de la transformation qui, bien
qu'elle soit inférieure à celle du "Loup Garou de Londres" reste impressionnante grace aux fantastiques maquillages de Rob Bottin et à la qualité de la mise en scène de Joe Dante.
La dernière partie où l'instinct de survie animal reprend le dessus est toute aussi réussie avec un final parfaitement maitrisé.
Bref, malgré les années et quelques effets obsolètes, "Hurlements" reste encore aujourd'hui, l'un des films référence du genre difficilement égalable.