JF partagerait appartement. Une petite annonce bien innocente mais qui va transformer la vie d'Allison en cauchemar...
Après sa rupture avec Sam, Allison rencontre enfin une co-locataire idéale : la timide et réservée Hedra. Entre elles naît une solide amitié jusqu'au jour où le petit ami refait surface...
(Résumé : Source : cinemovies.fr)
C'est en 1987 que Barbet Schroeder, réalisateur français d'origine iranienne, fait ses débuts à Hollywood avec l'énigmatique "Barfly" après une carrière déja bien remplie dans nos contrées. Il
suffit de voir sa riche filmographie pour s'en convaincre : "Tricheurs", "Maitresse" ou le mythique "More"... Après l'envoutante rencontre entre Mickey Rourke et Faye Dunaway, il enchaina avec
l'excellent "Mystère Von Bulow" qui assoira sa très bonne réputation caractérisée par un parfait compromis entre un cinéma d'auteur européen et le cinéma de divertissement US.
Et c'est encore sous le signe de cette double identité qu'il signe par la suite, ce thriller de facture classique. Mais là où ce fameux double style s'était avéré auparavant, un avantage
certain, il devient ici un handicap. C'est donc pourquoi, on peut aisément séparer le film en deux parties distinctes et inégales à l'image du personnage de Jennifer Jason Leigh, la
colocataire à double identité.
La première partie, plus proche du style du cinéaste est indéniablement la plus réussie. De la rencontre aux développements de la relation entre les deux jeunes femmes, Schroeder fait mouche en
s'attardant sur chacune d'entre elles, décortiquant à l'extrême leur profil psychologique avec, d'un côté, une jeune et séduisante jeune femme pas si bien dans ses bottes qu'elle veut bien
nous le faire croire et d'un autre, la jeune paumée pas si innocente et timide que cela.
Certes, le rythme de cette première partie est excessivement lent, Schroeder prenant aussi son temps pour poser son intrigue et faire monter doucement mais surement une tension que l'on sent
de plus en plus présente au fil des scènes. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas, impatients de voir comment vont évoluer les caractères et leur relation.
Mais c'est alors que le film bascule malheureusement vers une seconde partie proche de la série B US de base, et d'un film intelligent, on passe à une vulgaire série de rebondissements
invraissemblables qui démolissent tout le travail accompli dans un premier temps. Schroeder laisse littéralement tomber l'évolution de ses personnages pour les balancer dans des scènes toutes
droites sorties d'un mauvais téléfilm du samedi soir qui précipitent le film vers une conclusion grandguignolesque finalement classique et décevante.
On ressort donc frustrés par cette promesse non tenue et un résultat finalement assez banal. Et d'un film qui aurait pû largement se situer au dessus de la moyenne après une première heure
maitrisée et parfaitement écrite, on se retrouve finalement devant un thriller dégageant une désagréable impression de déja-vu.
On se consolera quant même grace à l'excellente interprétation des deux "colocs", Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh, toutes deux simplement parfaites et la superbe photographie de
Luciano Tovoli.
Mais même si le film se laisse regarder jusqu'au bout, il reste tout de même une deception certaine.