Paul, dont la femme vient de mourir dans un accident de voiture, doit faire face à Anne, soeur de la défunte, qui le
croit coupable de la mort de sa soeur. Il est également harcelé par un maître chanteur affirmant avoir toutes les preuves pour l'accuser. Tentant de se débarasser de ce dernier, Paul le trouve
mort. Le piège particulièrement sophistiqué, se referme sur le jeune veuf... (Résumé : Source : premiere.fr).
Etienne Perier fait partie de ces cinéastes méconnus, à la carrière pourtant riche de quelques films assez remarquables, typiques d'une certaine période. En effet, connaissant une vraie
popularité dans les années 70, le cinéma du réalisateur belge nous a apporté quelques très bons long métrages tels que "Un si Joli Village" avec Victor Lanoux et Jean Carmet, "La Main à Couper"
avec Michel Bouquet et Bernard Blier ou "la Part du Feu" avec Michel Piccoli et Claudia Cardinale.
Vous l'aurez compris, c'est sous le signe du polar qu'oeuvre cet intéressant cinéaste, abonné depuis aux films de télévision.
C'est en 1972 que Perier nous offre ce polar à la mi-chemin entre le giallo italien, très en vogue cette année-là et le thriller "Chabrolien". En effet, l'ombre du célèbre Claude plane tout le
long de ce film par une galerie de personnages proche de son univers et par la présence mystérieuse de sa femme Stéphane Audran. Une ombre qui va se matérialiser par l'apparition même
de Chabrol dans le petit rôle d'un controleur de la SNCF.
Tout commence par la mort de la femme d'un notable d'une petite ville. Cet homme qui vit une aventure avec une jeune femme sera rapidement soupçonné par la police mais sans qu'aucune preuve ne
vienne etayer la théorie du meurtre conjugal. L'homme, c'est Jean Claude Brialy, parfait de maitrise et de sobriété qui sera rapidement au coeur d'une manipulation orchestrée par un
intriguant maitre chanteur superbement interprété par un grand Robert Hossein. Une arrivée qui va multiplier habilement les pistes sans jamais perdre le fil de l'intrigue. Le scénario est, en
cela, parfaitement maitrisé.
Pris en tenaille par le personnage de Hossein, Brialy va devoir faire aussi avec l'arrivée de sa belle soeur, presque jumelle avec sa défunte femme (également interprétée par Stephane Audran) qui
l'accuse directement du meurtre de sa soeur et les soupçons du commissaire qui prend les traits ici, d'un Michel Serrault, toujours égal à lui-même.
"Un Meurtre est un Meurtre" avant donc d'être un polar, est avant tout un film de personnages, tellement difficiles à cerner que le doute nous envahit pour chacun d'eux jusqu'à l'ultime minute.
Par une subtile utilisation de certains codes du Giallo (caméra subjectives, travail sur le son...), Perier parvient sans peine à entretenir un suspens qui s'avère soutenu et passionnant malgré
un rythme plutot lent.
Grace à un canevas original qui dénote du polar traditionnel, Perier nous propose ici un très bon film de genre, malheureusement oublié de nos jours.