Le personnage de l'humoriste Reiser, un homme gros, sale, rustre et vulgaire, aborde des passants et leur assène quelques
vérités salaces. (Résumé : Source : premiere.fr)
Avant de devenir un "film", "Gros Dégueulasse" est avant tout l'une des BD les plus célèbre du caricaturiste disparu en 1983, Jean Marc Reiser. Co-Fondateur du journal "Hara-Kiri", Reiser n'a
jamais brillé par sa finesse mais plutôt par un humour très acerbe et critique envers le quotidien de ses semblables. Souvent considéré comme lourd et vulgaire, il aura eu le mérite
de toujours proposer une véritable reflexion sans aucune fioriture et un certain sacarsme à travers des personnages certes peu recommandables mais véhiculants une certaine
réalité.
L'adaptation d'une bande dessinée sur grand écran s'est toujours avéré un exercice ultra périlleux. Il suffit de voir le peu de réussites pour s'en rendre compte.
Ce "Gros Dégueulasse" ne déroge pas à la règle, pire, il représente à coup sûr, le degré zéro du cinéma. Personnage sale, laid et méchant, le film l'est tout autant, sale et laid par une image
immonde et d'une pauvreté confondante, et méchant d'escroquer le spectateur devant ce "divertissement" confondant de bétise et d'ennui à la technique plus que douteuse qui trahit définitivement
l'esprit du dessinateur.
Même si, à la lecture de la bande dessinée, on pouvait prévoir l'enjeu de taillle d'adapter un recueil à priori inadaptable, on reste affligé dès les premières minutes devant cette succession
inepte de saynètes sans aucun liant qui tombent affreusement à plat.
Quid de l'humour acerbe, de la reflexion et de la représentation du mal-être voulue par Reiser, rien ne transparait à l'écran, si ce n'est les déambulations d'un personnage repoussant et
antipathique qui, même s'il nous assène, face caméra, les répliques écrites par Reiser, elles finissent ici littéralement dans le vide.
Si l'inadaptabilité de la BD est certainement en cause avec un univers qui visiblement ne pouvait définitivement pas passer sur grand écran, l'absence totale de mise en scène, la photographie
vomitive et les quelques effets ringards n'arrangent rien. Et ce n'est pas le défilé de belles filles qui eveillera quelconque intéret.
Entouré d'un casting conséquent (Mairesse, Lamotte, Maman Sardou, Laspalès...) mais qui à l'air visiblement de se demander ce qu'il fait là, Maurice Risch qui incarne le "Gros Dégueulasse"
surnage quand à lui dans ce marasme. En effet, dans la peau d'un personnage plus que difficile, l'acteur s'en sort vraiment bien même si ses efforts sont vains devant une telle catastrophe.
Plus qu'un navet, cette "chose" vulgaire et ennuyeuse est définitivement à éviter.