Partager l'article ! Malevil de Christian de Chalonge 1981: Dans la cave du château de Malevil, les conseillers municipaux, réunis autour du maire, Emmanuel ...
Dans la cave du château de Malevil, les conseillers municipaux, réunis autour du maire, Emmanuel, débattent âprement d'un
projet local. Sont présents également Momo, un jeune homme un peu attardé, et sa mère, la servante du domaine. Subitement, la lumière s'éteint, un éclair aveuglant déchire l'obscurité, un vent
apocalyptique se lève et une chaleur insupportable s'abat sur les lieux. Après quelques minutes de terreur, le maire et ses conseillers constatent que leur environnement n'est plus que néant et
désolation. Etant les seuls survivants, ils se tournent instinctivement vers Emmanuel, qui prend la tête du groupe. Peu à peu, ils tentent de s'organiser et de reprendre goût à la vie. Ils
réapprennent ainsi ce que les mots amitié et solidarité veulent dire... (Résumé : Source : mk2)
Le jour d'après à la française...On peut compter sur les doigts d'une main, les films d'anticipation tournés dans notre pays, certainement par manque de moyens, évitant de ce fait de tomber
dans des sous produits qui feraient pâle figure devant leurs homologues américains. Souci que nos voisins, notamment transalpins ne considèraient pas eux comme un handicap en voyant le
nombre de série B voire Z, produites à l'époque sur le thême de l'explosion nucléaire de l'autre côté des Alpes. A la vision de ce "Malevil", on peut certainement affirmer que les
producteurs français ont bien fait de ne pas tomber dans le piège en nous livrant un film qui se positionne parfaitement entre le film Bis et le film d'auteur. Film Bis donc par son thême,
classant le film immédiatement dans la catégorie des fameux post nuke mais la similitude s'arrête là. Point de barbares ringards ici, ni de véhicules futuristes invraisemblables, Christian
de Chalonge a misé sur un certain réalisme au détriment du spectaculaire en suivant l'évolution d'une micro communauté survivante de l'holocauste nucléaire.
Adapté du roman de Robert Merle édité en 1972, le réalisateur en a uniquement repris les personnages et le postulat de départ avec une volonté de reflexion sur le comportement des hommes après
leur retour à l'état sauvage. A ce propos, l'auteur, tellement mécontent de voir son livre à ce point détourné (le fin étant littéralement différente) a décidé de ne pas voir son nom être
associé au film d'où une annotation dans le générique mentionnant uniquement une adaptation très libre du roman.
Après la fameuse explosion, un petit groupe de survivants va donc se regrouper autour du maire d'un petit village promu chef, qui va tenter d'organiser le plus efficacement possible la
gestion des ressources restantes. Situé en pleine campagne, là où la technologie n'a pas encore envahie le quotidien de ses habitants, le scénario appuie la reflexion de savoir comment
l'homme "moderne" survit dans un environnement primitif, privé de tout contact avec un quelconque aspect de la civilisation.
C'est avec l'apparition d'un second groupe de survivants avec à leur tête un chef tyrannique se prenant pour l'élu, que va se dévoiler le véritable aspect de la nature humaine en appuyant
l'hypothèse que, pour survivre, il ne faut par unir nos forces mais éliminer son prochain...
L'homme, même dans les pires circonstances, ne peut s'empecher de rechercher le pouvoir en provoquant d'éternels clivages...Un message que De Chalonge nous fait passer de manière simple et sans
artifices grâce à une galerie d'acteurs admirables que l'on attendait pas forcément dans cet univers : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jacques Villeret ou Jean Louis Trintignant...
Les décors apocalyptiques sont quant à eux impressionnants et totalement réussis, apportant une crédibilité supplémentaire au crédit de ce film au rythme certes très lent mais qui s'avère très
vite passionnant. Malheureusement, "Malevil" reste aujourd'hui une curiosité injustement oubliée.