Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 16:28


Enquêteur de police par passion, Lucien Marguet est muté à la 11è Division de la PJ, section "Stupéfiants". Planques, filatures et interpellations s'enchainent avec ses nouveaux collègues, toujours suivies de procédures judiciaires laborieuses et dérisoires. Il faudra beaucoup de courage à ces jeunes flics pour ne pas céder au renoncement. (Résumé : Source : cinefil.com).

Aussi bien cinéaste de divertissement (La Fille de D'Artagnan...) que cinéaste social (Ca Commence Aujourd'hui...), Bertrand Tavernier s'est toujours attaché à traiter des sujets sensibles à travers de véritables réquisitoires. Parmi les plus violents, il y a ce "L.627", véritable portrait acerbe de la police des stups à Paris au début des années 90. Concerné par le sujet  à travers son fils, Nils (acteur dans le film) qui fut toxicomane à un moment, c'est sa rencontre avec Michel Alexandre, co-scénariste et ancien flic, qui l'inscite à aborder la réalité d'une police à l'opposé de ce que les fictions nous montrent habituellement.
"L.627", c'est un article du code de la santé publique qui réprime toutes les infractions liées à la détention, au trafic, à la consommation de stupéfiants, c'est à dire tout ce qui couvre les activités de cette brigade. Dès l'écriture du scénario, Tavernier et Alexandre se sont attachés à peindre un portrait le plus réaliste possible, loin des clichés habituels des films policiers. Une volonté qui se ressentira jusqu'à la mise en scène, proche du documentaire avec de nombreuses utilisations de la steady-cam, donnant une réelle sensation d'immersion dans l'action.
Une réalité choc où l'on s'aperçoit très vite que ce service public est complètement délaissé par les institutions, victime d'un manque de moyens flagrant où végètent des fonctionnaires désabusés mais aussi des policiers motivés qui se battent quotidiennement pour de pas lacher, ne pas renoncer devant l'oubli de leurs responsables. Tavernier ne fait aucune concession et ne se prive pas pour nous rappeller à chaque instant, les difficultés de travail de cette brigade : Algeco, vieilles machines à écrire, véhicules obsolètes, insalubrité des locaux, aberrations des procédures administratives et j'en passe...
Chez Tavernier le métier de policier, c'est une véritable vocation où ce ne sont pas toujours les meilleurs qui réussissent. Il ne se gêne pas pour expliquer clairement qu'il ne suffit pas d'être le plus compétent pour être promu mais le plus ancien. Certains attendent clairement que le temps passe en remplissant de temps à autre les statistiques (le personnage de Jean Paul Comart dans le film), d'autres, en bas de l'échelle, essaient simplement de faire leur boulot, obligés de flirter en permanence avec l'illégalité. (Admirable personnage central incarné de Didier Bezace).
Tavernier "nourrit" son brulôt d'une formidable galerie de personnages décrivant chacun à leur façon, les frustrations, les malaises et les dysfonctionnements d'une institution en décrépitude. Entre le flic feignant un peu porté sur la bouteille (inattendu Jean Roger Milo), le jeune flic déja désabusé (Nils Tavernier) et ceux déja cités, une seule femme (formidable Charlotte Kadi) parvient à s'imposer dans ce monde d'hommes, amenant une lueur d'optimisme et de charme dans cet univers sombre et glauque.
C'est malgré tout le malaise qui surgit à chaque détour, tellement effarés par une réalité pas très belle à voir mais que l'on se doit de savoir. Tavernier reussit donc un docu-film admirable, balayant sans hésitation et sans concession, tous les clichés connus. Entre violence et réalité alarmante, ce film se doit d'être vu par tous.


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Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Planète Cinéphile
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