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Au XXIe siècle, l'Omni Consumer Products (OCP), une multinationale, contrôle la police de Detroit, qui doit faire face à
une criminalité sans cesse croissante : en moins d'un ans, 31 policiers ont été tués pendant leur service. La situation est telle que les technocrates de l'OCP envisagent sérieusement de faire
appel à des robots pour assurer la sécurité publique. Deux conceptions s'opposent alors : celle de Jones, qui a conçu le ED209, un monstre d'acier bardé d'électronique, et celle de Leon, partisan
du programme Robocop, mi-homme, mi-robot. Ce dernier projet l'emporte et Alex Murphy, un jeune policier assassiné par des truands, devient le Robocop. (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Plus de 20 ans...Et oui, cela fait déja plus de 20 ans que le fantasque Paul Verhoeven a réalisé ce fantastique récit d'anticipation qui nous offrait une reflexion d'une extrême justesse sur les
dérives financières, médiatiques et sécuritaires auquelles nous avons droit aujourd'hui. Plus qu'un excellent film d'action, "Robocop" est avant tout un brûlot cinématographique dénonçant
intelligemment l'omnipuissance des grandes sociétés qui sont en passe de surpasser tout pouvoir politique, illustrée ici par la main mise du cartel OCP sur la quoditien des habitants de Détroit.
En effet, les services publics ont été privatisés à l'image de la police qui vient de passer sous le joug de cette multinationale. Pour rentabiliser ce nouvel investissement, l'OCP se doit
d'alimenter la criminalité pour mieux vendre ses nouveaux projets de cyber police. Parmi eux, le superflic "Robocop", fruit d'une expérience sur un ancien flic décédé en mission.
Le parallèle avec ce qui se passe plus de 20 ans après devient donc une évidence. A force de libéralisme et de mondialisation, notre société va tout droit dans la direction que Verhoeven
avait décrit au travers de cette fiction pas si surréaliste que ça.
Le film commence fort, par un faux bulletin d'infos où la banalisation des nouvelles est interrompue par des spots pubs invraissemblables. Ce qui était pour certains inimaginable est,
malheureusement, devenu une réalité incarnée par un pseudo journalisme avide de sensations fortes, quitte à détourner la réalité.
Au dela du divertissement, la suite n'est que l'illustration de ce qui se passe quotidiennement dans notre monde. Une course déshumanisée à la survie où chacun doit se sortir par n'importe quel
moyen. C'est une jungle, comme le répètent plusieurs intervenants. Une déshumanisation telle que seule cette "machine" mi-homme, mi-robot qui a connu une seconde naissance (Verhoeven
qualifiant son personnage de Jesus Christ des temps modernes) est encore capable de connaitre des sentiments, se battant contre des ordres qu'on lui a programmé tel un mouton qui a
décidé de ne plus suivre le chemin qu'on lui dicte. En cela, "Robocop" est un grand appel à la rebellion.
D'un point de vue formel, la réalisation est d'une efficacité et d'une violence toujours aussi redoutables. Comme à son habitude, aucune fioriture à l'écran, Verhoeven enchaine les séquences
chocs avec une immense inventivité. Seuls quelques effets spéciaux datent le film comme certaines maquettes, incrustations ou l'animation du balourd ED 209. Mais rien qui n'handicape un message
fort qui a fait et fera toujours date dans l'histoire du cinéma fantastique.