Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 13:45

 

Le docteur Phibes, célèbre organiste, est rongé par la douleur depuis la mort prématurée de sa jeune épouse, décédée lors d'une intervention chirurgicale. Phibes lui-même est considéré comme mort, ayant eu un grave accident de voiture alors qu'il se rendait à l'hôpital où était opérée sa femme. Brûlé vif, il n'a plus l'usage de la parole et dissimule son visage derrière un masque. Caché dans une immense demeure, il prépare depuis des années sa vengeance envers les médecins qui n'ont pas réussi à sauver son épouse. Se servant de la Bible et plus particulièrement des Dix Plaies d'Egypte, il va orchestrer des meurtres monstrueux et assassiner un à un les médecins. La police enquête mais ne parvient pas à localiser le coupable. Et les morts continuent de s'accumuler... (Résumé : Source : Horreur.com)

Premier plan : un homme en cape cagoulée, filmé de dos, joue de l'orgue dans un environnement art déco ultra stylisé, accompagné par un orchestre de pantins à l'allure humaine. Fuest plante immédiatement le décor de ce mythique récit de vengeance baroque mené par un symbole du cinéma d'épouvante : le légendaire Vincent Price. Il incarne ce docteur meurtri par la mort de sa femme, tenant les neuf médecins qui l'ont soignée pour responsables de sa disparition et décidé de la venger.
Un scénario simple et linéaire, le docteur tuant ses victimes une par une suivant une certaine logique, mais qui va se revéler plein de bonnes surprises. Cela commence par l'idée de faire appliquer par le docteur dans le cadre de sa vengeance, les fléaux inspirés de l'Ancien Testament destinés aux pharaons. D'où une succession de meurtres variés et originaux, tous plus sadiques les uns que les autres, commis par le Dr Phibes pendant que son assistante joue du violon à ses côtés. Une symbolique baroque appuyée qui cohabite avec un humour totalement british. En effet, face aux froids méfaits du docteur, on retrouve un enquêteur de Scotland Yard, obstiné et un peu gaffeur qui va suivre petit à petit les traces du dangereux docteur. Mais là où le film réussit d'être à la fois original, passionant voire même inquiétant à travers la vengeance du docteur, il est d'un autre côté, beaucoup plus laborieux dans son axe policier. Les ficelles de l'enquête étant assez grosses, on est malheureusement peu surpris par le déroulement de l'intrigue, plus impatient à voir le docteur commettre un nouveau meurtre que de savoir comment la police va le retrouver.
Heureusement, cette faiblesse est compensée par la présence charismatique du grand Vincent Price qui, malgré un rôle quasi-muet, impressionne à chacune de ses apparitions, créant une atmosphère toute particulière. Il est évident que son personnage a inspiré le "Phantom of the Paradise" de De Palma, tant on retrouve des similitudes entre Anton Phibes et Winslow Leach. De toutes évidences, d'autres ont été sensibles au personnage et à ses méfaits. En effet, comment ne pas penser à "Saw" devant  cette vengeance et le sadisme des meurtres du docteur. Il suffit de voir celui du bal masqué...
Autour de Vincent Price, on retrouve un acteur anglais habitué des bisseries italiennes, le sympathique Joseph Cotten et, plus original, on reconnaitra parmi les docteurs victimes, l'acteur Terry Thomas, le fameux "Big Moustache" de "la Grande Vadrouille".
Par un superbe final, ce film d'épouvante aux forts accents british nous laisse définitivement une excellente impression, savoureux mélange d'humour et de folie baroque.

Par exterminator - Publié dans : Horreur - Communauté : Horrorkult.com
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