Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 12:01

Maurice, un gars de Ménilmontant, revoit les évènements marquants de sa vie, des années 30 à 55 : son enfance, les conflits politiques de ses parents, les habitants de son quartier, sa rencontre avec Alain Bombard et son goût pour l'aventure qui en résulta, ses débuts dans la vie active, son mariage... Un constat optimiste. (Résumé: Source : cinemotions.com)

Jusqu'alors réalisateur de documentaires mais aussi écrivain, Gérard Mordillat passe à la réalisation de long métrages de fiction avec cette adaptation de l'un de ses livres eponyme. Pourquoi avoir choisi celui-ci ? Simplement parce qu'il raconte la vie de son auteur. Quoi de mieux pour entrer dans la grande famille du cinéma que de signer un CV en forme de film...Un luxe qui peut s'avérer risqué. Raconter sa vie, par un certain manque de recul, peut facilement ennuyer les autres. Sauf que la vie de Mordillat est loin de l'être. Fils de communistes invétérés, il pose tout de suite la question de l'influence parentale dans notre éducation sociale. Une reflexion interressante sur ce qui s'avère être finalement un enfermement qu'il est difficile d'occulter. Au dela de cela, "Vive la Sociale" est avant tout une sympathique comédie au ton résolument léger où Mordillat, loin d'être tourné sur lui-même, se plait visiblement à nous faire partager les moments essentiels de sa vie. Il suffit de quelques secondes pour s'en apercevoir en découvrant "son" personnage incarné par un excellent François Cluzet, directement s'adresser au spectateur.
De sa jeune enfance, où il tente déja de s'échapper à la vie qui l'attend...en bateau pneumatique,  à la rencontre de l'amour de sa vie, le réalisateur avance tranquillement sur le fil de sa vie avec un certain humour et un ton résolument joyeux comme en témoignent les quelques "numéros" musicaux qui jalonnent le film. Et tous ces moments qui peuvent, de premier abord, paraitre communs, Mordillat nous les narre de manière à ce que chacun s'y reconnaisse quelque part, et toujours d'un point de vue optimiste. Un choix qui détonne dans un cinéma français trop souvent tourné vers l'errance et qui fait énormément de bien.
Certes, le tout ne réserve pas fondamentalement de surprises, mais cette image résolument souriante, nous fait traverser le film avec un plaisir certain et un attachement profond à des personnages ultra sympathiques. A commencer par Cluzet lui-même mais aussi la sublime Elizabeth Bourgine et son meilleur pote incarné par Robin Renucci. Suit une belle galerie emmené par un Yves Robert hillarant, tellement habité par son rôle de communiste plus que convaincu et sa "femme" Judith Magre.
Que les choses soient dures ou pas, Mordillat a pris définitivement le choix de le prendre avec le sourire en nous faisant comprendre que, finalement, la vie est une fête.
Par exterminator - Publié dans : Comédies
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