Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /2009 11:01

Le commissaire Betti a perdu son frère au cours d’un hold-up meurtrier. Endurci par ce drame, il tente de mener un combat exemplaire contre le crime. Cependant, peu de jours après, un jeune homme est abattu dans un autobus, en plein centre ville. Cet événement ravive son traumatisme. Désireux de châtier les coupables sans délais, les méthodes expéditives de Betti finissent par lui coûter son poste. Renvoyé de la police, il rejoint un comité de citoyens-justiciers désireux, tout comme lui, d’en découdre avec l’impunité dont jouissent les criminels. (Résumé : Source : wikipedia)

En ce milieu des années 70, l'insécurité et la délinquance règnent dans les grandes villes italiennes. Entre mafia et brigades armées, les fameuse brigades rouges, les pouvoirs politiques et la police restent impuissants devant un tel déferlement de violence, ces fameuses "années de plombs" marquant une étape importante dans l'histoire de la société italienne. En effet, à cette époque, l'Italie est marquée par une forte recession accompagnée d'une faillite politique conséquente qui ne se s'appaisera réellement qu'au début des années 80.
L'opportuniste cinéma populaire italien ne pouvait pas passer à côté de cet état de fait de société, rajouté à cela l'énorme succès de l'autre côté des Alpes des aventures de l'inspecteur Harry Callahan incarné par Clint Eastwood, on verra naitre un nouveau genre, le fameux "poliziesco", surfant sur ce sentiment d'insécurité, mettant en scène, la plus part du temps, un flic marginal décidé à faire régner l'ordre au dessus des lois.
Parmi les nombreuses productions qui verront le jour, ce "Roma Violenta" fait parti, encore aujourd'hui, des pierres angulaires du genre.
Enorme succès en Italie, ce film est d'une efficacité redoutable. Partant d'un script classique qui voit le héros policier personnellement investit à faire le ménage dans les rues après la mort brutale de son frère, le film enchaine de manière quasi ininterrompue les scènes d'action, faisant passer les 1h25 du métrage, à une vitesse folle.
Du point de vue la forme, le film se situe donc largement au dessus de la moyenne par une réalisation très nerveuse de Girolami, qui signe ici le film sous le pseudo de Franco Martinelli et qui s'avère être le père d'un autre réalisateur de genre italien, Enzo G Castellari. On notera une des scènes de poursuite automobile les plus halletantes de la production, presque un modèle qui n'a rien à envier aux productions US.
Mené par le regretté Maurizio Merli dont c'est l'un de ses premiers films, le film contient son lot de "Gueules" habituées du genre : Ray Lovelock, John Steiner et Richard Conte, le "Barzini" du "Parrain" de Coppola.
Du côté du fond, le film est beaucoup plus contestable. A la limite d'être réac, le film bascule du poliziesco classique vers le "vigilante flick" assumé, pronant ouvertement l'auto-justice dès lors où, devant l'impuissance de la police, le personnage de Merli rejoint une milice qui décide d'aller taper du déliquant dès la nuit tombée. Là où Lenzi frôle souvent la limite dans ses films, Girolami joue, lui, la carte à fond en assumant pleinement la carte de l'auto-justice et ce n'est pas le timide discours final de Ray Lovelock qui nous fera changer d'avis.
Bref, malgré un positionnement discutable, "Roma Violenta" reste, quand même, un grand classique du genre.

Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller - Communauté : Cinéculte
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