Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 19:52

John Shaft est un détective privé noir américain hors norme. Il est cool mais implacable et téméraire. Il marche seul et ne fait confiance à personne. Shaft est engagé par un parrain de Harlem pour retrouver sa fille kidnappée par la mafia. Menée sous l'œil attentif des flics, l'enquête se révèle nettement moins simple que prévu; Shaft se retrouve alors plongé dans l'univers underground newyorkais où la violence est la seule issue...  (Résumé : Source : cinémotions.com)

En ce début des années 70, le cinéma américain a son lot habituel de stars : Paul Newman, Steve McQueen, Henry Fonda et j'en passe....mais depuis quelques années, un acteur de couleur a réussi à s'immiscer parmi eux grace notamment à son interprétation dans "Devine qui vient Diner" et "Dans la Chaleur de la Nuit", c'est l'excellent Sydney Poitier, mais il est le seul à exister parmi une troupe entière d'acteurs blancs. Et encore, ses rôles sont écrits par des blancs et il est dirigé par des blancs. La communauté noire n'a donc d'autre choix que de s'en contenter, jusqu'à ce que débarque un petit film indépendant réalisé par Melvin Van Peebles, le désormais mythique : "Sweet Sweetback's Baadasssss Song". Produit de manière quasi artisanale, ce film connaitra un succès sans précédent dans la communauté black, ce qui, forcément, va eveiller la curiosité des producteurs hollywoodiens, découvrant le potentiel commercial que d'autres productions du genre peuvent apporter.
C'est alors que la MGM décide de donner sa chance au réalisateur Gordon Parks en lui confiant la réalisation d'un scénario qui était initialement prévu pour être interpreté par un blanc.
Le casting s'engage pour trouver le nouveau héros black, Isaac Hayes s'étant lui-même présenté mais finalement choisi pour composer l'inoubliable partition musicale de ce "Shaft", c'est Richard Roundtree qui sera finalement retenu pour incarner ce detective à la cool attitude.
Disposant d'un budget assez confortable pour l'époque, Gordon Parks signe un polar classique, très axé sur son personnage central qui va se retrouver pris au milieu d'une guerre de gangs blancs et black. Même si Roundtree assure et dégage un charisme certain, le film pêche un peu par son déroulement sans surprises et son rythme assez lent, plombé les diverses "aventures" du coooool Shaft. En effet, l'intrigue avance doucement, de manière prévisible jusqu'au final qui s'avère assez réussi.
Premier film d'une trilogie, cet opus ne s'avère pas être le meilleur (le suivant étant plus intéressant)  ce qui n'empêchera pas le film de connaitre un énorme succès, lançant avec le film de Van Peebles, un genre à part entière, la blaxploitation qui nous livrera quelques perles (Superfly, Foxy Brown...) et quelques acteurs mythiques tels Fred Williamson ou Pam Grier.
Même si ce film ne révolutionne pas le cinéma, il aura eu le mérite de donner une place méritée à toute une génération d'artistes, permettant à la communauté black, fortement discriminée à cette époque, d'exister et de s'exprimer à travers le cinéma.
Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller - Communauté : Planète Cinéphile
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