Partager l'article ! Petits Meurtres entre Amis de Danny Boyle 1994: À la recherche du colocataire idéal, trois amis font passer un examen d'ent ...
À la recherche du colocataire idéal, trois amis font passer un examen d'entrée très strict à bon nombre de postulants
jusqu'à ce qu'ils découvrent la perle rare en la personne de Hugo. Celui-ci se révèle tellement discret qu'il meurt en silence, enfermé dans sa chambre, quelques heures seulement après avoir
emménagé. Avec le corps se trouve une valise pleine de billets qui va rapidement avoir raison d'une longue amitié. (Résumé : Source : commeaucinema.com)
On pensait le temps des cinéastes à la fois inspirés et touches à tout, révolu. En effet, depuis presque 20 ans, les réalisateurs ne sortent plus trop d'une case dans laquelle ils se
sentent bien, prenant pour l'occasion, un minimum de risques, preuve aussi d'un manque manifeste de remise en question de la génération en activité. Heureusement, il reste quelques
exceptions qui ont décidé de marcher sur les traces des artisants d'un cinéma de genre éclectique, qui a tant fait le bonheur de millions de spectateurs par le passé, amateurs d'un septième
art un peu en marge.
Et Danny Boyle fait partie de cette catégorie de cinéastes ambitieux et audacieux, décidés à explorer toutes les facettes du cinéma de genre. "Trainspotting", "Sunshine", "28 jours après", "Une
Vie moins Ordinaire"....autant de films très différents et tout autant surprenants marquant une carrière déja riche de nouvelles expériences cinématographiques.
Il fallait bien un point de départ à cette carrière et c'est avec ce thriller à petit budget, réalisé avec grand talent que Danny Boyle allait se lancer.
A priori, il y avait peu de chances pour ce "petit" film écossais d'arriver sur nos écrans mais dès les premières minutes, on comprends vite que l'on est pas devant une énième série B de
base, mais devant un métrage déja ultra maitrisé dans son écriture, sa mise en scène energique dès le générique speedé au son d'un morceau de Leftfield, et son ton résolument
tourné vers un humour noir très prononcé, so british.
Ce portrait acerbe d'une amitié pourtant solide est toujours aussi admirable presque 15 ans après grâce à une vraie volonté du cinéaste de ne pas intellectualiser à outrance son propos mais
d'explorer à fond le territoire d'un ton à la fois décalé et percutant, presque dérangeant tellement Boyle pousse le cynisme assez loin. Un cynisme qui basculera vers une violence assez dure qui
ne peut laisser indifférent dès lors que les trois amis se déchirent pour s'emparer des billets. Trois personnages complètement différents à la base mais au final, tous aussi barrés les uns que
les autres. D'un tout jeune Ewan Mc Gregor un peu dingue, à la calculatrice Kerry Fox en passant par le comptable pas si coincé que cela interprété par l'excellent Christopher Eccleston, ils
forment un trio d'acteurs à la performance mémorable.
Bref, ce premier film s'avère toujours un coup de maitre pour un réalisateur récompensé récemment par un Oscar pour son "Slumdog Millionnaire", qui promettait beaucoup et qui n'a presque jamais
deçu.