Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 18:25



Avocat de son métier, Franck Galvin a failli être radié du barreau, il y a quelques années, pour une affaire qui a mal tourné. Professionnellement, il est fini. Il est même devenu un peu alcoolique... C'est à ce moment-là que son vieil ami et ancien partenaire, Mickey Morrissey, lui apporte une affaire cousue main, où Galvin ne pourra pas perdre parce que l'injustice est trop flagrante. En effet, à la suite d'une erreur d'anesthésie, Deborah Ann Kaye, entrée à l'hôpital Sainte-Catherine pour y accoucher, a sombré dans un profond coma. Totalement bouleversés, sa soeur et son beau-frère, qui ne cherchent pas à incriminer la clinique, veulent seulement une indemnisation...  (résumé : Source : cinemovies.fr)

Personne, encore de nos jours, n'a pu oublier le premier film de Sidney Lumet, l'illustrissime "12 Hommes en Colère", un huis-clos étouffant où l'on assiste à la longue délibération d'un jury lors d'un procès difficile. 25 ans après, Lumet retourne au tribunal pour nous offrir un film plus classique mais néanmoins fort réussi.
Basé sur un livre de Barry Reed et une adaptation de David Mamet, l'histoire sur le papier est, somme toute, assez basique. Un avocat sur la pente très descendante accepte de plaider ce qui pourrait être sa dernière affaire, se battant contre une institution religieuse et un cador du barreau particulièrement obstiné et manipulateur.
Réalisé par n'importe quel tacheron d'Hollywood, ce scénario aurait pu nous donner un film plus que quelconque mais heureusement, Lumet a le grand talent de souvent sublimer ce qu'il filme.
Tout d'abord, parce qu'il prend le parti de dresser un superbe portrait d'avocat sur le déclin, victime d'une accumulation d'affaires perdues et d'une magouille judiciaire,  dans une première partie où nous suivons ce personnage à la dérive dans une succession de scènes sans dialogues où l'homme est absolument seul. Cette solitude qui va le pousser à porter devant le tribunal, une dernière affaire particulièrement casse gueule, qui pourrait le faire revenir sur le devant de la scène. Et malgré la désaprobation de son dernier ami et même de ses "clients", il se décide à se jeter dans ce qui pourrait donner un dernier sens à sa vie mais qui pourrait aussi le condamner définitivement. Il est seul, il se battra seul contre tous.
Sans aucun effet de style, Lumet parvient rapidement à nous immerger dans cette histoire en apportant un aspect thriller discret et parfaitement intégré à son entreprise. Dès lors que la machine est lancée, la pression ne fait qu'aller crescendo avec son lot de d'obstacles qui sont autant de rebondissements et même si le rythme est assez lent, on ne s'ennuie pas une seconde à suivre le déroulement de cette partie d'echecs au dénouement sans surprise.
Louons aussi la performance de Paul Newman dans une prestation qui aurait pû mériter l'Oscar et qui domine le film de bout en bout, épaulé par l'apparition envoutante et pleine de surprises d'une Charlotte Rampling toujours aussi mystérieuse. Sans oublier l'éternel mais toujours excellent second couteau Jack Warden et un James Mason dans l'un de ses derniers rôle, magistral en avocat de la défense.
Même si ce film ne révolutionne pas le genre comme l'a pu faire ses "12 hommes en Colère", ce "Verdict" reste néanmoins passionnant à suivre.

Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller - Communauté : Planète Cinéphile
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