Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /2008 17:30


C'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière.
Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais... Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film.
Vous pouvez penser qu'ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour eux, ce sont les plus importants du monde.  (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Dès l'annonce du projet de Klapish, beaucoup se sont réjouis à l'idée, qu'enfin un cinéaste allant retranscrire de la manière la plus réaliste possible, la nature et l'âme de notre capitale. Jusqu'alors, nous n'étions pas bien gatés. Entre, d'un côté, des visions totalement ringardes qui relèvent de clichés des plus éhontés dont nous abreuvent régulièrement nos amis d'outre-Atlantique avec, pour généraliser et sans trop exégagérer, Paris et son accordéon, son français moyen, toujours habillé comme dans les années 50 et ses automobiles qui se résument souvent aux 2CV et de l'autre, une image parisiano-parisienne qui se limite à ses bobos déprimants entre Montmartre et le Marais, le tableau n'était pas très folichon et surtout par très représentatif d'une ville socialement éclectique et multi-culturelle.
Bref, à la lecture du pitch de Klapisch, il y avait de quoi se rassurer. L'idée de nous proposer un film choral était certainement la meilleure des façons pour retranscrire parfaitement les multiplicités qui font cette ville. Ajouté à cela, l'amour sans faille que porte le réalisateur à notre capitale, il n'y avait, à priori aucun souci à se faire.
Et bien, il faut bien avouer que le résultat est bien en dessous de nos espérances malgré une très bonne bande annonce.
Ce qui se voulait être un film rassemblant toutes les personnalités de la ville pour ne faire qu'un, n'est au final, qu'un fourre tout inégal pas de tout attachant. En effet, le problème numéro un de ce métrage, c'est ce qui devait faire sa force : ses personnages. Certes, Klapisch nous sert un panel assez complet, à défaut d'être incontestable des habitants de la capitale mais tout ces gens ne sont ni porteurs, ni attachants. Presques froids et surtout tristes, quasiment aucun d'entre eux ne donne envie de s'y intéresser. A commencer par un Romain Duris beaucoup trop présent dans une intrigue qui ne le nécessite pas. Sorte de fil rouge par défaut, son personnage n'apporte pas grand chose et ennuie plus qu'il n'interpelle jusqu'à la séquence finale qui frise le ridicule. Certains diront que "froids" et "tristes" sont deux adjectifs qui caractérisent bien les habitants de Paris. Même si dans le fond, ce n'est pas forcément faux, on aurait été en droit d'attendre quelque chose de plus pour s'intéresser un minimum à ses gens. Il en est de même pour ce pauvre Luchini, triste prof de fac qui fantasme sur l'une de ses élèves, ravissante idiote , interprétée par l'agassante Mélanie Laurent, qui s'en amusera au détriment de ce prof perdu dans une vie triste, elle aussi.
Certes la vie n'est pas rose, mais ici tout le monde frise le sinistre même si chacun, n'a pas le droit au même traitement que les autres. En effet, à cause d'une volonté de brasser large, Klapisch néglige un certain nombre de ses personnages. Qui se souviendra de l'apport des personnage de Cluzet, Dupontel, Lellouche, Viard....au propos? Pas grand monde, tellement sous exploités pour certains, et tellement pas à leur place (Dupontel, Viard) pour les autres.
Que dire des thêmes de l'immigration clandestine et de l'intégration qu'a tenté maladroitement d'aborder Klapisch sans des séquences qui s'intègrent très mal dans cette déprime ambiante ou des séquences bêtes et invraisemblables comme la longue séquence de Rungis.....
Et Juliette Binoche me direz vous ? Bien qu'elle ne dégage, elle non plus, une joie de vivre à vous remonter le moral, c'est tout même la seule satisfaction de ce film. La seule à réussir à dégager une réelle émotion tout en gardant un charme intact. Bref, la seule vers laquelle on aimerai aller tendre une main.
Pour le reste entre ennui et désintéret total, il nous est donc difficile de se plonger totalement dans ce portrait repoussant qui a, certes, le mérite de ne pas édulcorer les choses mais aurait mérité un traitement plus structuré, mieux écrit et surtout, un minimum attachant.
Dommage car Klapisch se plante là où il avait totalement réussi dans "L'Auberge Espagnole" en peignant avec beaucoup de fraicheur, un autre panel, autrement plus intéressant et attachant celui-là.

Par exterminator - Publié dans : Drame - Communauté : Vos articles nous intéresse !
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