Dans deux affaires criminelles, le juge Steven Harlin est contraint de prononcer le non-lieu. Après le crime d'un enfant, il confie ses craintes, devant l'impuissance de la justice, au juge
Caulfield. Celui-ci, aidé de sept magistrats, a crée un tribunal La chambre étoilée qui s'occupe du sort des meurtriers acquittés par la justice. (Résumé : Source :
cinemotions.com)
Le cinéma populaire indépendant a toujours servi de baromètre pour les majors à l'affut des nouvelles modes et tendences cinématographiques, leur assurant un minimum de risques et un succès
promis. A l'époque, le "Vigilante Flick" est un genre prolifique dans ce cinéma populaire US depuis l'énorme succès d' "Un Justicier dans la Ville" pronant l'usage d'une justice expéditive
devant les carences du systême pénal américain. Une longue liste de films de ce genre s'est donc rapidement allongée après ce succès, avec, à chaque fois, un parti pris prononcé pour cette
application très personnnelle des lois, jouant sur nos plus bas instincts vindicatifs. Avec un sujet aussi délicat, les majors ont mis du temps à s'y essayer et certainement pas avec la même
conviction. Trop risqué par des studios qui cherchent forcément à fédérer plus qu'à diviser.
C'est donc sur ce climat que la Fox nous propose un film surfant sur cette mouvance d'auto-défense. Mais là où l'on avait l'habitude de voir un citoyen lambda ou un flic impuissant appliquer sa
propre justice, c'est ici un groupe de juges qui se réunissent pour rendre un verdict et une sentence implacables. Les mêmes juges qui avaient relaxés ces criminels, impuissants
devant des vices de procédures et des avocats particulièrement zélés et compétents. Face à la justice "officielle", ils n'ont donc d'autres choix que d'appliquer des textes et des
lois bourrés de failles que la défense s'empresse de détourner.
Le script nous amène de manière classique mais plaisante à ce cercle de juges "justiciers" à travers le portrait d'un autre juge qui, lui, croit toujours à cette justice qu'il avait appris
sur les bancs de sa fac de Droit, appliquant les textes à la lettre, au dela de toute raison humaine. Mais cette application stricte le verra relaxer sur 2 affaires distinctes, à cause de
procédures bancales, plusieurs criminels que tout accusent. Peu à peu perdu dans ses convictions, il est finalement amener, à "basculer" vers ce fameux cercle.
Hyams, en habitué du genre, capte rapidement notre intéret avec une mise en place et un portrait juste de ce juge, partageant avec lui, ses doutes et son sentiment d'impuissance devant cette
justice pas si infaillible. Interprété par un excellent Michael Douglas, le personnage de ce juge dessine parfaitement les contours d'une conscience collective, hésitante entre laisser la loi
s'appliquer avec les risques que cela comporte, ou se faire justice soi-même avec les conséquences que cela implique.
Si le personnage de Douglas choisi un temps d'appliquer cette justice expéditive, il se rendra vite compte qu'elle ne vaut pas mieux que les agissements des criminels qu'elle vise. Une bonne
conscience dont le genre ne nous avait pas du tout habitué auparavant. Mais là où l'on aurait pu craindre une certaine lourdeur avec l'etalage d'une morale pesante, Hyams représente ce refus de
l'auto justice de manière subtile par plusieurs scènes courtes mais significatives, illustrant son propos de manière directe et simple. Une qualité de plus pour un film qui se laisse regarder
sans ennui, Hyams distillant au fil du métrage, quelques scènes d'action particulièrement efficaces au milieu de ce thriller de très haute tenue, passionnant et halletant. techniquement
irréprochable (très belle photographie de nuit et très belle utilisation du scope). Michael Douglas est quand à lui, absolument crédible dans la peau de ce juge, entouré par d'excellents seconds
couteaux, Yaphet Kotto et surtout Hal Holbrook.
Bref, un excellent thriller pointant les failles d'un systême méritant, certainement, une refonte totale.