Samedi 2 août 2008


Bien qu’il soit un auteur réputé de romans d’épouvante, Mike Enslin n’a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n’est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier…
En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l’existence d’une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. Malgré les mises en garde du directeur de l’hôtel, Enslin décide d’y passer une nuit.
Face à ce qu’il va vivre, son scepticisme va voler en éclats. Pour lui, la question n’est plus de savoir si le paranormal existe, mais d’espérer survivre à la nuit de tous les cauchemars…
  (Résumé : Source : cinemotions.com)

Pendant presque 20 ans, Hollywood s'est battue pour adapter chacune des parutions d'un auteur de récits fantastiques de talent, le propulsant en quelques années au stade de référence d'un genre au succès incontestable. Cet auteur, c'est bien sûr Stephen King qui, succès aidant, était presque devenu une machine à pondre des nouvelles fantastiques à un rythme frénétique du début des années 80 à la fin des années 90 pour alimenter les rayons de livres fantastiques et les scénaristes en manque d'idée de la côte ouest. Mais à force d'ecrire à la chaine, il était évident que la qualité de son écriture allait s'en ressentir, et comme chaque mode à une fin, Hollywood, au bout d'un moment, s'est moins pressée pour acheter les droits d'adaptation de ses livres et nouvelles, mise à part quelques exceptions comme cette mise en image de l'une de ses nouvelles, issue du recueil "Tout est Fatal"
Une nouvelle voyant un écrivain désabusé après la mort de sa fille, ne croyant ni en Dieu, ni en un Au Dela salvateur, trainer ses états d'ames en exploitant la crédulité des gens par l'écriture de livres sur des endroits hantés. Une sorte d'escroc qui travaille sur des évènements surnaturels dont il ne croit absolument pas l'existence.
Une façon d'exorciser le traumatisme de la mort de sa fille qui l'a vu abandonner sa femme et ses proches.
Pour son passage sur grand écran, le script ne néglige aucun de ces aspects qui auront leur importance dans le récit, par une mise en place précise et sans artificice du personnage central incarné par l'excellent John Cusack.
Sans totalement dévoiler toutes les facettes de cet homme, Håfström nous met tranquillement sur les rails des évènements à venir.
Pour ponctuer son nouveau livre, cet écrivain décide donc, une nouvelle fois, sans conviction, de visiter une dernière chambre d'Hotel, supposée hantée, en plein New-York. Et bien sûr, cela ne se passera pas aussi tranquillement que prévu, faisant donc basculer le recit vers un long tunnel horrifique qui verra notre écrivain enfermé dans cette chambre, subir tous les maléfices de ce que l'on peut qualifier, d'anti chambre de l'Enfer. Comme une punition pour un homme qui ne croit plus en rien.
Pendant plus d'une heure, outre les multiples sévices que la "Chambre" lui fait subir, Mick (Cusack) va voir ressurgir toutes ses angoisses, toutes ses névroses, tous les moments ratés de sa vie, devenant un spectateur de ses propres erreurs.
Une longue partie très réussie, angoissante à souhait, toute en étant intelligente, réalisée sans artifices mais de manière efficace laissant un très bon John Cusack, seul, tentant de déjouer une entité imprévisible. Håfström multiplie les références à "La Maison du Diable", bien sûr mais aussi à "Shining" ou "Amityville", assez subtilement distillées.
La suite et le final seront du même niveau avec un script qui ne bifurque jamais de sa direction, malgré une virgule qui s'avèrera être une fausse piste, ne cherchant aucune esbrouffe sous la forme, notamment, d'un twist minable, tellement à la mode dans le cinéma actuel pour tenter d'epater gratuitement le spectateur. Au contraire, le film nous reservant même quelques moments assez émouvants (les retrouvailles avec sa fille).
Après, on pourra reprocher, certainement à raison, un sous-message, une nouvelle fois, religieux (une constante depuis un moment aux USA) qui font de cette chambre, un passage vers l'Enfer pour des êtres qui ont péché ou qui ne se reconnaissent pas d'un Dieu. Mais heureusement, cette intrusion ne se faisant pas trop présente, on en est que peu génés.
Ce film s'avère donc un pur divertissement tout à fait réussi, qui a le mérite d'être honnête de bout en bout avec le spectateur et cela fait du bien par les temps qui courent.
Par exterminator - Publié dans : Fantastique / Science-Fiction - Communauté : Cinéculte
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