A la veille du Nouvel an, Louis, un dessinateur renommé, reçoit des nouvelles de son jeune fils : celui-ci lui révèle que sa mère vit
désormais avec un certain Bob, qui n'est pas tendre avec le petit garçon. Louis décide aussitôt d'aller demander des comptes à son ex-compagne, dont il n'a pas l'adresse exacte. Sa recherche
débouchera sur une nuit de Saint Sylvestre délirante à souhait. (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Depuis ses débuts, le cinéma français sort rarement ses intrigues de la capitale, réutilisant jusqu'à plus soif, les quartiers les plus connus de Paris. De Montmartre à Pigalle en passant par les
Champs-Elysées, on ne compte plus les films ayant pour décor, ces endroits mythiques de la capitale. Heureusement, il y a quand même beaucoup d'exceptions qui se déroulent en Province ou dans des
quartiers souvent oubliés de Paris. Ce film se déroulant dans les tours du 13ème arrondissement de la capitale, un endroit pas très cinégénique, fait de grands ensembles en béton pas très
attirants, c'est le moins que l'on puisse dire, nous permet quand même de sortir d'une habitude qui peut d'avérer lassante à la longue.
Ce choix n'est pas annodin car ces tours font partie intégrante d'une intrigue initiale assez originale qui voit un enfant de divorcés, organiser, le soir de la Saint-Sylvestre, un stratagème
déguisé en jeu de piste, pour faire venir son père, parti vivre en Suisse, le retrouver, lui et sa mère au moment qu'il aura décidé. Un postulat qui pourrait faire penser à une
comédie basique pour enfants mais il n'en est rien ici. En effet, ce qui, sur le papier, pourrait donner une comédie, très 1er degré avec son lot de gags habituels, prend rapidement un
axe tout autre. En effet, même si l'on reste dans le domaine de la comédie, Granier-Deferre va d'attarder à dépeindre une galerie de personnages tous aussi paumés les uns que les autres,
perdus au milieu de ces tours. En effet, si le fils réussi à faire venir son père dans la cité, il ne lui dit pas où il se trouve exactement, utilisant son père comme un pion d'un jeu dont il
veut imposer le dénouement. Ce père interprété par Jean Rochefort, occupé à chercher cet appartement parmi les nombreuses tours du quartier, va rencontrer des acolytes (Bedos et Soral), eux mêmes
à la recherche du même appartement où se déroule une fête. Cette rencontre de personnages perdus au sens propre comme au sens figuré, s'avère plutôt plaisante, les comédiens ayant des rôles qui
leur vont comme des gants, laissant augurer une suite prometteuse.
Mais malheureusement, l'ensemble s'essouffle vite avec un script à l'image de ses personnages : perdus et ne sachant pas ou aller. Rapidement, nous suivons avec peine ces trois énergumènes qui
deviendront quatre, avec la rencontre de Michel Galabru, caricatural à souhait, qui se perdent définitivement dans les antres d'une cité, trop grande pour eux. L'ennui ne tarde pas à faire son
apparition car si l'idée de base est bonne, elle n'est jamais exploitée au dela de sa promesse, oubliant au passage qu'à la base, on est dans une comédie. Les personnages s'enfonçants dans les
sous sol de ces tours, on s'enfonce avec eux en espérant que ce calvaire naissant ne se prolonge pas trop longtemps.
Il n'en est rien, on végète jusqu'au final complètement faiblard et invraisemblable qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans un décor qui a miraculeusement changé. Pour ceux qui connaissent,
la majorité du film se déroule donc au milieu des tours du 13ème à Paris avant que tout ce beau monde ne se retrouve au milieu d'une cité de Noisy le Grand. Même si cela n'a aucune insidence sur
l'histoire, c'est tout de même, assez troublant et incompréhensible.
Bref, on est content de sortir de cette comédie ratée pourtant prometteuse qui, après un très bon départ, tombe complètement à plat. Frustrant.