Comme tous les étés, Chris, 16 ans, passe ses vacances à Saint-Tropez avec sa mère. Sensuelle et agressive, elle sort meurtrie de sa liaison
avec Vic, un ami de ses parents à qui elle reproche sa lâcheté lorsqu'elle a dû avorter. Elle est amoureuse de Romain, un gigolo qu'elle a décidé de séduire mais qui lui préfère Claude, sa mère.
Folle de rage, Chris entre dans un jeu pervers de séduction. Elle force un couple à se séparer, reconquiert Vic avant de le délaisser. Pourtant, Romain continue de lui résister. (Résumé :
Source : cinemovies.fr)
Les années 80, les années fric, frime et sans complexes où la pseudo bourgeoisie parisienne allait déja d'étaler sur les plages de Saint-Trop' pour se dévergonder un peu, le temps d'un été, à la
recherche de quelques sensations fortes.
Pour son troisième film, le scénariste Christopher Frank va, une nouvelle fois après "Josepha" et "Femmes de Personne", s'intéresser aux femmes, à leurs états d'âmes et à leur travers en
adaptant l'un de ses romans, tout juste sorti à l'époque. Il met en scène ici la femme d'un riche homme d'affaire parisien, trop occupé pour prendre des vacances, venue avec sa fille et
un couple d'amis sur les bords de la Méditerranée. Très vite, la caméra de Frank se dirige vers la belle et sulfureuse Chris, la jeune fille interprétée par Valérie Kapriski, qui, complètement
décomplexée, drague à tout va, tel un prédateur qui compte ses proies en fin de journée. D'une détermination et d'une perversité assumée, cette jeune fille fascine tout ceux qui la croise, y
compris le meilleur ami de la famille qui eu déja, quelques années plus tôt, une aventure avec la belle jeune fille. Une histoire sans lendemain permettant à Chris de se prouver, qu'elle
était et qu'elle devait être libre de sa vie et que la séduction était sa seule arme pour sortir d'une vie trop rangée à son gout. Une arme dont elle ne cesse de se servir pour parvenir à ses
fins, la rendant calculatrice et presque dénuée de sentiments, une vraie mante religieuse (ou méduse....) en quelques sorte....
Jusqu'au jour où elle croise le beau Romain. La trentaine dépassée, séducteur invétéré, le véritable pendant masculin de Chris qui jette sur ses proies aussi vite qu'il les a attrapé mais qui se
refuse obstinément à la belle adolescente.
Le réalisateur, fasciné par son héroine va donc d'abord, composer son canevas en mettant en parallèle ces deux portraits réussis de personnages quasi identiques qui se croisent mais qui ne
touchent pas, au grand désespoir de la jeune fille. Une frustration qui se transformera en profonde jalousie quand sa mère, après une certaine résistance, tombe dans les filets du séducteur.
C'est à ce moment, que bizarrement et sans explication, apparait une voix off pour nous expliquer l'état d'esprit de la jeune fille qu'il était, jusqu'alors,assez facile de cerner, apportant une
lourdeur malvenue, mais heureusement passagère, à une intrigue se dirigeant, peu à peu vers la tragédie. Le jeu se transformant en une compétition et un affrontement ayant pour
arbiitre, la mère de Chris, et qui ne pourra être que fatal.
Débute alors, une partie plutôt intéressante où l'on voit la jeune fille perdre peu à peu pied, et qui, trop sure d'elle, ne comprend pas que cet homme se refuse à elle, allant même jusqu'à
relancer son ancien amant ou détruire un couple de touristes, pour se rassurer de son pourvoir de séduction. Mais on comprend vite que Chris ne lachera pas son objectif comme cela, tel un mauvais
joueur qui ferait tout pour l'emporter. Par une bonne mise en scène, Frank pousse un peu plus fort, la tension, frirtant presque avec le thriller dans une dernière partie pleine de
manipulations diverses jusqu'au dénouement final qui ne donnera aucun vainqueur.
D'une histoire à priori légère, Frank parvient au fil du métrage, à nous faire basculer vers une intrigue tragique et fascinante qui se suit avec beaucoup d'intéret grace aussi à un très bon
casting. Kapriski, Giraudeau, Cellier ou Jacques Perrin composant à merveille, les pions de ce jeu pervers et sans issue.