Toujours hanté par le cauchemar des tragédies qu'il vécut autrefois, Paul Kersey vit désormais avec Karen et la fille de celle-ci, Erica. Mais
l'adolescente succombe un jour à une overdose. Paul ne tarde pas à identifier et à abattre le dealer responsable. Il est bientôt contacté par un certain Nathan White, qui a vécu un drame
identique au sien et lui propose de mettre fin aux agissements des deux gangs qui contrôlent la marché local de la drogue. Il lui offre de financer entièrement cette croisade et lui remet des
dossiers sur les revendeurs et leurs chefs. Paul se met aussitôt au travail... (Résumé : Source : cinemotions.com)
C'est pour la quatrième fois que Charles Bronson réendosse ici le costume de Paul Kersey, le célèbre justicier dans la ville et il faut bien dire qu'il fatique un peu. Récapitulons
: Commencée en 1974, la "saga" mettait en scène un Bronson architecte contraint de venger lui-même le viol de sa femme et de sa fille devant l'impuissance d'une justice manquant de
preuves. Le film souleva, à époque et encore aujourd'hui, un tollé à cause d'un parti pris évident en faveur de l'auto défense et d'une justice personnelle et expéditive.
Même si ces idées prêtent à débat, ce film qui connu un succès certain, a initié un courant cinématographique populaire du cinéma d'exploitation : le fameux "Vigilante Flick", illustrant une
dérive de la société face à une justice dépassée et défaillante. De ce courant, naitrons des classiques du genre comme "Le Droit de Tuer", "Vigilante" il y a plus de 25 ans, jusqu'à
recemment avec "A vif" et "Death Sentence".
Conséquence du succès du premier opus, "le Justicier..." connu une suite assez extrême, produite par les papes de la série B des années 80, les patrons de la Cannon, Menahem Golan et Yoram
Globus, poussant encore plus loin, le concept de l'auto défense. Cela n'empêchera pas cette suite de connaitre un nouveau succès et la Cannon de mettre en chantier un troisième volet synonyme de
grand n'importe quoi. D'une violence hallucinante, ce troisième film en devient presque parodique, allant souvent au dela de certaines limites.
Pour ce quatrième chapitre, tout le monde a voulu calmer les choses, d'une part parce que Bronson n'est plus tout jeune mais aussi car on a fait le tour de la question. Comment alors, relancer la
franchise ? En s'attaquant aux dealers !!!
Kersey a refait sa vie, mais toujours aussi malchanceux, perd sa belle fille, victime d'une overdose. Ni une, ni deux, il retrouve son dealer et l'abat de sang froid. On lui l'a fait plus à
Kersey qui ne pose plus, depuis bien longtemps, la question morale de son action. Contacté par un riche homme d'affaire désireux lui aussi de faire le ménage en finançant ses méthodes, Kersey se
lance donc, dans une chasse aux trafiquants à lui tout seul.
Si on ne veut pas commencer à rire, il ne faut donc pas chercher une quelconque vraisemblance à cette histoire de justicier démantelant, seul et quasiment sans problèmes (il s'infiltre partout
sans soucis, échappe à toutes les balles et toutes les attaques, retrouve ses cibles en un clin d'oeil), les organisations mafieuses dominant le traffic de drogue à Los Angeles. Abstraction
faite, on suit Bronson faire le ménage avec un certain intéret malgré la réalisation molassonne d'un Jack Lee Thompson (un fidèle de Bronson) visiblement fatigué. Plusieurs scènes d'action assez
honnêtes venant relancer une intrigue simpliste interprétée par un Bronson aussi peu inspiré que son metteur en scène. Le film s'une sobrité surprenante par rapport à ses prédécesseurs, ne
dépasse jamais le statut de téléfilm sur grand écran. Malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour Bronson, il faut bien avouer que ce quatrième film est, de loin, le plus faible de la série.
Cela n'empêchera pas un cinquième film totalement ridicule de voir le jour, tellement mauvais qu'il ne connu mêma pas une sortie en salles.