Partager l'article ! La Guerre des Polices de Robin Davis 1979: La dissension règne entre la brigade territoriale, dirigée par le commissaire Ballestrat, et ...
La dissension règne entre la brigade territoriale, dirigée par le commissaire Ballestrat, et la brigade antigang à la tête de laquelle opère
le commisssaire Fush. Les deux polices se trouvent en concurrence pour capturer Sarlat, l'ennemi public. Mais une bavure va les forcer à collaborer... (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Au milieu de la vague des polars français des années 70, cette "Guerre des Polices" se détache de ses collègues par une approche originale des méthodes policières. Traditionnellement, on a
l'habitude de suivre des intrigues où la police a toujours une image impeccable avec des fonctionnaires honnetes même si certaines de leurs méthodes peuvent paraitre parfois, un peu limite. Ici,
ils dépassent souvent les limites. En effet, Davis accompagné de quatre autres scéanaristes, dépeignent un système où la police ne se comporte pas mieux, voire même pire, que les malfrats
qu'elle traque.
Ici, deux brigades sont en concurrence pour rechercher et arrêter l'ennemi public numero 1, un certain Sarlat. Au dela des enquêtes des deux équipes, c'est sur la manière que l'on va s'attarder,
sur cette incapacité à ces deux brigades de collaborer à cause d'une concurrence entre leurs deux chefs, déterminés et prêts à tout pour emporter le morceau. Sur fond d'influence politique
(parfait François Périer), les deux équipes vont donc presque se déchirer, quitte à sacrifier certains de leurs membres.
Robin ne ménage donc à aucun moment une institution et des fonctionnaires qui ne dégagent aucune sympathie, bien au contraire, à commencer par le chef de la brigade territoriale incarné par un
excellent Claude Rich, haineux, sadique mais soucieux de son image auprès de sa hierarchie. Un vrai lèche cul, méchant et pervers. Dans son équipe, seule l'inspecteur Marie Garcin, incarnée par
Marlène Jobert, n'adhère pas à ses méthodes, tentant un rapprochement plus ou moins intéressé vers l'autre équipe de l'anti gang, dirigée par Claude Brasseur. Si son concurrent est tout à fait
détestable, le commissaire incarnée par Brasseur ici, ne vaut finalement pas mieux que l'autre. Adepte des mêmes méthodes d'interrogatoires, il cherchera lui aussi par tous les moyens, de doubler
son collègue de la "grande" maison.
Tout cela nous donne un face à face tendu et halletant entre deux hommes (et leurs équipes qui sont à leur image), finalement aussi antipathiques, l'un que l'autre. Cela ne nous empêche en aucun
cas de suivre avec intéret ce duel d'hommes pervertis par un système. Au milieu, seul le personnage de Marlène Jobert, tente d'apporter une mesure, mais presque en vain, broyée, elle aussi par
une institution et ses règles.
Si le numéro d'acteurs s'avère des plus passionnant, le film souffre tout de même de quelques problèmes de rythme. Tellement occupé par cette guerre des brigades (ce qui est normal en soi) le
script oublie presque la traque du malfrat, supprimant de potentielles scènes d'actions qui manquent cruellement pour relancer un rythme qui a tendence à s'essoufler par moments.
On se consolera avec l'excellent final, plein de suspens et de tensions qui verra la "victoire" de l'un des deux chefs au prix d'un sacrifice, tel un dernier sursaut d'orgueil pour empécher
l'autre de récolter les lauriers d'une administration désireuse d'assurer ses arrières.
Par son excellent casting et son parti pris original, le film de Robin Davis est une inconstable réussite.