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Robert Neville (Will Smith) était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine.
Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre… Depuis trois ans, il diffuse chaque jour
des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne – on les appelle les "Infectés" – rodent dans les ténèbres… observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur.
Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang. Ses innombrables
ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin… (Résumé : Source : cinemotions.com)
S'attaquer au best seller mondialement connu de Richard Matheson est, avant tout, un exercice risqué. Le genre d'adaptation qui, de toute évidence, attisera forcement les foudres des puristes qui
s'insurgent dès que l'on touche à leur roman préféré. Encore faudrait-il y rester fidèle jusqu'au bout....Mais ce n'est pas le parti pris qu'ont choisi les producteurs et le réalisateur de
cette troisième vision cinématographique du classique de SF de Matheson. Après une première adaptation en 1964, puis une autre avec Charlton Heston (Le Survivant) en 1971, Hollywood a attendu
plus de 35 ans avant de s'y risquer à nouveau. Mais là où, auparavant, le cinéma s'était fait un point d'honneur à ne pas trahir le message de Matheson, ce n'est visiblement pas le souci des
producteurs de ce film-ci.
Alors, en tant que spectateur de cinéma, il y a forcément, deux manières de regarder cette adaptation.
La première, c'est celle du fan du livre, venu constater que Lawrence et ses producteurs ont complètement déshumanisé lers vampires, symboles d'une population devenue dominante après le
passage du virus, les faisant presque passer pour de vulgaires zombies décérébrés. Certainement une facilité due au regain de popularité des films de morts-vivants en cette seconde moitié des
années 2000. Le fan du roman s'étonnera aussi de la bifurcation scénaristique qui intervient vers les deux tiers du film, apportant un message à base de religion et de foi, totalement dépassé et
même douteux, trouvant son apogée dans un plan final repoussant. Il se désolera enfin de ne pas retrouver la fin originale, remplacée par un final assez faible pour un film de cette envergure,
trahissant définitivement la vision du personnage de Neville par Matheson.
Pour celui qui a lu et aimé le livre, cette adaptation peut donc passer comme une trahison en bonne et due forme, quasi à l'opposé du message du romancier. Une bonne façon de détruire une
excellente histoire au profit d'un blockbuster de plus.
Après, il y a une seconde manière de voir les choses, comme le spectateur lambda, venu se divertir devant un film au scénario qui s'avère prometteur avec l'une des stars les plus rentables du box
office américain. Et de ce point de vue, il faut bien avouer que le film passe plutôt bien malgré certains défauts assez appuyés. Tout d'abord, grace à une longue première partie, totalement
réussie où l'on découvre un Will Smith, seul avec son chien, dans un New York post apocalyptique tout à fait surprenant. On ne peut qu'être bluffé devant cette prouesse technique. On admirera
aussi la sobriété et l'intelligence de la mise en scène de Lawrence suivant un Will Smith dans de très beaux moments de solitude, tentant de s'inventer une vie sociale à tout prix, notamment avec
son chien à défaut de sombrer dans la folie. Un sobriété permettant de dégager une émotion certaine jusqu'à l'épisode fatal qui clot cette première partie.
Pendant plus d'une heure, le plaisir d'assister à un excellent film n'est pas feint et on se passione réellement à suivre cet homme seul au monde, tentant de ne pas perdre pied devant cette
fatalité.
Comme toute bonne chose a une fin, la seconde partie n'est pas du tout du même calibre. D'une part, à cause de l'apparition ratée des vampires qui, outre le fait qu'ils ne sont plus que des bêtes
assoiffées, sont totalement laids à cause de CGI assez vulgaires. Mais c'est surtout l'arrivée de Ana, une autre survivante avec son fils (totalement inutile), qui va définitivement rouiller une
mécanique bien huilée jusqu'à présent. Pretextant suivre le message de Dieu, elle dénature complètement l'axe que nous avions suivi jusqu'ici. Une erreur amplifiée par le
discours d'un Will Smith sur Bob Marley, totalement hors propos, limite ridicule. Mais ce n'est rien devant un final baclé et invraisemblable qui ne peut nous éviter un sentiment de
deception et d'inachevé. La fin alternative (disponible en DVD) aurait, assurément, relevé le niveau de ce film divertissant mais bancal.