Partager l'article ! Le Monstre du Train de Roger Spottiswoode 1980: Un groupe d’étudiants en médecine joue un tour cruel à Kenny, un jeune homme timide ...
Un groupe d’étudiants en médecine joue un tour cruel à Kenny, un jeune homme timide genre "premier de la classe", le jour
de la fête de célébration de la nouvelle année. Le gag consiste à lui faire croire qu’il a rendez-vous dans un lit avec la belle Alana qu’il convoite en secret. Mais en lieu et place de cette
dernière, Kenny trouve un cadavre provenant de la morgue. Le choc est tel que le jeune homme en perd la raison et quitte la fac pour un établissement s’occupant d’aliénés.
Trois ans ont passé depuis ce tragique événement et les même jeunes gens s’apprêtent à aller fêter leur diplôme de fin d’année lors d’une gigantesque virée avec, entre autres : déguisements,
spectacle de magie et boissons à gogo, et organisée à bord d’un train loué pour l’occasion. Cependant, un mystérieux tueur s’invite à bord et commence à décimer les étudiants un à un. Est-ce
Kenny revenu pour se venger de la farce macabre dont il a été victime ? (Résumé : Source : Horreur.com)
On oublie souvent que Jamie Lee Curtis, avant d'être l'actrice aux rôles aussi eclectiques que fliquette dans "Blue Steel" ou maman coincée dans "Freaky Friday", était, au début des années 80,
une habituée des séries B horrifiques, presque une star du genre. Un début de carrière flamboyant dû à sa performance très convainquante dans le chef d'oeuvre de John Carpenter "Halloween". Une
performance qui lui valu un rôle dans le film suivant de Big John, "Fog" mais aussi dans toute une série de slashers issus de cette vague à succès du genre à l'époque.
Avant un "Bal de l'Horreur" assez dispensable, c'est dans ce "Monstre du Train" qu'elle va poursuivre sa carrière de "Screaming Girl".
"Le Monstre du Train" est, en effet, un slasher des plus convenus, au scénario décalqué sur des classiques du genre comme "Vendredi 13". Et, une nouvelle fois, après un prologue sympathique qui
aura son importance, nous avons droit à une bande de jeunes étudiants lubriques qui, pour fêter la fin de l'année, louent un train pour y faire la fête vers une destination inconnue. La mise en
place étant rapide, on est tout de suite dans le bain avec une fête qui bat son plein et sa multitude de personnages ivres et libidineux pour la plupart. Alors qu'il est facile d'identifier le
personnage de Jamie Lee Curtis (notoriété oblige), ce n'est malheureusement pas le cas de ses camarades. Le script se focalisant sur son héroine, néglige allègrement le reste de la bande, ce qui
fait que l'on a rapidement du mal à repérer, qui est qui dans ce huis-clos ferroviaire, hormis le chef du train, personnage plutôt sympathique et le magicien interprété par le célèbre David
Copperfield himself.
Les premiers meurtres interviennent assez vite, mais trop souvent suggérés et sans aucune originalité, ils ne provoquent pas la moindre angoisse. Il faut bien avouer que dans un décor tel que
celui-ci, il n'est pas facile de se démarquer, vue l'étroitesse d'un train. Un point qui peut, à la limite, rendre indulgent si on est dans un bon jour,car il n'y a vraiment pas grand chose à se
mettre sous la dent niveau graphique.
Le déroulement étant lui aussi, des plus convenus, on avance doucement dans le film avec un certain ennui, le script ne laissant place à aucune surprise, les morts se succèdent à un rythme
régulier mais loin d'être frénétique.
On pourrait se consoler en cherchant l'identité du tueur qui se cache au fil des meurtres, dans les costumes et les masques de ses victimes mais le scénario ne développant aucune piste
parallèle, on se rabat vers une évidence vite acquise et ce n'est pas un twist final des plus mauvais qui nous donnera tort.
Techniquement, on regrettera la molesse de la mise en scène de Roger Spottiswoode, plus à l'aise dans le film d'aventure que dans le film d'épouvante qui ne l'inspire visiblement pas ici. On
regrettera surtout une photographie assez sombre qui, à de nombreux moments, empêche une bonne lecture de l'action. C'est d'autant plus regrettable que c'est un ancien collaborateur de Kubrick,
John Alcott, le responsable de la photographie ici. Il se rattrape néanmoins par une parfaite utilisation des couleurs en arrière plan à de nombreux moments.
Bref, ce "Monstre du train" n'est qu'une petite bande horrifique de plus, qui n'apporte absolument rien au genre et qui s'oublie assez vite.