Jeudi 24 juillet 2008
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Virginia Ducci est belle, riche mais aussi médium. Après avoir accompagné son épouxFrancesco jusqu’à son avion privé, elle
est assaillie, alors qu’elle traverse un tunnel sur l’autoroute dans sa Rolls-Royce, par d’étranges visions. Certaines sont un souvenir : celui du suicide de sa mère. Mais les autres images
mentales ne correspondent à rien de connu. C’est pourtant ces mêmes images dont Virginia va devoir affronter, fragment par fragment, les originaux jusqu’à leur compréhension totale : on emmure
quelqu’un vivant. Mais quand, où et surtout… qui ? (Résumé : Source : cinemotions.com)
La première (longue) partie de la carrière de Lucio Fulci est surtout marquée par un grand eclectisme des genres. En effet, même s'il est surtout connu pour ses grandes fresques macabres comme
"L'Au-Dela", "Frayeurs" ou "L'Enfer des Zombies", Fulci a auparavant offert au cinéma d'exploitation italien, nombres de films assez inégaux, de la comédie débile au Western (le superbe
"Temps du Massacre") en passant par le giallo avec plus au moins de succès, l'obligeant d'accepter ce statut d'exécutant touche à tout. En cette année 1977, il n'a pas encore connu le succès
de "L'Enfer des Zombies" et dans son parcours particulier, il décide de mettre en scène un giallo. Genre très à la mode à l'époque qui a donné un grand nombre de très bons films et qui lança la
carrière d'un certain Dario Argento. Fulci s'était déja frotté au genre auparavant avec notamment, l'excellent "Venin de la Peur" en 1971.
C'est donc sur un terrain connu que Fulci va développer l'intrigue assez originale d'une femme qui, grace à des visions, va retrouver le corps d'une femme emmurée vivante. Mais ces visions
laisseront apparaitre d'autres indices préoccupants. Difficile d'en raconter plus, tellement le script, surtout dans sa seconde partie, multiplie les pistes comme le veux le genre pour se
resoudre de manière plus ou moins inattendue. Ce film ne déroge donc pas à la règle avec une mise en place lente à défaut d'être longue, jouant énormément sur l'ambiance....l'influence de
Mario Bava n'est jamais très loin...avec une photographie soignée, quoique un peu surexposée (récurrent chez Fulci) et un superbe score du trio, Bixio, Frizzi, Tempera.
Pendant presque une heure, Fulci installe de manière simple et précise, tous les éléments de son intrigue avec une réalisation sobre, très éloignée de ses envolées gore qui feront sa
réputation par la suite. On notera juste l'insert d'un seul plan sanglant totalement gratuit intervenant en début de métrage avec les détails de la chute d"une femme d'une falaise.
Grand admirateur de Edgar Allan Poe, Fulci dans ce scénario qui frole le fantastique, co écrit avec l'inévitable Dardano Sacchetti, développe dans la dernière partie, son intrigue de la
meilleure des manières en emmenant le spectateur vers un final que le célèbre écrivain n'aurait, à coup sûr, pas renié. En effet, dans une intrigue plutôt bien écrite, on suit avec intéret
cette montée finale assez intelligente faute d'être totalement originale.
Si le scénario et la réalisation propre et simple de Fulci sont à mettre au crédit du film, il n'est est malheureusement pas de même pour son interprétation. Jennifer O'Neill, vue chez Cronenberg
dans "Scanners" en fait un peu trop alors que le reste du casting (Marc Porel, Gabriele Ferzetti) n'a pas l'air très inspiré. Pas de quoi néanmoins, pénaliser la très bonne tenue de ce film.
Sorti donc en 1977, ce film ne connu pas le succès attendu, en Italie, ralongant la liste des bides de Fulci, ce qui, certainement, retarda sa sortie en France qui n'aura lieu finalement que le 4
Mars 1981. Une sortie tardive assurément due à l'opportunisme d'un distributeur français après le grand succès de ses films suivants.
En France aussi, le film ne rencontrera pas son public, certainement déçu du résultat en décalage avec la vague gore de Fulci en ce début des années 80. C'est bien dommage car cette "Emmurée
Vivante" est loin d'être un film mineur dans la filmographie du maitre.