Deux producteurs sans scrupules décident de tourner un porno pour se remettre en fonds. Ils engagent un jeune metteur en scène ambitieux, qui
aurait bien aimer travailler sur autre chose qu'un "érotique de qualité", surtout qu'il s'agit bien d'un porno de serie au budget limité, tout comme les décors...
(Résumé : Source : cinemotions.com)
C'est la crise !!! En ce milieu des années 70, le cinéma fait moins recette, presque submergé par une vague pornographique qui a
envahit les écrans depuis quelques années. Le cinéma populaire rame et beaucoup de réalisateurs de seconde zones et de producteurs seront obligés d'y faire une incursion pour survivre dans un
marché qui change. En effet, avant la ghettoisation du cinéma porno avec le vote de la loi de classification X, fin 1975, reléguant ce genre à des salles spécialisées
avec suppression de subventions, le cinéma porno a fait, au début des années 70, une incursion rapide et lucrative dans un marché rodé, connaissant des succès retentissants et prenant peu à
peu, une place dominante dans les salles, certainement la conséquence d'une libération des moeurs initiée en 68.
Gérard Pires, qui partage alors sa carrière entre publicité et cinéma, se penche sur le phénomène dans cette petite comédie en adaptant un scénario de Nicole de Buron. Scénario, c'est vite
dit....Posé le postulat de départ avec ces 2 producteurs fauchés qui décident de faire un porno pour renflouer les caisses avec à sa tête, un réalisateur un peu minable, le film n'est qu'une
succession de gags plus ou moins réussis qui sentent souvent, l'improvisation à plein nez. Monté pour surfer sur une mode, le film ne se contente, en effet, que de nous montrer le tournage d'un
pseudo porno par une bande de bras cassés dans le plus pur style de la comédie pailliarde au lieu d'en profiter pour en faire une étude (sociologique ?) satirique mais peut
être, était-ce trop demander....
Le principal mérite de ce film est finalement de montrer par ses divers gags, que ce genre n'est pas si facile à "mettre en image" (surtout, si on veut y inclure un minimum de
scénario, comme à l'époque). Chaque pépin de tournage est souvent pretexte à rire ou sourire avec plus ou moins de réussite. En effet, le film flirte trop souvent avec les
mauvaises comédies franchouillardes que, ironie du sort, le porno avait presque réussi à enterrer à l'époque, pour totalement remporter notre adhésion.
Heureusement, par un rythme plutôt soutenu, le film de Pires n'a pas le temps de nous ennuyer malgré la faiblesse générale de ses gags assez mal écrits dans l'ensemble, voire, pas du tout.
Heureusement aussi, qu'une bonne humeur générale se dégage de l'entreprise. Toute l'équipe s'est visiblement bien amusée. Il faut dire que, tout surprenant qu'est le sujet, le casting est riche
et surprenant. Claude Brasseur, Guy Marchand ou le formidable André Pousse en tête d'affiche cotoient le presque débutant, Daniel Auteuil, une partie de l'équipe du Splendid, Blanc,
Lhermitte et Clavier dans de tous petits roles de flics. Il y a aussi des habitués des nanars comme Robert Castel ou Gérard Hernandez et un nombre surprenant de "Guests" tels :Georges
Descrières, Moustache ou Stéphane Collaro.
Un film qui ressemble au final, à une grosse pochade non aboutie, pretexte à reunir un gros casting autour d'un sujet racoleur, à montrer de belles femmes dénudées, malheureusement
enrobé d'un scénario inexistant aux gags paresseux. Que dire du final qui tombe comme un cheveu sur la soupe. On aurait aimé savoir comment, une fois fini, le film aurait été
accueilli, quelles conséquences ce film aurait-il eu sur leur carrière, bref....ici, rien de tout cela, le dernier coup de manivelle du tournage coinsidant avec le fin du métrage. Frustrant à
l'image du film....