Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 09:54


Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l’Inde afin de renouer les liens d’autrefois.
Pourtant, la « quête spirituelle » de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie...
Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c’est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu’aucun d’eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d’amitié et de fraternité...
  (Résumé : Source : cinemotions.com)

C'est la troisième réalisation du surprenant réalisateur Wes Anderson après les sympathiques "La Famille Tenenbaum" et "La Vie Aquatique", il était donc attendu au tournant par un nombre de fans grandissant tombés sous le charme de ses premiers films se situant, il faut bien l'avouer, en marge de la production habituelle par un ton extrèmement décalé, une galerie de personnages atypiques, un rythme plutôt lent et un soin porté à la technique tout particulier.
A la vision de son nouveau film, on ne peut pas dire que l'on soit surpris. En effet, on retrouve sans peine l'univers de ce réalisateur à part avec, là encore, un certain décalage autour de personnages particuliers dans un endroit inhabituel. Mais là où cela nous avait charmé dans ces précédentes oeuvres, nous lasse vite ici. En effet, que Wes Anderson n'est pas voulu changer de ton et de forme, cela ne se discute pas, il est tellement rare aujourd'hui qu'un réalisateur se situant entre le film d'auteur et le film commercial, impose une patte reconnaissable, qui plus est de qualité. Mais qu'il est voulu pousser plus loin son style lui a fait dépasser une limite d'accessibilité que, seuls ses fans les plus irréductibles peuvent suivre.
Cela commençait pourtant bien avec un Bill Murray, acteur fétiche du réalisateur, en costard en plein milieu de l'Inde, se pressant pour attraper un train, le fameux Darjeeling Limited. Une séquence hillarante et réussie dans le veine de ce que nous avait offert Anderson jusqu'à présent.
Malheureusement, le grand Bill n'attrapera jamais ce train, ce qui met fin prématurément à sa précipitation au film, se résumant à ce clin d'oeil tout à fait jouissif. Si il a loupé le train, ce n'est pas le cas de trois frères que la mort de leur père a séparé et qui se retrouvent dans ce train pour une quête qu'il serait maladroit de dévoiler ici.
C'est le point de départ de ce (long) voyage presque initiatique pour nos trois compères complètement différents.
Mais l'originalité s'arrête là. Visiblement plus pasionné par l'Inde que par son histoire, Anderson va trimballer ses personnages de lieux en lieux, tels des touristes un peu paumés dans un pays trop grand pour eux.
On aurait pu et, surtout, aimer adhérer à l'évolution des rapports entre ces 3 frères. Notamment quand l'un confie un secret à l'autre qu'il s'empresse de repéter au troisième...
Le problème, c'est que le traitement est tellement décalé que Anderson en oublie finalement, totalement le fond. Tout reste en surface, provoquant rapidement un certain détachement du spectateur sur la quête individuelle et collective de ces 3 frères bizarres. Même si le film n'est finalement pas très long, on s'ennuie donc souvent, finalement pas très intéressé par ce qui se passe. La finalité de la quête étant finalement emballée et sans grand intéret, on erre avec eux, ne sachant pas, nous non plus, vers quoi nous allons aller. On est visiblement pas les seuls car plus le film avance, plus le tout devient approximatif avec 20 dernières minutes, totalement brouillones qui nous font définitivement sortir du film.
Heureusement, tout n'est pas à jeter à commencer par l'excellente interprétation du trio de frères incarnés par Adrian Brody, Owen Wilson et Jason Schwartzman (co-scénariste du film). Anderson aime aussi filmer et cela se voit avec des cadres soignés et une superbe photographie. Sans oublier une excellente bande originale. mais tout cela reste insuffisant.
Après 2 films réussis, Anderson se repose un peu trop sur ses lauriers à vouloir faire un film tendence d'atmosphère, finalement, totalement creux. Une vraie deception.
Par exterminator - Publié dans : Comédies - Communauté : Club de cinéphilie élitiste
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