Un 31 octobre, à Haddonfield, Illinois, le soir de la fête des masques de Halloween… La vie du jeune Michael Myers, 10 ans, bascule. Troublé
par des pulsions morbides, moqué par ses camarades d'école parce que sa mère est strip-teaseuse, harcelé par son beau-père, tourmenté par les premiers émois sexuels de sa soeur aînée, il revêt un
masque en latex et, dans un accès de folie, assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine. A la suite de cette nuit de cauchemar, il est pris en charge par le Docteur Sam Loomis, un
brillant pédopsychiatre, mais tue sauvagement une infirmière, précipitant le suicide de sa mère, désespérée.
Un 31 octobre, 17 ans plus tard. Toujours dissimulé derrière un masque et enfermé dans son mutisme, Michael s'échappe de la prison psychiatrique où il a grandi et recommence à semer des cadavres
sur sa route. Convaincu qu'il est une incarnation du mal à l'état pur, le Docteur Loomis part sur sa piste. Celle-ci mène directement à Haddonfield, là où se trouve toujours la petite soeur de
Michael, Laurie, seul membre de sa famille encore en vie. (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Quel sacré défi de s'attaquer à l'un des chefs d'oeuvre du cinéma d'épouvante signé John Carpenter avec son cultissime croque mitaine, sa musique reconnaissable entre toutes, sa mise en scène
subtile et inquiétante bref un film qui a marqué, à coup sûr, l'histoire du cinéma de genre. Peu auraient oser y toucher mais c'était sans compter sur l'une des valeurs montante du cinéma
d'épouvante, le leader de la formation métal White Zombie, devenu réalisateur, le surprenant Rob Zombie. Après 2 premiers films plutôt réussis, notamment "The Devil Rejects", sorte de film
hommage au classique "Massacre à la Tronçonneuse", Zombie se penche sur le remake d'un autre film phare du genre et dont il est visiblement fan, "Halloween" donc.
Mais là où n'importe quel réalisateur besogneux se serait contenter de le moderniser (même si l'original de Carpenter n'en n'a toujours pas besoin), Zombie a décider de s'approprier le mythe, en
le racontant en 3 phases assez distinctes.
Dans le film de 1978, John Carpenter se concentrait sur ce monstre sans ame, cherchant à tuer sa soeur après s'être échappé de l'asile psychatrique. Ici, Zombie a décidé de commencer par décrire
l'enfance difficile de Myers, victime d'un beau père alcoolique, d'une soeur indépendante et d'une mère attentive mais trop souvent absente. Ajouter à cela les railleries de ses camarades de
classe et vous avez là, un enfant seul et traumatisé qui va s'enfoncer de plus en plus dans la violence et la folie en s'attaquant, d'abord aux animaux puis aux humains.
Alors oui, ce remake nous apporte dans sa première partie, un lot d'explications assez intéressantes et assez passionantes que Carpenter avait préféré mettre de côté, laissant planer le
mystère autour du monstre. Après reflexion, on ne peut que constater que cette humanisation du monstre Myers est en complète contradiction avec la notion d'entité que Carpenter a voulu
donner à son personnage. Et là où chaque apparition de Myers provoquait un effroi chez Carpenter, c'est fatalement moins le cas ici. Cela n'empêche pas à cette première partie d'être
particulièrement réussie, superbement photographiée et mis en scène.
Viens ensuite la seconde partie, celle se rapprochant le plus de l'original de Carpenter. Myers, devenu adulte, s'échappe de l'hopital pour retrouver sa soeur. C'est ici que l'on voit réellement
que Zombie est un fan du film de Carpenter. Dans cette partie, il en reprends les principaux moments avec un mise en scène proche de celle de Big John jusqu'à l'utilisation du thême inoubliable,
presque à l'excès. Cette partie est tellement fidèle à l'original qu'on en viens à se demander finalement, hormis les explications du premier segment, de l'utilité de ce remake qui, dès lors que
l'on "refait" l'original, n'apporte pas grand chose de plus....En même temps, le classique de Carpenter en avait-il besoin....Au contraire, cette partie s'avère même, un poil décevante avec une
introduction des personnages assez superficielle. Un combre quand on sait la place du rôle de Laurie dans le scénario. Personne n'a oublié Jamie Lee Curtis dans le film original. Je doute que
l'actrice reprenant le rôle de Laurie ici, laisse la même trace.
Arrive le 3ème et dernier acte qui, cette fois-ci, se détache de son modèle. Pourquoi ? Pour pas grand chose, ce final n'apporte rien de plus, si ce n'est une longueur inutile à un film au rythme
parfaitement équilibré jusqu'alors. un final trop long donc mais aussi, assez décevant, trop focalisé sur Myers et pas assez sur une Lorie beaucoup trop hystérique par rapport à son ainée. Sans
dévoiler l'ultime moment, Zombie décide d'ouvrir une porte que Carpenter n'avait pas laissé entrevoir. Pas sûr que ce soit une très bonne idée au final.
Pour le reste, pour ceux qui étaient venu chercher une certaine dose de violence, ils ne pourront que constater une certaine retenue qui est la bienvenue. Se détachant des excès horrifiques que
le cinéma nous offre depuis quleques années, Zombie a la descence de ne pas se laisser piéger. La violence n'est donc pas graphique mais brutale, décuplant son impact.
Les fans de série B seront comblés par le casting rempli de second couteaux qui ont fait les joies des rats de vidéo clubs : Brad Dourif, Dee Wallace, Udo Kier, William Forsythe ou encore Malcom
Mac Dowell qui campe ici un docteur Loomis tout en retenue, à mille lieux de l'interprétation de Donald Pleasence dans le film de John Carpenter et ses suites
Au final, sans être une déception, ce "Halloween" version Rob Zombie ne retrouve pas la force, ni l'impact du film original, certainement, à cause du changement de statut de Michael Myers,
passant d'une entité monstrueuse inexplicable à un tueur humain devenu fou.
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