Los Angeles, 1991. Depuis qu'un vaisseau spatial accidenté les a abandonné sur notre belle planète, des extraterrestres génétiquement
programmés pour servir d'esclaves survivent dans un ghetto urbain. Ces arrivants représentent une main d'oeuvre bon marché et comme leurs hôtes, certains deviennent des gangsters alors que
d'autres entrent dans la police. Le sergent Sykes, un policier misanthrope, perd son seul ami et coéquipier, Tuggle, tué lors d'une patrouille dans ces ghettos. Il est prêt à tout pour venger le
défunt. Y compris à accepter de faire équipe avec l'un de ces "étrangers" en voie d'assimilation, Sam, à la surprise générale. (Résumé : Source : cinemotions)
A la lecture du script, on ne peut s'imaginer autre chose qu'une énième série B, vite vue, vite oubliée, avec cette histoire d'extra-terrestres ayant débarqués sur terre pour s'y intégrer et y
travailler, mais dont, certains d'entre eux, vont en profiter pour faire des affaires pour le moins douteuses. Rien de bien original donc. Alors quoi attendre d'un film pareil ? Déja, penchons
nous sur la générique. On retrouve d'abord l'ex compagne de James Cameron à la production, Gale Ann Hurd, très en vue à l'époque avec son nom aux génériques de Blockbusters à succès tel que
"Aliens" ou "Terminator" de Cameron donc. On a aussi Graham Baker, un réalisaur tout ce qu'il y a d'honnête, mais on a surtout James Caan au casting, qui ne s'est jamais embarqué dans un projet
au hasard ou encore Terence Stamp, toujours gage de qualité.
Mais "Futur Immédiat", c'est avant tout une très bonne reflexion sur la différence, l'acceptation de l'autre et, par extention, sur le racisme. En effet, le script ne s'attarde finalement
que très peu sur une intrigue policière des plus banale pour se concentrer sur le contexte de "débarquement" d'extra-terrestres pacifiques dans une société comme la notre.
Dès le début, par l'intermédiaire d'extraits de reportages télé, le réalisateur nous montre et nous explique rapidement, mais précisement l'arrivée et l'intégration de ces "aliens" qui, après une
période de quarantaine, sont embauchés pour travailler à des métiers ouvriers difficiles, en majorité dans des raffineries. La voila, la belle vague migratoire qui va aider un pays à se
développer à moindre couts.....Toute ressemblance avec des évènements déja connus n'est pas fortuite.....A travers le personnage rustre et visiblement raciste de James Cann, Baker va faire le
constat d'une société humaine peu tolérante et surtout, pas du tout prête à accueillir de nouveaux arrivants à cause de la sanpiternelle peur de l'inconnu. Ils ne sont pas comme nous, ils ne
mangent pas comme nous, bref....ils sont bizarres il faut s'en méfier. Ici, l'extra-terrestre se saoule au lait caillé, a ses parties génétales sous le bras ou fond au contact de l'eau de
mer....
Dans le cadre de l'intrigue, le sergent Sykes (James Caan), reflet de l'humain basiquement raciste comme décrit au dessus, va donc faire équipe avec "l'un d'entre eux" . Baker, profitant des
ficelles du buddy movie (au début, ils se détestent puis ils s'apprécient) va donc faire évoluer positivement son personnage humain par les différents échanges et les différentes péripéties
impliquants les 2 personnages.
Avec une justesse certaine, la reflexion fonctionne parfaitement, Baker étant visiblement plus intéressé par cette étude sociologique particulière que par l'intrigue policière, il nous propose au
final, un film extremement sympathique et attachant porté par un excellent casting et une complicité certaine entre James Caan et son alter-ego extra terrestre interprété par le toujours très bon
Mandy Patinkin, vu il y a peu dans l'excellente série "Esprits Criminels" dans le rôle de Gideon.
"Futur Immédiat" reste aujourd'hui une Serie B de très bon niveau que l'on se doit de découvrir ou de revoir.