Partager l'article ! S.O.S Concorde de Ruggero Deodato 1979: Lors d'un vol d'essai, un prototype de l'avion Concorde tombe à la mer près de La Martinique ...
Lors d'un vol d'essai, un prototype de l'avion Concorde tombe à la mer près de La Martinique sans qu'on puisse expliquer pourquoi. Pour les
compagnies bancaires qui financent les adversaires américains du supersonique, c'est l'occasion de relancer leur campagne de propagande, tandis que pour Forsyte, individu peu recommandable, c'est
le moyen de soutirer de l'argent à ces banquiers en menaçant de les accuser du sabotage de l'appareil dont son groupe est en réalité l'auteur. (Résumé : Source : les fiches du cinéma)
A cette époque, il était presque devenu normal que, dès lors qu'un film américain connaissait un succès international, le cinéma d'exploitation italien profitait du filon pour nous offrir le plus
souvent, une pâle copie fauchée et limite regardable mais, au final toujours rentable. A la vue de ce "S.O.S Concorde", on se dit que celui-ci ne dérogera pas à la règle. En effet, la même année
sortait "Airport 80", le quatrième opus de la franchise catastrophe à succès "Airport" mettant en scène cette fois-ci.....un concorde avec Alain Delon dans le rôle du capitaine. On pouvait donc
s'attendre ici, à une resucée fauchée du film catastrophe avec maquettes ultra visibles, mauvais jeu d'acteurs, intrigue vide, etc....et bien pas du tout.
Ce film n'a rien à voir directement avec le film catastrophe, du moins dans sa grande majorité, n'utilisant jamais les codes du genre comme l'habituelle interminable présentation des passagers
pendant la première demi-heure du film. Le film commence ici par le sabotage en vol d'un essai du Concorde, point de départ d'un scénario un peu complexe mais qui a le mérite d'être plutôt bien
écrit et haletant. Ce sabotage étant orchestré par une organisation qui a et défend les intérets des constructeurs concurrents, un journaliste bien informé va tenter de faire la lumière sur cette
affaire avec l'aide de la seule survivante du sabotage.
Voici donc l'intrigue de la grande majorité du film qui nous emmenera en Martinique, lieu du crash et donc, de l'investigation du journaliste interprété par James Franciscus.
Grâce à un script laissant largement la place au suspense et à l'action avec de nombreuses poursuites entre le journaliste et les individus qui veulent profiter de cette guerre
politico-économique et surtout, grace à une mise en scène inspirée de Deodato qui vaut largement mieux que sa réputation de tacheron du bis italien, on ne s'ennuie pas un seul instant avec de
très bonnes et haletantes scènes sous-marines ou poursuites automobiles à travers les superbes paysages de la Martinique.
La dernière partie du film prend un tournant plus classique, se rapprochant justement du film catastrophe avec le second sabotage en vol d'un Concorde sur un vol commercial, cette fois-ci.
Pendant cette dernière partie, tandis que l'intrigue avec le journaliste est mise de côté, nous suivons la tentative de sauvetage de ce second Concorde dont l'issue determinera la
résolution de l'enquête. Là encore, le suspense est soutenu jusqu'au final.
Techniquement, le scope met, bien évidémment en valeur les scènes sous marines très bien réalisées et rend grace à la beauté des paysages martiniquais. Dommage que la photographie soit aussi
fade. les scènes aeriennes sont quand à elles, tout à fait correctes, la production ayant bénéficié de la collaboration de la British Aerospace pour les vues aériennes. Pour le reste, les
maquettes sont, certes visibles mais, là encore, bien filmées.
Côté casting, on retrouve des habitués des productions bis italiennes de l'époque avec un James Franciscus très en forme, Mitsy Farmer, Joseph Cotten, Van Johnson ou Venantino Venantini,
tous faisants correctement leur part du boulot. C'est assez rare pour le souligner.
Ce "S.O.S Concorde" , presque oublié aujourd'hui à tord, s'avère être finalement une excellente surprise par un Ruggero Deodato qui enchainera avec le choquant et polemique "Cannibal
Holocaust" qui lui colle encore à la peau.