Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /Juin /2008 20:35


 


Quatre garçons et deux filles composent un orchestre de rock , "Les Why Notes". Chacun a un profil bien particulier : Bertrand le chanteur est par ailleurs prof dans un lycée, le pianiste saxophoniste Charles est aussi mécanicien dentiste, sa femme Aimée une des deux danseuses et choristes du groupe, la deuxième c'est Louise qui travaille dans une fabrique de poupées et rêve de partir au volant d'un poids lourd, Mickey le batteur est un inspecteur de police stagiaire souvent trouillard et démoralisé, le guitariste Frédéric qui a décidé de couper les ponts avec sa famille bourgeoise. Un jour Clara s'enfuit de l'église où vient d'être célébré son mariage et rejoint les Why Notes...  (Résumé : Source : cinemovies.fr)

"Clara et les Chics Types" ou le portrait d'une génération au début des années 80. Rien de bien nouveau, peut on penser....Sauf qu'ici, c'est écrit par la plume plus que correcte de Jean Loup Dabadie et interprété par une grosse partie de la troupe la plus adulée de l'époque suite au succès des "Bronzés". Alors, oui, encore un portrait de trentenaires un peu paumés, une bande de potes réunis autour de la musique et de leur groupe. Dès le départ, Monnet, dont c'est le premier film après une carrière de réalisateur de publicités,  nous transmet la tendresse qu'il a pour ses personnages. Chacun a un caractère différent, chacun a des problèmes différents, chacun a ses propres défauts mais tous sont attachants. Même s'ils ne se connaissent que depuis peu de temps, on ressent sans peine cette complicité, cette complémentarité qui font que ce groupe existe et vit en tant que groupe mais aussi en tant individus.
Mais est-ce simplement une apparence, une habitude qui s'installe, une méconnaissance de chacun d'entre eux ?
C'est, en tous cas lors d'un déplacement à Paris (ils habitent tous à Grenoble) pour un week end où ils doivent donner un concert que leur véritable personnalité va ressurgir et se révéler aux autres.
C'est un "élément" extérieur qui va tout déclancher avec la rencontre éclair entre le chanteur du groupe interprété par Thierry Lhermitte et une (à peine) mariée déja en fuite jouée par Isabelle Adjani. Cette rencontre aura des conséquences et livrera toute une série d'évènements où chacun d'entre eux sera impliqué.
Ce week end et ces évènements se révèlera finalement un "test" pour chacun mais aussi pour la solidité du groupe.
Sur près de 1h50, Monnet parvient à nous attendrir et à nous divertir à chaque moment. On ne peut être distant devant cet excellent portrait car chacun d'entre nous peut s'y reconnaitre, du moins un peu, dans au moins un des personnages de cette galerie eclectique. A la fois tendre et amer, ce portrait ne s'encombre pas de travers auteurisants comme le cinéma français nous a trop habitué depuis, mais nous livre une image simple et plus proche de cette génération partagée entre l'insouciance de l'adolescence et les responsabilités de l'âge adulte.
Le casting est au diapason avec l'image que ces peronnages renvoient : Lhermitte, à la fois père de famille et "victime" d'un coup de foudre adolescent, pret à tout lacher pour une fille qu'il ne connait finalement pas (toujours parfaite Adjani), Balasko, la bonne copine indépendante qui rêve d'évasion, Auteuil en petit flic apeuré qui cache bien son jeu, Clavier, éternel anxieux, souciaux à chaque instant de ne pas perdre sa femme, interprété par Marianne Sergent qui n'arrive pas à controler certaines pulsions et Bourseiller, fils bourgeois, véritable electron intellectuel libre. Tous sont absolument parfaits.
Les fans de Michel Jonasz seront comblés avec une partition tout à fait réussie pour ce film qui n'a pas connu le succès qu'il méritait lors de sa sortie et c'est bien dommage.

Par exterminator - Publié dans : Comédies - Communauté : Critiques
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