Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 16:03

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Diabolik, cambrioleur très habile, s'empare de dix millions de dollars, placés sous la surveillance de l'inspecteur Ginko. Dès lors celui-ci n'a qu'un but, arrêter le voleur et son associée de charme, Eva Kent. Avec l'aide de Valmont, un truand, Ginko met en place un piège pour arrêter Diabolik. Il veut l'attirer à une fête au château de Lady Clark, dont la collection d'émeraudes est la plus riche du monde...(Résumé : Source : cinemotions.com)

Pendant les années 60, un tout nouveau genre de bandes dessinées fait son apparition en Italie. Communément appelés "Fumetti", ces petites BD d'aventures à parution hebdomadaire ont connu à l'époque, un succès plus que phénoménal chez nos amis transalpins. En 1966, Umberto Lenzi adapte pour le cinéma l'un des plus fameux "Kriminal" avec un certain succès. Le grand producteur Dino di Laurentiis croyant au potentiel commercial du genre décide de faire adapter la BD "Diabolik" créee au début des années 60 par les soeurs Giusanni. Il en confie la réalisation au pape du "Giallo" italien, le maitre Mario Bava, lui fournissant pour l'occasion, son plus gros budget de cinéaste.
Connu pour son univers baroque et gothique ultra coloré, Bava ne va pas, ici, manquer à sa réputation. Peu à l'aise, de son propre aveu, avec l'oppulance du budget, il n'en utilisera même pas la moitié, préférant utiliser les techniques peu chères mais efficaces qui ont fait son succès.
En cette fin des années 60, la tendance est au pop art psychadélique, et le moins que l'on puisse dire, c'est que Bava plonge son film en plein dedans. Visiblement à l'aise avec cet univers, il nous emmène dans cette histoire de gentleman cambrioleur, sorte de fusion entre Arsène Lupin, Fantomas et James Bond avec une certaine maitrise technique technique et visuelle. En effet dans cet univers pop, Bava s'amuse à reprendre les codes Bondiens qui connaissent alors à l'époque, un succès grandissant. Et pour cause, on retrouve au casting, un certain Adolfo Celi, vu 2 ans auparavant dans le rôle du Spectre dans "Opération Tonnerre".
Une multituple d'influences et de référence au service d'un film qui ne s'avère somme toute pas tout à fait exceptionel. Bava n'est effectivement pas aidé par un scénario proche du néant, En effet, après un début prometteur avec la présentation du personnage de Diabolik, le film s'enferme dans d'interminables séquences psychadéliques dans l'antre du héros, accompagné par sa belle et complice. On attend donc dès lors  l'enjeu réel du film. Finalement, il est très simple. Poursuivit par un flic déterminé qui fera appel un moment à un mafieux notoire pour l'attraper, Diabolik tente de poursuivre sa quête de voler tout ce qu'il peut voler, visant de plus en plus haut...La suite étant facile à deviner.
Un intrigue qui n'a donc pas beaucoup d'intêret, si ce n'est que de multiplier les coups de Diabolik pour des causes diverses (de sa compagne, aux citoyens). Le problème étant que Bava ayant choisi de limiter son budget, il limite donc l'impact spectaculaire de ses scènes d'actions qui s'avèrent assez cheap (maquettes plus que visibles, montage approximatif). Certains diront que cela fait parti du charme et de l'univers du film, il n'en reste pas moins une impression de fauché assez décevante. Malgré cela, la qualité de mise en scène et de l'esthétisme de Mario Bava font aujourd'hui passer ce film Bis pour un chef d'oeuvre auprès des Geek, fans du réalisateur. En effet, même si le film connait de grosses faiblesses scénaristiques et de rythme, Bava ne trahit à aucun moment son propre univers, ni celui du genre.
Pour incarner Diabolik, Bava a choisi de confier le rôle au monolytique John Phillip Law. Pas sûr que le choix soit au final juditieux même si le personnage ne demande pas une composition d'anthologie. A ses côtés, Bava a choisi la superbe actrice autrichienne Marisa Mell, plus sexy que jamais devant la caméra du maitre. Et Ô surprise, coproduction Italo-française oblige, c'est Michel Piccoli qui incarne le flic obsédé par l'arrestation de Diabolik. A la vue de la carrière du bonhomme, on ne peut qu'être déçu par un prestation assez effacée.
Seule véritable satisfaction, un score au dessus de la moyenne du célèbre et prolifique Ennio Morricone.
Malgré le succès du film, il n'y aura pas de suite, Bava étant échaudé par l'expérience, il refusa dès lors, de travailler sur d'autres films à gros budgets pour éviter les pressions inhérentes à ces productions. Aujourd'hui, "Danger Diabolik" reste une curiosité tout à fait à part qui, malgré ses nombreux défauts, se laisse regarder avec un certain intéret.
Par exterminator - Publié dans : Action / Aventure - Communauté : Horrorkult.com
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