Deux inspecteurs de la B.T. découvrent le cadavre d'un député influent. Pour connaître la vérité, il leur faut approcher la tueuse Mara et ses relations plus que
douteuses. D'une séance de sadomasochisme au monde de jeux... mais ils sont dessaisis de l'enquête pour s'occuper d'occupation d'immeuble par des squatters. (Résumé : Source : cinemovies.fr)
Des années 70 au milieu des années 90, un genre policier a connu une forte popularité aus USA, le fameux "Buddy Movie" aux codes simples, avec son duo de flics partenaires, plutôt différents et
plus aux moins complices. Souvent hors système, ils se détachent des flics traditionnels par une impertinence et un caractère casse cou qui font leur particularité. Le genre a ainsi connu son
apogée avec le désormais mythique "Arme Fatale" et son duo de flics légendaire incarné par Mel Gibson et Danny Glover. Comme tout ce qui marche, on a voulu tester le genre en France dans diverses
productions plus ou moins efficaces dont ce "Ronde de Nuit" qui marque les retrouvailles entre Gérard Lanvin et le réalisateur Jean Claude Missiaen après un assez bon "Tir Groupé", tentative
remarquée d'un vigilante à la française. Bizarrement, le film commence comme un Giallo italien avec la meurtre d'un sénateur par une tueuse surréaliste, belle panthère noire, sous les yeux d'un
chat noir. Ce meurtre, point de départ de l'enquète qui va introduire notre duo de flic lance donc sur les bons rails ce polar. Malheureusement, la suite se gate un peu. D'abord à cause de la
tentative ratée de reproduire presque à l'identique les schémas des "Buddy movies" américains. Là où les ricains savent développer la relation entre les 2 flics, Missiaen se contente de quelques
scénettes sans grand intéret où l'on comprends que Lanvin est un fils d'immigré espagnol sans attache et Mitchell, un grand fan de cinéma : référence, bien sûr, à une vrai passion mais surtout, à
sa participation, à l'époque, à la cultissime emission de cinéma "La Dernière Séance" sur FR3. Autre caractéristique des "Buddy Movies", c'est souvent leur catalogue de "Punchlines", sortes de
vannes que s'envoient les 2 héros, ajoutant une note d'humour au genre. Ici, elles sont, tout bonnement, catastrophiques, tellement nulles qu'elles en deviennnent comiques, rendant, au final, le
duo trop peu crédible. C'est bien dommage car c'est ce qui fait souvent l'efficacité d'un film de ce genre. Qu'en est-il de l'intrigue, alors ? Tout d'abord, elle a le mérite d'aborder des
thêmes qui sont, malheureusement, toujours d'actualité aujourd'hui, comme le racisme, les SDF, les sans papiers, les squatts, les magouilles politico-immobilières autour de ce problème social qui
vont ammener notre duo à bousculer un système d'exploitation humain bien trop établi. Dommage que l'intrigue soit à ce point confuse, partant un peu dans tous les sens sans délivrer de message
particulier en définitive, avec l'implication lointaine des milieux politiques, celles des magnats de l'immobilier, aidés par quelques organisations mafieuses pour accomplir le sale boulot.
Ajouté à cela une enquète parallèle d'une journaliste radio qui ne rencontre jamais notre duo de flics et qui, au final n'apporte définitivement rien, on reste donc vraiment sur notre faim,
d'autant plus qu'il y avait là, de quoi nous donner un bon polar. Au lieu de cela, on est un peu perdu, tout comme le casting qui n'a pas l'air, lui non plus, inspiré par ce scénario, tellement
chacun rivalise pour jouer le plus mal à commencer par notre duo, pas aidé par des dialogues ridicules et sans intéret. Que dire de l'excellent Raymond Pellegrin, qu'on a connu autrement plus
inspiré. Malgré tout cela, le film se laisse regarder, certes, sans passion mais aussi sans ennui grâce à une réalisation plutot dynamique de Missiaen et de son directeur photo Pierre William
Glenn avec un découpage efficace et un caméra souvent en mouvement. Ajouté à cela un score surprenant mais sympathique de Hubert Rostaing et le film est sauvé du ratage intégral.
Ouf!!!