Partager l'article ! Spasmo de Umberto Lenzi 1974: Sur une plage, Christian et Xenia découvrent une femme évanouie. Remise de ces émotions, cette d ...
Sur une plage, Christian et Xenia découvrent une femme évanouie. Remise de ces émotions, cette dernière disparaît. Le
lendemain Christian la rencontre à nouveau lors d’une soirée sur un yacht. Au moment où ils s’apprêtent à faire l’amour un inconnu agresse Christian qui le tue en légitime défense. En
revenant sur les lieux du crime, Christian s’aperçoit que le cadavre a disparu. Est-il victime d’hallucination ou d’une machination diabolique à son égard ? (Résumé : Source :
cinetrange.com)
Quand on connait le style direct et sans fioriture d'un cinéaste comme Umberto Lenzi qui nous donna les Poliziesci les plus violents ou des films extrêmes comme "Cannibal Ferox" ou "La Secte des
Cannibales", on pourra s'etonner du contre pied stylistique à l'opposé des codes traditionnels du "Giallo" qu'a choisi ici Lenzi. En effet, ceux qui s'attendaient à découvrir un "Giallo"
classique avec sa dose d'érotisme parfois assez poussée et sa débauche de violence graphique, risquent d'être déçus. Lenzi préférant s'interesser à une histoire avant tout psychologique, aux
confins de la folie. Pas non plus de serial killer ici mais un homme (sympathique Robert Hoffmann) embarqué malgré lui dans une histoire invraisemblable où après avoir rencontré une femme
(superbe Suzy Kendall vue dans "L'Oiseau au Plumage de Cristal" de Dario Argento"), il est agressé par un individu qu'il fini par tuer. Mais le cadavre va disparaitre et va commencer une
multiplication de faux semblants et de fausses pistes qui vont presque l'amener à perdre totalement la raison. En choisissant un axe essentiellement psychologique, Lenzi nous entraine de
manière habile dans les doutes et les interrogations qui assaillent cet homme de plus en plus perdu entre une femme trouble et d'autres personnages tout aussi peu dignes de confiance. Pour celui
qui est hermétique à cette accumulation de manipulations psychologiques, il risque vite de se lasser de cet imbroglio qu'il est difficile à cerner. Pour les autres, ils se verront
littéralement envoutés par cette intrigue lorgnant parfois du côté de Hitchcock, toute proportion gardée bien sûr. Malgré tout cela, son appartenance au "Giallo" n'est pas volée car même si
on s'éloigne des codes du genre, on est aussi loin d'une esthétique baroque à la Bava ou à la Argento pour les plus connus. En effet, Lenzi emballe son film de manière classique, plus préoccupé
par son fond que par sa forme. Vu la force du script, cela n'a rien de dérangeant. Seule l'apparition de poupées ensanglantées qui auront leur explication dans le final, nous rappellent le genre.
Un final justement très réussi, caractérisée par un double "Twist" intelligent et haletant qu'il est extrèmement difficile de prévenir et qui ne trahit pas la montée en tension distillée tout au
long du métrage par Umberto Lenzi. Ce film reste donc aujourd'hui encore, une réussite majeure, berçée par un superbe score de Ennio Morricone (toujours lui) qui malgré un rythme assez lent, vous
emporte littéralement, quand bien même vous vous êtes pris au jeu.