Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 15:03

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Venue sur une petite île bretonne pour oublier un passé douloureux, une femme médecin est confrontée à d'étranges phénomènes, se caractérisant par l'inquiétante désobéissance d'objets domestiques se retournant contre l'usager. (Résumé : Source : horreur.com)

En quête de respectabilité dans le milieu impitoyable du cinéma, Francis Leroi, l'un des meilleurs artisans du cinéma X des années 70 s'essaye au cinéma traditionnel en s'attaquant à un vrai film de genre. Grâce à un scénario tout à fait original, Leroi nous livre un essai osé et plutôt réussi d'intrusion dans un genre où la France n'a jamais trop excellé, c'est le moins que l'on puisse dire. Tout d'abord, un lieu parfait, un île, pour installer un suspense au sein (presque) d'une communauté, un peu refermée sur elle même, qui voit débarquer du continent, un nouveau médecin, ayant décidé de changer de vie après la mort accidentelle de son mari et de son fils lors d'un accident de voiture. Son arrivée coincide avec le début  d'évènements étranges, liés chacun (là aussi c'est original) aux appareils ménagers des diverses familles de l'île. De la cafetière qui dévisage une femme au jouet qui crève l'oeil d'une enfant en passant par la couteau electrique qui sectionne les doigts d'un père de famille, cela va éveiller les soupçons de ce nouveau médecin incarné par une convainquante Annie Duperey. Toutes ces scènes sont assez réussies et plutôt gore, surprenant pour un cinéma français qui n'ose pas, à l'époque, montrer et préfère suggerer à l'opposé de nos voisins transalpins ou des américains. La scène de la main coincée dans le four est en cela assez marquante par sa dureté et par sa durée particulièrement longue. Les soupçons de Duperey vont se porter alors vers son collègue médecin, installé depuis plusieurs années sur l'île et qui ne fait pas l'unanimité auprès des habitants. Ce médecin, inquiétant à souhait, est brillamment interprété par Jean Claude Brialy, parfait en médecin ambitieux et mégalomane.
La qualité du scénario et l'implication du casting complété par Pierre Santini en maire de l'île nous font oublier la lenteur du déroulement. En effet, si on n'adhère pas immédiatement au film, on risque de rapidement de s'ennuyer à cause d'une mise en scène qui privilégie une longue mise en place et un déroulement qui joue avec les ambiances angoissantes qui jalonnent le film. 
Le film n'est pas parfait, loin de là et reserve quelques moments qui frisent le ridicule comme l'apparition de l'élément clef dans la boutique de l'île ou le moment où Duperey veut avertir un couple d'amoureux qu'il est en danger. On oubliera ces faiblesses grâce à un final long, haletant, surprenant et au suspense et à l'angoisse qui n'ont rien à envier à beaucoup d'autres pour se finir vers un épilogue incroyablement poétique.
On regrettera que ce film, récompensé par le prix du suspense au festival d'Avoriaz en 1983, soit la seule incursion de Francis Leroi dans le cinéma traditionnel avant de retourner définitivement dans le cinéma X pour disparaitre en 2002, tant ce métrage était à l'époque, un incroyable encouragement au cinéma de genre français. Le film n'ayant pas marché, il a fallu presque 20 ans (à part quelques exceptions) pour qu'une nouvelle génération de cinéastes dépoussièrent un genre plus que moribon en France pour notre plus grande joie.

Par exterminator - Publié dans : Fantastique / Science-Fiction - Communauté : Horrorkult.com
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