Partager l'article ! Psychose III de Anthony Perkins 1986: Norman Bates est enfin guéri, du moins cest ce que tout le monde croit. Il se tient à car ...
Norman Bates est enfin guéri, du moins cest ce que tout le monde croit. Il se tient à carreau et soccupe de son motel. Tout se passe bien jusquà larrivée dune journaliste enquêtant sur son cas.
Au même moment Norman aperçoit une jeune femme blonde... (Résumé : Source : filmkritic.net)
Après une suite inutile et hors sujet, 22 ans après la sortie du chef d'oeuvre de Hitchcock, trop portée sur le grand guignol et avant un téléfilm dispensable en guise de quatrième volet et
surtout avant le très dispensable remake de Gus Van Sant, véritable affront au chef d'oeuvre original, voici donc un troisième volet, qui s'avère être une excellente surprise. Derrière la caméra,
Anthony Perkins en personne qui a décidé pour sa première réalisation, de rendre un hommage poussé mais très respecteux au film qui a assis sa notoriété dans le monde entier. Différent donc du
deuxième opus, trop décalé, Perkins revenant vers les aspirations hitchcockiennes, nous livre un film d'ambiance, reléguant la superficialité et les effets gores du film de Franklin au
placard. Un hommage poussé donc car Perkins réintroduit de manière subtile et grace à une très bonne relecture, de nombreux moments du premier film comme le meurtre de la douche, la découverte de
son propre meurtre, le moment où il se débarasse des corps, allant même à refaire le même plan final. Mais tout ceci, toujours de manière différente et intelligente, appuyant subtilement
l'hommage au maitre. La similitude allant jusqu'à introduire une héroine très ressemblante à Janet Leigh, avec qui, il entretiendra une relation ambigüe et profonde, tout à fait intéressante.
Ambigu, c'est ce qu'est le personnage de Norman Bates parfaitement incarné par un acteur tout aussi ambigu que Anthony Perkins qui introduit cette ambiguité sexuelle dans la relation de Bates
avec cette nouvelle venue. Cette relation sera le noyau du film, tout comme celle que Norman entretient avec sa mère, c'est à dire avec lui, rajoutant une dose supplémentaire à cette ambiguité.
Le film étant au final, plus un drame psychologique qu'un réel film d'épouvante. Mais, on retrouve aussi les ambiances angoissantes du film de Hitchcock avec de longs moments sans dialogues,
bercés par l'excellent score de Carter Burwell, parfaitement en adequation avec l'univers angoissant du film. Dommage d'ailleurs que ce score méconnu mais majeur dans la carrière prolifique de
Burwell, n'ai pas été réedité depuis sa sortie.
Autre point fort, c'est la superbe photographie de Bruce Surtees, assez colorée et en parfaite lignée avec ce très bel hommage rendu au film original. Cette similitude se conclut par
l'arrivée du personnage de la journaliste investigatrice, persuadée que Bates n'est définitivement pas guéri et que c'est lui sui sévit toujours. Ce personnage n'est pas sans rappeler celui de
Vera Miles chez Hitchcock.
Bref, un film hommage tout à fait réussi, loin de plagier le maitre du suspens mais considéré, à tort, comme une suite inutile. C'est dommage car il ne le mérite assurément pas.