Partager l'article ! Les Durs de Duccio Tessari 1973: Charlie est un ancien forçat maintenant devenu prêtre. Il apprend qu'un copain inspecteur d'as ...
Charlie est un ancien forçat maintenant devenu prêtre. Il apprend qu'un copain inspecteur d'assurances, Lombardo, a été tué par la pègre en plus d'avoir des
soupçons de malversation contre lui. Voulant laver la mémoire de son ami, Charlie se lance dans une enquête personelle en marge de celle des forces de l'ordre. Un ancien flic, Lee Stevens, se
joint au prêtre pour l'aider dans son enquête, lui-même ayant quelques gaffes à faire pardonner après avoir déjà été piégé par la pègre. Leurs recherches, qui ne vont pas parfois sans
l'utilisation de la manière forte, mènent tout droit vers un certain Snake, un truand de race noire, violent et dangereux. Alors que Snake abat sa maîtresse parce qu'elle possédait le magot d'un
vol de banque que Lombardo devait récupérer, Charlie et Stevens parviennent enfin à le coincer. Un affrontement meurtrier est donc inévitable. (Résumé : Source : clubdesmonstres.fr)
Quand les producteurs italiens, toujours prêt à exploiter un fillon qui rapporte, décident ici, en la personne de Dino de Laurentiis, de nous offrir un film tendence "Blaxploitation". Ce qui, sur
le papier peut effrayer : on s'imagine déja un nanar avec son lot de gueules et faisant passer une banlieue quelconque italienne pour une ville des Etats-Unis. Surprise, il n'en ai rien. De
Laurentiis a mis le budget pour s'offrir un tournage à Chicago, ammenant avec lui, le polyvalent Duccio Tessari, qui s'est déja essayé à tous les genres. Non content de cela, il nous propose un
casting de première classe avec la surprise du chef, la présence de Lino Ventura dans cette série B d'exploitation, venu cachetonner aux côtés du grand Issac Hayes (vu dans "Truck Turner" entre
autres films de "Blaxploitation") et de Fred Williamson, l'un des papes black de la série B, voire Z, qui fera la plus grand partie de sa carrière en Italie.
Avec tout cela, on était en droit d'attendre à une véritable bombe, LE film accomplissant la rencontre fantasmée du "Poliziesco" et de la "Blaxploitation".....Et bien, même si le film est
honnête, on est quand même assez déçu. Trop prometteur peut-être, ce film n'est pas plus qu'une sympathique histoire de vengeance classique où sont impliqués trois personnages complètement
différents. Un scénario hyper léger, pas très étonnant pour le genre, mais un film surtout assez vide de situations surprenantes et marquantes. Tessari, beaucoup plus à l'aise dans ses contrées,
se contente de mettre platement en image cette histoire, sans jamais chercher à la mettre en valeur. C'est malheureusement aussi le cas de son casting, avec un Lino Ventura, surprenant dans le
rôle de ce prêtre qui ne se déplace qu'à vélo mais qui donne réelement l'impression de s'être perdu ici. Peu impliqué, il ne se contente que de quelques séquences de bastons, auxquelles il nous a
habitué maintes et maintes fois, ancien boxeur oblige. Accompagné par un Issac Hayes aussi peu inspiré, leur complicité attendue, n'est pas très visible mais surtout, pas du tout exploitée par un
scénario qui privilégie la forme avec pas mal de bastons et de fusillades, que le fond, avec leurs histoires respectives, assez succintes.
Que dire de Fred Williamson en méchant de service, trop peu présent et trop peu inspiré qui a l'air, visiblement ici, de s'ennuyer.
Restent quelques bonnes bastons, quelques moments d'actions qui sauvent ce film d'un ratage fatal. Il se laisse malgré tout regarder assez agréablement mais sans passion non plus. On se
rattrapera sur la partition musicale signée Issac Hayes, toujours aussi funk et soul bref, un véritable régal.
Loin d'être le film qu'on était en droit d'attendre, "Les Durs" n'est qu'un film d'exploitation de plus, pas pire et pas mieux que la moyenne. C'est la frustration qui domine au
final.