Partager l'article ! La Fille Qui en Savait Trop de Mario Bava 1963: anti_bug_fc Nora, une jeune américaine en séjour à Rome, es ...
Pour son dernier film en noir et blanc, Mario Bava s'intéresse pour la première fois à un genre très populaire, alors en
librairie, le Giallo. Ce genre, encore très peu abordé au cinéma à l'époque, connaitra une élan de popularité pendant presque 15 ans sous l'impulsion de ce même Mario Bava, qui signera,
quelques années plus tard, LE chef d'oeuvre du Giallo, "Six Femmes pour l'Assassin". Pour les amateurs, on ne saura trop recommander des perles comme "La Queue du Scorpion" de Sergio Martino,
"Le Tueur à l'Orchidée" de Umberto Lenzi ou "L' Oiseau au Plumage de Cristal" de Dario Argento, pour les plus connus....
"La Fille qui en Savait Trop" qui cherche encore ses marques dans le genre, est, finalement plus un polar sur la paranoia qu'un réel Giallo. En effet, adaptant un scénario superbe et très
soigné, signé notamment par le réalisateur du docu choc "Mondo Cane", Franco Prosperi et par lui-même bien sûr, Mario Bava, faute de réaliser un Giallo pur, va reprendre tous les codes du
genre, utilisés depuis un grand nombre d'années dans les livres, comme une série de meurtres suivant les lettres de l'alphabet. On se souviendra aussi de la scène où l'héroine, férue de lecture
de Gialli, va se servir de ce qu'elle a lu pour se protéger et parer à toute intrusion dans sa maison.
Un film sur la paranoia donc avec cette fille, qui, fraichement débarquée à Rome, va assister au meurtre d'une jeune femme en pleine nuit sur la fameuse Piazza di Spagna à Rome. Le problème
c'est que personne ne l'a croit, s'étant evanouie, le corps et toute trace ayant disparus. S'en suivent les certitudes de cette fille que personne ne veut entendre mais aussi, ses doutes, à se
demander si elle est folle ou non. Elle sera alors accompagnée dans son enquête par un jeune médecin épris d'elle, interprété par un tout jeune John Saxon, un futur grand habitué des
productions bis italiennes et américaines. La suite de l'intrigue reservera son lot de surprises et de rebondissements qui font, de ce film, une oeuvre majeure dans la carrière du maître.
Dernier film en noir et blanc donc, de Mario Bava, et une nouvelle fois, son utilisation est superbe. Jouant parfaitement sur les ombres et les lumières, le film se passant en majorité de nuit,
la photographie n'est pas sans rappeller certains éléments de l'expressionisme allemand, comme les couloirs, l'angle, le double, le reflet ou l'ombre mais aussi; les vieux polars US des années
30, 40.
Un film intense, court et sans réel temps morts, qui mériterait vraiment à étre plus reconnu dans la carrière du grand Mario Bava.