Policier / Thriller

Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 11:01

Le commissaire Betti a perdu son frère au cours d’un hold-up meurtrier. Endurci par ce drame, il tente de mener un combat exemplaire contre le crime. Cependant, peu de jours après, un jeune homme est abattu dans un autobus, en plein centre ville. Cet événement ravive son traumatisme. Désireux de châtier les coupables sans délais, les méthodes expéditives de Betti finissent par lui coûter son poste. Renvoyé de la police, il rejoint un comité de citoyens-justiciers désireux, tout comme lui, d’en découdre avec l’impunité dont jouissent les criminels. (Résumé : Source : wikipedia)

En ce milieu des années 70, l'insécurité et la délinquance règnent dans les grandes villes italiennes. Entre mafia et brigades armées, les fameuse brigades rouges, les pouvoirs politiques et la police restent impuissants devant un tel déferlement de violence, ces fameuses "années de plombs" marquant une étape importante dans l'histoire de la société italienne. En effet, à cette époque, l'Italie est marquée par une forte recession accompagnée d'une faillite politique conséquente qui ne se s'appaisera réellement qu'au début des années 80.
L'opportuniste cinéma populaire italien ne pouvait pas passer à côté de cet état de fait de société, rajouté à cela l'énorme succès de l'autre côté des Alpes des aventures de l'inspecteur Harry Callahan incarné par Clint Eastwood, on verra naitre un nouveau genre, le fameux "poliziesco", surfant sur ce sentiment d'insécurité, mettant en scène, la plus part du temps, un flic marginal décidé à faire régner l'ordre au dessus des lois.
Parmi les nombreuses productions qui verront le jour, ce "Roma Violenta" fait parti, encore aujourd'hui, des pierres angulaires du genre.
Enorme succès en Italie, ce film est d'une efficacité redoutable. Partant d'un script classique qui voit le héros policier personnellement investit à faire le ménage dans les rues après la mort brutale de son frère, le film enchaine de manière quasi ininterrompue les scènes d'action, faisant passer les 1h25 du métrage, à une vitesse folle.
Du point de vue la forme, le film se situe donc largement au dessus de la moyenne par une réalisation très nerveuse de Girolami, qui signe ici le film sous le pseudo de Franco Martinelli et qui s'avère être le père d'un autre réalisateur de genre italien, Enzo G Castellari. On notera une des scènes de poursuite automobile les plus halletantes de la production, presque un modèle qui n'a rien à envier aux productions US.
Mené par le regretté Maurizio Merli dont c'est l'un de ses premiers films, le film contient son lot de "Gueules" habituées du genre : Ray Lovelock, John Steiner et Richard Conte, le "Barzini" du "Parrain" de Coppola.
Du côté du fond, le film est beaucoup plus contestable. A la limite d'être réac, le film bascule du poliziesco classique vers le "vigilante flick" assumé, pronant ouvertement l'auto-justice dès lors où, devant l'impuissance de la police, le personnage de Merli rejoint une milice qui décide d'aller taper du déliquant dès la nuit tombée. Là où Lenzi frôle souvent la limite dans ses films, Girolami joue, lui, la carte à fond en assumant pleinement la carte de l'auto-justice et ce n'est pas le timide discours final de Ray Lovelock qui nous fera changer d'avis.
Bref, malgré un positionnement discutable, "Roma Violenta" reste, quand même, un grand classique du genre.

Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller - Communauté : Cinéculte
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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 15:20

Le détective noir John Shaft enquête sur la mort du frère de sa maîtresse, tué par son associé pour une histoire de loterie clandestine. Le voilà à nouveau plongé dans les bas-fonds de Harlem, au cœur du monde de la drogue, de la prostitution et du crime...(Résumé : Source : wikipedia.com)

Il n'aura pas fallu très longtemps pour voir revenir le nouvel héros de la blaxploitation, le coolissime John Shaft dans une nouvelle aventure. En effet, après le succès fulgurant du premier opus, "Shaft, les Nuits Rouges de Harlem", la MGM mit très peu de temps pour lancer la production d'une suite en lui allouant un budget plus conséquent permettant à Gordon Parks de dynamiser sa mise en scène qui manquait sensiblement de rythme lors du premier film.
Le défi était aussi de ne pas baisser de niveau sachant que lors de cette années 72, une ribambelle de productions du genre (Superfly, The Final comedown...) furent lancées avec un succès toujours grandissant. L'enjeu était donc de taille.
On retrouve donc le détective John Shaft, toujours aussi cool, toujours aussi tombeur de femmes, réapparaissant dès les premières images dans les bras de la très belle soeur de son ami sur le point de se faire assassiner.
Point de départ d'une intrigue une nouvelle fois classique où John Shaft va encore être au milieu d'une guerre de territoires entre les pègres black et blanche. En cela, même si l'histoire est différente dans la forme, le fond reste le même, celle d'un héros solitaire qui va devoir se dépatouiller seul de situations embarrassantes qu'il subit presque malgré lui. On retrouve même le personnage de Moses Gunn qui était au centre de la première histoire.
Rien de nouveau donc, sauf que l'invincible et impertubable héros du premier opus sera, cette fois-ci, davantage mis en danger comme en témoigne cette superbe scène de baston dans un club, tournée au ralenti qui voit Shaft être roué de coups. Un effort bienvenu et qui faisait auparavant défaut, relevant considérablement un récit presque synonyme de déja-vu. Une nouvelle fois, en effet, l'histoire ne reservant que très peu de surprises, reprend au départ, les défauts du premier film, un rythme et une mise en scène un peu mollassone qui peinent à faire avancer une histoire basique. Mais rapidement, Parks, par une mise en scène plus travaillée et l'introduction de scènes d'action musclées, va faire passer le film à une vitesse supérieure, redonnant un intéret à l'entreprise.
Le long final (presque 20 minutes) vaut presque à lui seul le détour avec une belle poursuite automobile, une autre entre un bateau et un hélico et enfin, une longue fusillade haletante.
Faire mieux que l'original est un pari souvent non tenu, mais force est de constater que c'est ici le cas, permettant à ces "Nouveaux Exploits de Shaft" de se positionner au dessus du lot du reste de la production. Il n'en sera malheusement pas de même pour la troisième et dernière aventure de Shaft "contre les Trafiquants d'Hommes".

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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 19:52

John Shaft est un détective privé noir américain hors norme. Il est cool mais implacable et téméraire. Il marche seul et ne fait confiance à personne. Shaft est engagé par un parrain de Harlem pour retrouver sa fille kidnappée par la mafia. Menée sous l'œil attentif des flics, l'enquête se révèle nettement moins simple que prévu; Shaft se retrouve alors plongé dans l'univers underground newyorkais où la violence est la seule issue...  (Résumé : Source : cinémotions.com)

En ce début des années 70, le cinéma américain a son lot habituel de stars : Paul Newman, Steve McQueen, Henry Fonda et j'en passe....mais depuis quelques années, un acteur de couleur a réussi à s'immiscer parmi eux grace notamment à son interprétation dans "Devine qui vient Diner" et "Dans la Chaleur de la Nuit", c'est l'excellent Sydney Poitier, mais il est le seul à exister parmi une troupe entière d'acteurs blancs. Et encore, ses rôles sont écrits par des blancs et il est dirigé par des blancs. La communauté noire n'a donc d'autre choix que de s'en contenter, jusqu'à ce que débarque un petit film indépendant réalisé par Melvin Van Peebles, le désormais mythique : "Sweet Sweetback's Baadasssss Song". Produit de manière quasi artisanale, ce film connaitra un succès sans précédent dans la communauté black, ce qui, forcément, va eveiller la curiosité des producteurs hollywoodiens, découvrant le potentiel commercial que d'autres productions du genre peuvent apporter.
C'est alors que la MGM décide de donner sa chance au réalisateur Gordon Parks en lui confiant la réalisation d'un scénario qui était initialement prévu pour être interpreté par un blanc.
Le casting s'engage pour trouver le nouveau héros black, Isaac Hayes s'étant lui-même présenté mais finalement choisi pour composer l'inoubliable partition musicale de ce "Shaft", c'est Richard Roundtree qui sera finalement retenu pour incarner ce detective à la cool attitude.
Disposant d'un budget assez confortable pour l'époque, Gordon Parks signe un polar classique, très axé sur son personnage central qui va se retrouver pris au milieu d'une guerre de gangs blancs et black. Même si Roundtree assure et dégage un charisme certain, le film pêche un peu par son déroulement sans surprises et son rythme assez lent, plombé les diverses "aventures" du coooool Shaft. En effet, l'intrigue avance doucement, de manière prévisible jusqu'au final qui s'avère assez réussi.
Premier film d'une trilogie, cet opus ne s'avère pas être le meilleur (le suivant étant plus intéressant)  ce qui n'empêchera pas le film de connaitre un énorme succès, lançant avec le film de Van Peebles, un genre à part entière, la blaxploitation qui nous livrera quelques perles (Superfly, Foxy Brown...) et quelques acteurs mythiques tels Fred Williamson ou Pam Grier.
Même si ce film ne révolutionne pas le cinéma, il aura eu le mérite de donner une place méritée à toute une génération d'artistes, permettant à la communauté black, fortement discriminée à cette époque, d'exister et de s'exprimer à travers le cinéma.
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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 22:55


Babe, étudiant en histoire, s'entraîne dans Central Park pour le marathon de New York. Son frère Doc, membre d'une organisation gouvernementale secrète, est assassiné sous ses yeux. On apprend que le Dr Szell, un criminel de guerre nazi, serait venu récupérer un trésor de guerre qu'il avait confié autrefois à son frère.  (Résumé : Source : cinemovies.fr)

Sorti en 1975, le roman homonyme de William Goodman connaitra une rapide adaptation cinématographique. En signant lui-même le scénario de cette mise en image, Goodman va garder ce qui faisait l'une des qualités première de son livre, un récit, un premier temps éclaté où chaque élément va se recoler à d'autres au fur et à mesure que l'on avance dans l'intrigue, Schlesinger ne trahissant à aucun moment ce canevas tout à fait particulier et prenant.
Mais au-dela de cette histoire finalement simple d'un homme pris dans un engrenage dans lequel il va devoir se sortir seul, "Marathon Man" est avant tout, un film sur la pananoia. La première chose que nous apprends ce film, c'est de ne faire confiance à personne. En effet, chaque personnage se sentira ou se verra trahit à un moment par un plus ou moins proche. A commencer par le naif Dustin Hoffman, sorte de rat de bibliothèque décidé à réhabiliter la mémoire de son père, victime du maccarthysme. Tout d'abord, persuadé de connaitre la vie de son frère aussi bien que celle de son père, il apprendra malgré lui qu'il a eu tord de se fier aux apparences en devenant l'homme à abattre. Mais il ne sera pas le seul à avoir peur. Car même ceux qui cherchent à l'éliminer, subissent ce sentiment de solitude et de paranoia, ne pouvant pas eux-même, se faire confiance entre eux. Chacun essayant de tirer profit de la situation. Des circonstances qui font de cette intrigue, un puzzle difficile à reconstituer et surtout, truffé de surprises et de rebondissements.
Les situations s'enchainent, en effet, à un rythme effréné, celui d'une longue course piégeuse où on est seul face à des adversaires tout aussi seuls, une sorte de ... marathon....
Plus "entrainé" que les autres, habitué par cette course contre les autres, le magistral Dustin Hoffman aura, malgré les apparences, toujours une longueur d'avance face à des personnages doubles et inquiétants, interprétés les excellents Roy Scheider, Marthe Keller, William Devane et surtout, Sir Laurence Olivier en ancien nazi, dentiste tortionnaire, récompensé pour ce rôle par un Oscar.
La rencontre Olivier/Hoffman nous vaudra une scène difficile, devenue culte où Laurence Olivier torture Hoffman en lui répétant sans cesse : "C'est sans danger ?". 
Entre Paris et New-York, Goodman et Schlesinger nous embarquent dès la première minute dans ce thriller unique qui fera date, le film étant devenu pour les cinéphines, un classique.

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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 22:50

 

À la recherche du colocataire idéal, trois amis font passer un examen d'entrée très strict à bon nombre de postulants jusqu'à ce qu'ils découvrent la perle rare en la personne de Hugo. Celui-ci se révèle tellement discret qu'il meurt en silence, enfermé dans sa chambre, quelques heures seulement après avoir emménagé. Avec le corps se trouve une valise pleine de billets qui va rapidement avoir raison d'une longue amitié. (Résumé : Source : commeaucinema.com)

On pensait le temps des cinéastes à la fois inspirés et touches à tout, révolu. En effet, depuis presque 20 ans, les réalisateurs ne sortent plus trop d'une case dans laquelle ils se sentent bien, prenant pour l'occasion, un minimum de risques, preuve aussi d'un manque manifeste de remise en question de la génération en activité. Heureusement, il reste quelques exceptions qui ont décidé de marcher sur les traces des artisants d'un cinéma de genre éclectique, qui a tant fait le bonheur de millions de spectateurs par le passé, amateurs d'un septième art un peu en marge.
Et Danny Boyle fait partie de cette catégorie de cinéastes ambitieux et audacieux, décidés à explorer toutes les facettes du cinéma de genre. "Trainspotting", "Sunshine", "28 jours après", "Une Vie moins Ordinaire"....autant de films très différents et tout autant surprenants marquant une carrière déja riche de nouvelles expériences cinématographiques.
Il fallait bien un point de départ à cette carrière et c'est avec ce thriller à petit budget, réalisé avec grand talent que Danny Boyle allait se lancer.
A priori, il y avait peu de chances pour ce "petit" film écossais d'arriver sur nos écrans mais dès les premières minutes, on comprends vite que l'on est pas devant une énième série B de base, mais devant un métrage déja ultra maitrisé dans son écriture, sa mise en scène energique dès le générique speedé au son d'un morceau de Leftfield, et son ton résolument tourné vers un humour noir très prononcé, so british.
Ce portrait acerbe d'une amitié pourtant solide est toujours aussi admirable presque 15 ans après grâce à une vraie volonté du cinéaste de ne pas intellectualiser à outrance son propos mais d'explorer à fond le territoire d'un ton à la fois décalé et percutant, presque dérangeant tellement Boyle pousse le cynisme assez loin. Un cynisme qui basculera vers une violence assez dure qui ne peut laisser indifférent dès lors que les trois amis se déchirent pour s'emparer des billets. Trois personnages complètement différents à la base mais au final, tous aussi barrés les uns que les autres. D'un tout jeune Ewan Mc Gregor un peu dingue, à la calculatrice Kerry Fox en passant par le comptable pas si coincé que cela interprété par l'excellent Christopher Eccleston, ils forment un trio d'acteurs à la performance mémorable.
Bref, ce premier film s'avère toujours un coup de maitre pour un réalisateur récompensé récemment par un Oscar pour son "Slumdog Millionnaire", qui promettait beaucoup et qui n'a presque jamais deçu.

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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 21:18


Paolo, inspecteur de police se rend incognito à Milan afin de démanteler un réseau de prostitution adolescente qu'un maniaque particulièrement cruel hante. Son enquête le mène vers un banquier intouchable... (Résumé : Source : devildead.com)

Pas de traduction française pour ce film de Sergio Martino resté inédit chez nous. En effet, ce film fait partie de la longue liste des longs métrages transalpins oubliés par nos chers distributeurs préférant, à l'époque, miser sur des copies fauchées de succès US qui auraient mieux fait de rester où elles étaient.
Petit retour sur l'eclectique Sergio Martino qui signa quelques unes des plus belles pages du cinéma de genre italien des années 70, surtout dans le giallo avec "la Queue du Scorpion" ou "Torso" mais qui commis aussi quelques nanars mémorables comme "Le Continent des Hommes Poissons" ou "Atomic Cyborg". Véritable touche à tout, il reste malgré tout, l'un des derniers représentant d'une époque et d'un cinéma quasi disparu.
Comme beaucoup de ses compatriotes, il a oeuvré dans de nombreux genres, suivant les modes importées d'outre-Atlantique, du Western à la comédie paillarde. Une expérience qui lui servira pour signer ce film à part qu'est cette "morte suspecte d'une adolescente".
A part, parce que s'entremêlent ici la comédie, le thriller et le poliziesco. Un cocktail particulièrement surprenant qui va s'avérer au final, assez destabilisant. Ne choisissant jamais de priviléger un genre, Martino nous livre un film bancal, une sorte de compilation de scènes au ton très différent, liée par une trame des plus simples, l'enquête d'un flic marginal (un grand classique du poliziesco) pour démanteler un réseau de prostitution.
Le film commence comme un giallo basique avec un meurtre particulièrement violent commis par un individu tout ce qu'il y a d'inquiétant. Jusqu'ici rien de surprenant, on pense assister à un nouveau thriller "à l'italienne", Martino usant immédiatement des codes du genre (érotisme et violence froide) avec talent. Mais c'est alors que le flic enquêteur débarque et que le film change littéralement de direction avec ce personnage interprété par l'excellent et regretté Claudio Cassinelli au fort accent comique. Malheureusement, à peine la tension installée, elle retombe comme un soufflet à cause des nombreuses situations légères impliquant ce flic : le running gag des lunettes brisées, les scènes avec son jeune accolyte, ses rencontres avec la jeune prostituée ou les vannes de son collègue...
Bref, on est rapidement perdu avec le sentiment grandissant que l'on s'est trompé de film.
Mais Martino n'est pas le dernier des nazes et nous assène, tout de même, de nombreuses (bonnes) surprises de mise en scène, quelques moments particulièrement graphiques ainsi qu'une excellente scène de poursuite automobile digne d'un grand poliziesco, même si elle reste complètement gratuite et presque hors sujet.
Au final, on ne peut qu'être partagé devant ce film surprenant, presque inclassable mais qui mérite tout de même d'être découvert, tellement il se détache du reste de la production de l'époque et qui reste agréable à suivre.

Trailer

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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 18:25



Avocat de son métier, Franck Galvin a failli être radié du barreau, il y a quelques années, pour une affaire qui a mal tourné. Professionnellement, il est fini. Il est même devenu un peu alcoolique... C'est à ce moment-là que son vieil ami et ancien partenaire, Mickey Morrissey, lui apporte une affaire cousue main, où Galvin ne pourra pas perdre parce que l'injustice est trop flagrante. En effet, à la suite d'une erreur d'anesthésie, Deborah Ann Kaye, entrée à l'hôpital Sainte-Catherine pour y accoucher, a sombré dans un profond coma. Totalement bouleversés, sa soeur et son beau-frère, qui ne cherchent pas à incriminer la clinique, veulent seulement une indemnisation...  (résumé : Source : cinemovies.fr)

Personne, encore de nos jours, n'a pu oublier le premier film de Sidney Lumet, l'illustrissime "12 Hommes en Colère", un huis-clos étouffant où l'on assiste à la longue délibération d'un jury lors d'un procès difficile. 25 ans après, Lumet retourne au tribunal pour nous offrir un film plus classique mais néanmoins fort réussi.
Basé sur un livre de Barry Reed et une adaptation de David Mamet, l'histoire sur le papier est, somme toute, assez basique. Un avocat sur la pente très descendante accepte de plaider ce qui pourrait être sa dernière affaire, se battant contre une institution religieuse et un cador du barreau particulièrement obstiné et manipulateur.
Réalisé par n'importe quel tacheron d'Hollywood, ce scénario aurait pu nous donner un film plus que quelconque mais heureusement, Lumet a le grand talent de souvent sublimer ce qu'il filme.
Tout d'abord, parce qu'il prend le parti de dresser un superbe portrait d'avocat sur le déclin, victime d'une accumulation d'affaires perdues et d'une magouille judiciaire,  dans une première partie où nous suivons ce personnage à la dérive dans une succession de scènes sans dialogues où l'homme est absolument seul. Cette solitude qui va le pousser à porter devant le tribunal, une dernière affaire particulièrement casse gueule, qui pourrait le faire revenir sur le devant de la scène. Et malgré la désaprobation de son dernier ami et même de ses "clients", il se décide à se jeter dans ce qui pourrait donner un dernier sens à sa vie mais qui pourrait aussi le condamner définitivement. Il est seul, il se battra seul contre tous.
Sans aucun effet de style, Lumet parvient rapidement à nous immerger dans cette histoire en apportant un aspect thriller discret et parfaitement intégré à son entreprise. Dès lors que la machine est lancée, la pression ne fait qu'aller crescendo avec son lot de d'obstacles qui sont autant de rebondissements et même si le rythme est assez lent, on ne s'ennuie pas une seconde à suivre le déroulement de cette partie d'echecs au dénouement sans surprise.
Louons aussi la performance de Paul Newman dans une prestation qui aurait pû mériter l'Oscar et qui domine le film de bout en bout, épaulé par l'apparition envoutante et pleine de surprises d'une Charlotte Rampling toujours aussi mystérieuse. Sans oublier l'éternel mais toujours excellent second couteau Jack Warden et un James Mason dans l'un de ses derniers rôle, magistral en avocat de la défense.
Même si ce film ne révolutionne pas le genre comme l'a pu faire ses "12 hommes en Colère", ce "Verdict" reste néanmoins passionnant à suivre.

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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 15:33


Armé de ses jumelles, le commissaire Duche surveille de sa voiture la reception donnee a la villa de Raymond Bettoun. Ce dernier dirige le clan des juifs pieds-noirs, qui regne en maitre dans le milieu du racket. Duche n'a jamais reussi a confondre la famille Bettoun. Mais dans l'ombre, Pascal Villars a jure la perte des Bettoun. Il va reussir a dresser le clan des Arabes contre celui des Juifs.  (Résumé : Source : cinemotions.com)

Pour son premier film, Alexandre Arcady s'était intéressé à l'exil des pieds noirs d'Algérie en 1954 dans "le Coup de Sirocco", un long métrage assez réussi qui lui valu une premiere reconnaissance critique et publique. Fort de ce succès et plutôt certain de son talent, Arcady allait, cette fois-ci, s'inspirer de l'histoire des frères Zemour pour nous proposer un film policier aux accents pieds noirs à gros budget et très gros casting, bref un film très ambitieux, peut être même un peu trop.
Tout d'abord, revenons sur le contexte. Pendant les années 70, une fratrie, celle des frères Zemour, surnommée "Z" régnait dans certains quartiers de Paris et spécialisée dans le proxenétisme. Il seront impliqués dans une guerre des gangs qui aboutira à la fin de leur règne aux début des annés 80.
Sans être citée une seule fois dans le film, la similitude entre la famille Bettoun et les Zemour parait plus qu'évidente à la lecture du script. Ce qui, à la base, parait être plutôt une bonne idée, permettant au scénario de se détacher d'une histoire réelle qui l'aurait enfermé dans une structure définie, s'avère être au final, une grande erreur.
En effet, visiblement fasciné par le portrait de la famille mafieuse peinte par Coppola dans "Le Parrain", Arcady s'en inspire clairement en allant même jusqu'à lui repomper les 40 premières minutes en intégralité. Oubliés les Zemour, les Bettoun c'est plutôt les Corleone....mais du pauvre, Arcady ayant du mal à se détacher de son modèle US, fait, finalement, pale figure à côté du film de Coppola.
Après ces très longues et poussives 40 minutes où on fait le tour du casting très fourni avec un Roger Hanin en roue libre, limite irritant et malgré cette comparaison inévitable, le film se regarde par la suite avec un certain intéret comme un polar lambda d'un plutôt bon niveau se focalisant sur l'affrontement entre le clan Bettoun (Hanin mais aussi les excellents Berry, Darmon, etc...) et le "traitre", Bernard Giraudeau avec, au milieu, un Jean Louis Trintignant dans le rôle d'un flic obstiné et obscur.
Au final, Arcady maitrise tant bien que mal ce "gros" film avec une seconde partie et un dénouement qui, sans être d'une grande originalité, sont assez relevés et nous permettent de suivre les presque 2h20 de film sans trop d'accrocs.


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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 09:47

 

Carine, vendeuse dans une parfumerie de luxe, est agressee par trois loubards dans un train de banlieue, un soir. Elle est tuee. Antoine, son ami, est desespere. Il decide de retrouver les tueurs. Il est sur une piste lorsqu'il retrouve chez un receleur, le camee qu'il venait d'offrir a Carine...  (Résumé : Source : cinemotions.com)

En ce début des années 80, le cinéma de genre américain connait une vague de films soulevant le thême très tendentieux de la justice individuelle, l'autodéfense. Une "mode" issue d'un sentiment d'insécurité grandissant dans les grands métropoles où la délinquance est en augmentation constante avec des autorités de plus en plus impuissantes.
Forcément, le cinéma allait surfer sur ce fait de société en créant un genre avec un film fondateur en 1974 : "Un Justicier dans la Ville". Par la suite, le "Vigilante Flick" nous livrera des films tels que "Class 1984", "Le Droit de Tuer" ou plus recemment, "A Vif" avec Jodie Foster.
Le cinéma de genre français ne pouvait pas passer à côté de cette vague de succès commerciaux et, en peu de temps, produira, lui aussi, son petit lot de films similaires tels que "Legitime Violence" avec Claude Brasseur et ce "Tir Groupé ", la même année.
D'un scénario assez basique, très proche de certains films d'outre-Atlantique, Jean Claude Missiaen, dont c'est le premier film, nous livre un film finalement, assez bancal.
Tout d'abord, il se détache des productions US en ne pronant pas le vigilantisme à tout prix. Même si ce n'est pas forcément un mal, il se prive, tout de même, d'un point de vue. En effet, le film ne prend jamais parti, ni dans un sens, ni dans l'autre. En ne confrontant jamais, le pour et l'anti, le scénario annihile toute reflexion sur le sujet et reduit le film à une simple série B. Missiaen se contente donc de suivre, d'un côté l'errance et la colère du personnage de Gérard Lanvin, qui se décide sur le tard, à réagir, et de l'autre, l'enquête policière menée par un Michel Constantin, déja en pré-retraite.
Bref, on s'ennuie à suivre une histoire sans tensions veritables et qui n'évolue que très peu (pas de suspens, ni de rebondissements) et qui se résout de manière beaucoup trop rapide, sans parler des flash-back de bonheurs perdus (les moments amoureux entre Lanvin et Jannot) qui plombent encore plus un rythme déja assez lent.
Restent un très bon casting, hormis Constantin, avec un Lanvin parfaitement crédible, une belle série de gueules (Pinon, Blanche, Milo) et une non moins belle photographie de Pierre William Glenn qui rend grace au Paris by night.
Bref, un film loin d'être inoubliable dont le sujet aurait mérité plus de risques et plus d'intensité car, même si les productions US ne sont pas exemptes de tout reproche, elle ont le mérite de provoquer des réactions et une vraie réflexion.
Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 21:37



Frank Murphy est pilote d'hélicoptère à l'Astro Division, la section aérienne du Los Angeles Police Department. Après avoir assisté à l'agression mortelle d'une femme impliquée dans la lutte contre les violences urbaines, il décide d'enquêter pour son propre compte, persuadé qu'il s'agit d'un assassinat déguisé. Parallèlement, il est chargé de participer aux essais d'un nouveau prototype d'hélicoptère ultramoderne destiné à surveiller la foule lors des prochains Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles. Il va bientôt comprendre que les deux évènements pourraient être liés. (Résumé : Source : wikipedia)

En ce début des années 80, le cinéaste touche à tout, John Badham (La Fièvre du Samedi Soir, Dracula...) s'interesse de près aux nouvelles technologies mais surtout à leurs dérives. Cette année-là, il dénoncera tout d'abord, l'automatisation systématique, le pouvoir des machines dans "War games" où un jeune adolescent, croyant jouer à un jeu vidéo, est à la limite de déclencher une troisième guerre mondiale devant son ordinateur. Bien sûr, le film a pas mal vieilli, l'informatique ayant énormément évoluée depuis, mais la reflexion reste toujours de mise de nos jours.
Après ce sympathique divertissement, Badham enchaina immédiatement avec le film qui nous interesse ici : "Tonnerre de Feu".
Cette fois-ci, ce sont les dérives de la vidéosurveillance que denonce le cinéaste à travers un complot visant à imposer le dernier cri de la surveillance urbaine à une société qui refuse d'être épiée.
Une fois encore, sous couvert d'un film de pur divertissement, Badham nous offre une vraie réflexion intelligente sur le flicage grandissant voulu par nos autorités. Là encore, Badham en adaptant un excellent de Dan O'Bannon et Dan Jakoby, soulève un débat qui est plus que jamais, toujours d'actualité de nos jours.
Cinématographiquement parlant, là aussi, le film s'avère être une incontestable réussite qui n'a pas pris une ride, cette fois-ci. Grace à des scènes d'action très bien découpées et tournées en plans réels, en ces temps de fond vert, ça fait du bien, le film se déroule d'une manière extremement rythmée, soutenu par un scénario qui ne n'est pas avare, non plus en séquences à suspense, notamment dans le dernier acte.
Côté casting, c'est Roy Scheider qui est au coeur de cette machination, livrant une excellente prestation d'ex pilote du Vietnam en proie à des traumatismes, qui va déjouer le complot. Il est épaulé par un tout jeune Daniel Stern, excellent en apprenti pas aussi bête qu'il en a l'air.
Face à eux, c'est Malcom McDowell qui endosse le rôle du méchant de service avec son inoubliable gimmick : "Toi, j't'aurai !!". Un personnage puant à souhait, donc juste parfait.
Il ne faut pas oublier la dynamique Candy Clark dans le seul rôle féminin du film, dégageant une energie tout à fait agréable.
Plus de 25 ans plus tard, ce film, peu reconnu tout de même, reste un must du genre.

Par exterminator - Publié dans : Policier / Thriller - Communauté : Horrorkult.com
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